Industrial Soundtrack for the Urban Decay – Interview des réalisateurs

23 Oct 15 Industrial Soundtrack for the Urban Decay – Interview des réalisateurs

Ce n’est pas tous les jours que paraît un documentaire sur la scène industrielle. Nous étions forcément à la première française du film dans le cadre de l’Etrange Festival le 11 septembre dernier pour rencontrer les réalisateurs, Amélie Ravalec et Travis Collins.

Obsküre Mag : Quand est née l’idée du film Industrial Soundtrack for the Urban Decay ?
Amélie Ravalec : L’idée m’est venue alors que je travaillais sur mon film précédent. J’ai toujours aimé la musique industrielle et je trouvais cela curieux que personne n’ait jamais fait de film sur le sujet. J’étais occupée à travailler sur mon premier film mais six mois après que je l’ai eu sorti, je me suis mis à commencer à contacter des groupes pour ce nouveau projet et c’est comme cela que tout a commencé.
Travis Collins : Oui, c’est arrivé assez vite. Amélie venait de réaliser son film, Paris/Berlin : 20 Years of Underground Techno. J’avais beaucoup aimé, puis on s’est mis à parler de musique et tout ce qu’elle écoutait touchait à la musique industrielle : Coil, Throbbing Gristle. Elle avait passé des années à travailler sur la techno alors que son truc c’était vraiment la musique industrielle. Je connaissais déjà Stephen Mallinder de Cabaret Voltaire du temps où je travaillais pour une station radio à Perth. On l’a contacté mais on a aussi essayé de contacter tous les groupes industriels, pas seulement ceux que l’on voit dans le film. Il y en a certains dont nous n’avons pas pu trouver le contact ou dont nous n’avons pas pu utiliser la musique. Mais nous sommes heureux d’avoir pu rassembler certains des pionniers de la musique industrielle. Nous avons été surpris de pouvoir avoir à la fois Genesis et Chris & Cosey de Throbbing Gristle. Nous avons été heureux que tant de gens disent oui. L’Industrial Culture Handbook est considéré comme la Bible de la musique industrielle et nous avons presque eu toutes les personnes qui se trouvent dans ce livre, mis à part Monte Cazazza et un autre artiste qui n’avait rien fait depuis le début des années 80. Nous avons eu la chance d’avoir tous ces pionniers.

Ce terme « industriel » reste problématique car tout le monde a sa propre définition. Est-ce qu’il y a des groupes qui n’ont pas voulu apparaître dans le film car justement ils ne veulent pas être associés au genre « industriel »?
TC : Bien sûr. Les genres ne sont qu’un moyen pour les gens de vendre et pour les journalistes de classifier les choses. C’est une bonne et une mauvaise chose à la fois. Les musiciens veulent juste s’exprimer, ils se fichent de classifier les choses ou de savoir sous quelle bannière ils vont être catégorisés ou dans un style créé par d’autres. Donc je comprends que la musique industrielle pose problème à certaines personnes. Dans les groupes que nous avons interviewés, Click Click ne se sont jamais considérés comme un groupe industriel. Stephen Mallinder nous a dit que Cabaret Voltaire se voyaient plus comme un groupe de funk mécanique ou un croisement entre le Velvet Underground et Kraftwerk plutôt que du Throbbing Gristle. Ils avaient de grosses influences soul, funk et electro. Et on peut dire la même chose pour tous les groupes industriels, qui ont chacun apporté des influences différentes. Puis il y a des groupes que j’associerais plutôt à l’electro ou l’EBM et qui sont considérés industriels. Mais tout cela importe peu. C’est avant tout une musique que tu aimes. Notre but était juste d’avoir quelques instantanés des groupes du début qui furent considérés comme « industriels » à l’époque.

SPK GARIBALDISPK Graeme Revell

On sent bien dans le documentaire leurs différences et leurs approches très variées, même s’ils ont fini par être classifiés comme tels.
AR : Ce serait ennuyeux s’ils sonnaient tous pareils n’est-ce pas? TG ou Cabaret Voltaire sonnent de façons très différentes, et chaque groupe dans le film a son identité, sa façon de penser et son style.

