Minushuman (interview avec Thomas – guitare lead)

28 Sep 11 Minushuman (interview avec Thomas – guitare lead)

En complément de la chronique parue dans Obsküre Magazine #5 de l’album des frenchies inspirés que sont Minushuman, notre indispensable version web vous propose un entretien avec Thomas, le guitariste lead du groupe. Il nous fait notamment un état des lieux de la carrière de la formation à l’heure où les choses sérieuses sont en train de se mettre en place et revient aussi sur les années de galère.

Obsküre : Il semblerait que ce brillantissime premier album aurait pu ne jamais voir le jour. Vous parlez sur votre page Facebook de moments de doutes et de séparation. Pourriez-vous nous raconter le parcours du groupe et les obstacles qu’il a dû franchir pour en arriver là.

Thomas (guitare lead: Je crois que l’histoire de tout groupe est remplie de périodes plus ou moins faciles, le tout étant de conserver cette envie irrépressible qui t’a poussée à partir faire tes premières répétitions dans un garage exigu et poussiéreux. Nous jouons ensemble depuis pas mal de temps maintenant, d’abord avec le groupe DARK POETRY avec lequel nous avons tourné pendant une dizaine d’années, et avec MINUSHUMAN aujourd’hui, qui a vu le jour en 2007. Nous avions consacré toute notre énergie à DARK POETRY depuis 1996, et avions tous besoin de faire un break en 2006 pour réfléchir à la direction que nous souhaitions prendre et recharger les batteries. Je me suis alors mis à composer pas mal de choses, et l’ensemble prenait une direction bien différente de ce que nous avions l’habitude de faire avec Dark Poetry. Il nous est alors apparu comme évident que le temps était venu de nous consacrer à un nouveau projet, et nous nous sommes lancés corps et âmes dans Minushuman. Nous nous sommes rapidement attelés à notre premier album, « Watch The World Die », qui est sorti en 2008, et dont nous avons assuré la promotion nous mêmes. Ça a représenté un boulot assez considérable, et on aura fait de notre mieux pour lui assurer la plus grande diffusion possible, à notre échelle. Nous avons beaucoup travaillé entre temps, rejoint les rangs de Season Of Mist, et sortons aujourd’hui notre nouvel album, « Bloodthrone ».

Au final, comment Minushuman est-il passé de l’ombre à la lumière ?

Quand nous avons sorti notre premier album, nous ne nous attendions pas à ce qu’il reçoive un tel accueil je crois, même si nous sentions bien qu’il avait quelque chose de particulier et qu’on espérait bien sûr qu’il résonne chez le plus de monde possible. C’est juste génial que de voir que notre musique parle à un certain nombre de gens, et qu’ils se retrouvent dans ce qu’on propose. Les premiers retours concernant « Bloodthrone » suivent la même direction, et c’est vraiment très gratifiant et encourageant. Nous nous sommes tant impliqués dans sa conception que le voir accueilli de cette façon fait vraiment chaud au cœur. Mais même si nous avançons petit à petit vers la lumière, je pense que nous avons passé tant d’années dans l’ombre que ça a laissé des traces et des souvenirs indélébiles qui permettent de relativiser les choses.

Est-il difficile de faire valoir sa musique quand on est un groupe de metal français ? Comment avez-vous atterri sur SOM ?

C’est évident que la France n’est pas l’Allemagne ou la Suède, et le metal reste le parent pauvre des médias les plus influents. Quand nous sommes partis à la recherche d’un deal pour ce nouvel album, nous avons contacté pas mal de labels, et certains se sont avérés être très intéressés par le groupe. Nous avions déjà eu l’occasion de travailler avec Season Of Mist sur la distribution du premier album, et il s’est noué une relation de confiance avec eux qui nous a amenée à rejoindre leurs rangs. Nous leur avons fait parvenir une demo track de « Bloodthrone » qu’ils ont vraiment appréciée, et ils nous ont accueilli chez eux sur cette base, ce qui est d’ailleurs rare de nos jours. Tout se passe pour le mieux depuis, et nous sommes ravis de nous inscrire dans l‘histoire de ce label qui regroupe de beaux noms de la scène metal.

Vos compositions sont tour à tour puissantes et mélancoliques. Qu’est-ce qui vous inspire une telle urgence, un tel déchirement ?

Je pense que l’actualité du monde est une source inépuisable d’indignation et de révolte. Quand on regarde l’Histoire de l’Homme, et la folie dont il peut parfois faire montre, il est assez facile de trouver des sujets d’inspiration. Nous essayons au travers de Minushuman de dépeindre le monde tel qu’on le perçoit, et il est aujourd’hui dans un état particulièrement alarmant. Je crois que comme toute chose vivant sur cette planète, l’Homme est capable du meilleur comme du pire, même s’il tend à prouver qu’il préfère souvent faire les plus mauvais des choix. Si notre musique peut retranscrire l’urgence qu’il y a de changer notre façon de voir et consommer le monde, c’est tant mieux.

Nous voudrions en savoir un peu plus sur la signification du nom du groupe ? Pourriez-vous nous expliquer plus profondément ce que Minushuman suggère ?

Nous avons choisi « Minushuman » comme nom de groupe pour deux raisons principales : c’est d’abord en référence au morceau de Metallica « -Human » paru sur leur live symphonique, groupe qui représente une grande influence pour nous. Et c’est également en raison de son côté relativement abstrait qui évoque pour nous à la fois le négatif dans l’être humain, dans ses aspects les plus sombres, et sa petitesse relative vis-à-vis du monde qui l’entoure. C’est un nom de groupe qu’on peut je pense décrypter de plusieurs façons, qui colle tout à fait à la musique que nous jouons.

Be Sociable, Share!