John Lydon (PIL) – Interview bonus Obsküre Magazine #26

07 Jan 16 John Lydon (PIL) – Interview bonus Obsküre Magazine #26

www.obskuremag.net publie les passages restés inédits de notre entretien avec l’irrésistible John Lydon, publié dans Obsküre Magazine #26 (novembre > décembre 2015). Nous l’avions rencontré à Londres à l’occasion de la sortie du nouvel album de Public Image, Ltd What the World needs now…

 

Photos © Louïse Barnes : John Lydon, Chelsea, Londres – 10 septembre 2015

 

 

Tu possèdes une voix et une diction uniques…

Je préfère ma façon de chanter à ma façon de parler. Je n’y peux rien, j’ai un accent du Nord de Londres, yeaaah (N.D.L.R. : il se caricature) ! Quand je chante, j’adore AR-TI-CU-LER pour que l’on puisse comprendre chaque mot. Trop de chanteurs articulent très mal, et j’ai toujours pensé que l’idée sous-jacente, c’est que les paroles ne comptent pas. Mais dans ce cas, inutile de créer du bruit autour !

 

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Tu as failli jouer le rôle du roi Hérode dans la comédie musicale Jésus-Christ Superstar l’année dernière (N.D.L.R. : le spectacle devait effectuer une tournée américaine en juin 2014).

Oui, quel défi ! Il fallait laisser ego et arrogance à l’entrée, obéir aux instructions du metteur-en-scène. C’était comme retourner à l’école. J’ai adoré ça ! Pas les deux premiers jours, je peux te l’assurer. Johnny Rotten a piqué sa crise ! Mais les acteurs sont solidaires, ils te soutiennent, c’est magnifique ! Cela m’a rappelé que PIL fonctionne de cette façon. On nous a finalement empêchés d’effectuer cette tournée. Les hommes d’affaires américains qui devaient financer le projet se sont retirés deux jours avant la première. Ce fut extrêmement frustrant. Certains comédiens sont devenus de très bons amis, et cette expérience m’a ouvert les yeux. Tout le monde pense que les comédiens de théâtre sont affectés, artificiels, mais ce n’est pas le cas. Ce sont des enfants émerveillés, qui s’amusent et qui se foutent de savoir ce que les gens pensent d’eux. C’est assez remarquable, et c’est une vraie découverte pour moi. C’est un métier très dur, les auditions, ce sens de la compétition que leur imposent les compagnies théâtrales. Et pourtant, il n’y a entre eux aucune animosité.

 

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La chanson « Bettie Page » rend également hommage à plusieurs autres artistes américains subversifs…

Oui, je devais absolument mentionner Mae West, tout comme Louise Brooks et Betty Boop, même si cette dernière n’est qu’un personnage de dessin animé. Il s’agit de l’indépendance des femmes. C’était bien avant l’absurdité de slogans tels que « brûlez vos soutiens-gorge ! » Toutes celles qui l’ont fait ont vraiment dû avoir mal aux seins (rires) ! Et comme je suis un sale gosse, j’évoque aussi le photographe Robert Mapplethorpe dans cette chanson. Lorsque j’ai visité New York pour la première fois, au tout début de PIL, il y avait une exposition Mapplethorpe. Ses photos étaient magnifiquement exécutées. Il s’agissait d’hommes enserrés dans différents dispositifs de torture. Ces images étaient considérées comme pornographiques, mais je ne les percevais pas du tout ainsi. Je les trouvais hilarantes : jusqu’où peuvent aller les êtres humains ! Cela m’a initié à tout un monde, non pas de perversité, mais d’hilarité. À mon sens, cette exposition était très généreuse. Et toute cette haine, ce mépris venant, à nouveau, de la droite américaine bien-pensante… Il est important de souligner tout cela. Bravo aux États-Unis de m’avoir accepté – mais devinez ce qui va suivre : la réalité (rires) !

 

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