Du coup, avez-vous utilisé le Industrial Culture Handbook de Re/Search en tant que source primaire pour le film?
Et d’autres livres et publications aussi, tout ce que nous aimons. Ce livre a vraiment couvert les groupes principaux de l’époque, mais nous ne nous sommes pas limités à cela et avons interviewés d’autres personnes aussi.
TC : Sordide Sentimental en France a aussi été une publication majeure. C’était bien d’avoir cet aspect aussi car on aurait pu nous dire qu’on ne s’est focalisé que sur l’aspect anglais de la musique industrielle. Bien entendu nous avons essayé d’interviewer Einstürzende Neubauten, Laibach…
AR : Esplendor Geométrico.
TC : Daniel Miller et aussi des journalistes, Jon Savage, Simon Reynolds, il doit y avoir entre quarante et quatre-vingt autres groupes qu’on a essayés de contacter mais c’est difficile de raconter leur histoire sans leur accord. Nous n’avions pas accès à leur musique et c’est dommage de ne pas avoir pu raconter leur histoire aussi. Mais c’est un bon aperçu, et les gens se passionnent pour le genre à nouveau. Avec tous ces groupes qui se reforment, c’était le bon moment pour que ce film sorte. Test department font leur projet live Redux, Chris & Cosey préparent un nouvel album après le Carter Tutti Void qui a si bien marché chez Mute. Aux projections, on a même des jeunes qui n’avaient jamais entendu parler de musique industrielle auparavant. Comme nous, ils viennent pour beaucoup de la scène techno et electro. Il y a aussi la scène noise rythmique qui s’y intéresse sans tellement connaître. Bien sûr les fans de Throbbing Gristle savent tout sur l’histoire du groupe et le matériel que nous présentons est disponible sur YouTube, mais il n’y avait pas tellement d’images. Il n’y avait pas de personnes aux concerts avec des caméras portables ou avec ces nouvelles technologies. Nous avons eu la chance de pouvoir raconter cette histoire et de coller ces morceaux ensemble même si travailler sur les années 70, c’est difficile en termes d’images d’archives.

Combien y a-t-il eu d’heures de rushes et d’interviews?
AR : Dans les vingt heures, mais tout n’était pas bon. Quand tu vois une minute dans le film, il y a peut-être vingt minutes qui ont été coupées. Puis il y a toutes les coupures. On a vraiment utilisé que les meilleurs moments. Puis il y a les choses que nous n’avons pas utilisées car elles ne collaient pas, donc elles se retrouveront sur le DVD. Des sujets qu’ils ont abordés mais qui n’étaient pas vraiment dans la thématique.
TC : Nous nous sommes focalisés sur certains des groupes-clé, quand l’histoire est bonne à raconter comme pour Boyd Rice, SPK, Throbbing Gristle et Cabaret Voltaire. Nous avons aussi parlé à Clock DVA et d’autres formations que nous n’avons pu inclure dans le film car il y a eu des problèmes techniques sur certaines de ces interviews. Mais nous allons essayer de l’inclure, comme Ant Zen et des choses plus modernes dans les bonus DVD. Dans un film il faut suivre une narration, c’est compliqué de se focaliser sur l’histoire de vingt personnes différentes et en faire quelque chose d’appréciable. Donc nous nous sommes focalisés sur les fondements de la musique industrielle, d’un point de vue essentiellement britannique car nous avons eu accès à plus de groupes anglais.

TG1978

Throbbing Gristle

Et sûrement que d’un pays à l’autre c’est très différent.
Oui, on pourrait faire un seul film sur ce qui s’est passé en Europe de l’Est car il y a une scène industrielle si importante là bas. On pourrait même aller jusqu’au Brésil, au Mexique. Et dans chaque pays les groupes fondateurs ne vont pas forcément être les mêmes. Il y a tellement de groupes dits « industriels » qui ne correspondent pas forcément à l’industriel tel qu’il est présenté dans le film. Il y a clairement des possibilités pour des tas d’autres films. Il y a aussi un film sur Wax Trax! qui va sortir. Pour tous les fans de Ministry et Front 242, ce sera un événement.

Oui, on sent bien que c’est un vaste sujet, d’autant plus que dans le documentaire il est fait mention du mail art et de tous ces gens qui faisaient de la musique sur cassette à l’époque et qui se les envoyaient entre eux, et ils étaient très nombreux. Throbbing Gristle, Boyd Rice et SPK semblaient tous plus ou moins en contact à la fin des années 70. Je crois que c’est Jean Pierre Turmel de Sordide Sentimental qui dit qu’il ne savait pas qu’ils faisaient du mail art mais ils le faisaient tous.
AR : Oui, Jean Pierre nous a donné quelques lettres qu’il avait envoyées à Genesis et Cosey et nous en avons utilisé certaines dans le film. C’est de l’art mais c’était la façon avec laquelle ils entraient en contact et développaient des amitiés. Personne ne fait vraiment ça aujourd’hui.

