John 3:16 – Interview rapide pour 200 Million Horsemen

10 Mar 19 John 3:16 – Interview rapide pour 200 Million Horsemen

Succession de formats courts, John 3:16 prépare un nouveau long format. Son EP 200 Million Horsemen (chroniqué par ici) présente des climats variés, jouant sur l’attraction-répulsion. Les durées des morceaux permettent un équilibre entre ambiances et expériences. Décorticage verbal de ce qui se joue chez son créateur humain…

Sylvaïn Nicolino pour Obsküre : Pourquoi avoir fait le choix de pièces plus courtes sur ces derniers mois (singles et EP) ?

Philippe Gerber : Juste après avoir remixé et remasterisé les vingt-neuf titres pour la compilation CD+numérique des inédits [la compilation Dix – עשר], je me suis mis à enregistrer de manière frénétique une quarantaine de titres, dont « Golgotha », « Hel », et les quatre morceaux de 200 Million Horsemen. Ces titres ont tous une approche différente dans la musicalité, la production et le concept. « Hel » et « Golgotha » sont basées sur des thématiques très différentes des quatre titres de 200 Million Horsemen, il faisait sens pour moi de les séparer du quatre titres et des les sortir sous format de singles. J’ai mis plus de cinq ans à réfléchir au concept autour de l’album Visions of The Hereafter (Alrealon Musique, 2012). J’ai commencé à travailler sur le prochain long opus il y a quatre ans – basé, comme 200 Million Horsemen, sur le concept de l’Apocalypse et de la seconde venue de Jésus Christ. Pour moi, travailler sur un long est un travail Dantesque. Tout doit être parfait, de la première à la dernière seconde de l’album, le choix du nom des titres, la sélection de l’artiste qui travaillera sur la pochette, etc. C’est cette approche que j’ai eue avec Visions of The Hereafter et je souhaite garder cet état d’esprit pour tous les prochains albums. 

La pochette est plus numérique que celles des singles Hel et Golgotha : qui l’a réalisée ?

L’art associé aux singles Hel, Golgotha et pour 200 Million Horsemen a été entièrement développé par mes soins. Le design que j’ai utilisé pour Golgotha est une peinture acrylique que j’ai réalisée il y a quelques années. Pour Hel, c’est un mélange entre un travail numérique et une de mes peintures. Pour l’art de 200 Million Horsemen, je voulais un mélange entre une peinture classique et quelque chose de plus moderne. Je me suis inspiré d’une toile de Benjamin West (fin 18iéme, début 19ième siècle) intitulée La Destruction de la Bête et du Faux Prophète et d’une citation de la bible « Et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète, qui avait fait devant elle les prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre. » (Apocalypse 19 20). J’ai voulu proposer une version actuelle de cette peinture, en faisant apparaitre des couleurs plus vives, presque artificielles. 

La fin du monde, est-ce la fin de notre monde consumériste ? Est-ce l’avènement des peurs sourdes et du rejet ?

La fin d’un monde basé sur la consommation pourrait être une bonne chose, si cela pouvait permettre un retour à des valeurs morales et intellectuelles plus vraies et plus humanistes. L’Apocalypse, comme décrite dans la Bible, est supposée être un processus de destruction/reconstruction, chaos/renaissance, pour accéder à un monde meilleur. René Barjavel avait imaginé un monde futuriste dans lequel un seul pays existait, sans frontières et sans rejet de l’autre, pour lequel toutes les cultures passées se seraient mélangées pour donner une civilisation unique et forte. Une sorte de Paradis terrestre dans lequel l’Homme serait enfin en paix avec lui-même. Ces dernières années ont montré que cet univers fictif né de la vision optimiste du monde de Barjavel n’est au final qu’une utopie.

https://john316.bandcamp.com/album/200-million-horsemen-alrealon-musique

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