Auparavant il y a eu ce film sur la techno, est-ce que pour vous la techno n’a été qu’une continuité de la musique industrielle et est-ce que ce documentaire vous a mené à ces racines de la musique électronique?
Il y a des similitudes entre les deux genres à l’évidence. De nombreux musiciens techno s’y sont intéressés et bien sûr la techno est un genre qui est arrivé après. Mais il y a beaucoup d’artistes aujourd’hui qui mélangent les deux et le résultat est très intéressant.
TC : Amélie a été à l’origine du label Fondation Sonore avec des groupes comme Ancient Methods, Kareem, Adam X qui ont vraiment développé ce son de techno industrielle.

Ce qui est intéressant c’est qu’aucun des artistes présents dans le film n’avaient de notions musicales, on parlait même d’anti musique, et à présent trente ou quarante ans plus tard, ils continuent à faire de la musique. Donc on peut dire à présent qu’ils étaient musiciens.
Oui. Si on prend Monte Cazazza qui a été important. Il était ami avec Genesis P Orridge, c’est lui qui a trouvé le terme « Industrial Music ». On ne peut pas dire que c’est un musicien qui a eu de la longévité. En revanche, tous les autres font de la musique depuis trente-cinq, quarante ans et ils sont toujours très heureux de le faire, comme on peut le voir dans le film. Cela appelle le respect, que l’on aime leur musique ou pas. C’est un dur labeur, il est difficile de se faire de l’argent par la performance, de vivre simplement en tant que musicien, mais ils ont tout fait pour y arriver, même si leur musique était obscure et étrange. Toutes les personnes à qui nous avons parlées restent passionnées.

NON BoydBoyd Rice NON

Oui, d’ailleurs, ce n’est pas que de la musique, c’est une attitude, un mode d’expression, un certain nombre d’entre eux étaient impliqués dans le monde de l’art, avec pas mal de concepts aussi. De TG à Neubauten, ils travaillaient tous finalement autour de concepts. Peut-être qu’ils sont encore là, car ils avaient cette vision très artistique.
AR : Il y a toutes ces influences artistiques, ces concepts et idées en plus de la musique. Cela crée tout un univers. ce ne sont pas des morceaux insignifiants qui se succèdent.
TC : C’étaient des gens très créatifs. Un certain nombre venaient des écoles d’art. Ils étaient tous cultivés. Ils avaient des idées sur la politique, sur le monde dans lequel ils vivaient. Ils étaient à la fois émotionnels et créativement destructeurs. Ils réagissaient à ce qui se passait autour d’eux. C’est ce qui les rend intéressant et qui fait que beaucoup parlent encore d’eux aujourd’hui.

Et donc question fatale : mais comment peut-on décrire la musique industrielle?
AR : C’est toujours difficile.
TC : Certains disent que le son industriel ce n’est qu’un groupe et qu’un label : Throbbing Gristle et Industrial Records. C’est eux qui ont utilisé ce terme et qui lui ont donné un son. Mais tu vas avoir la face expérimentale, celle plus artistique, et toutes ces influences qui se mêlent. Coil ont fait des choses très belles, proches de la musique classique. Très mélodiques, avec une instrumentation variée. Pourtant leurs racines sont dans Psychic TV et Throbbing Gristle. C’est juste une exemple de son évolution. Si tu prends SPK, ils ont touché à une telle variété de musiques : des cris et des fracas d’outillages jusqu’à des soundtracks avec des voix angéliques et de la musique ringarde des années 80. On trouve la même diversité chez Cabaret Voltaire, du funk au noise, de la pop à l’expérimental. Il y a beaucoup à explorer derrière cette bannière industrielle et c’est une bonne chose. Il y a tellement de groupes qu’on ne connaît pas encore et que j’aimerais sûrement si j’avais accès à leur musique. Peut-être que certains des groupes qui se reconnaissent dans l’industriel seront plus inspirés par Ministry ou Nine Inch Nails que Throbbing Gristle, mais cela n’est pas vraiment important. La musique reste la musique. Ce qui compte c’est que les influences soient variées. Tout doit influencer la musique. Les gens, l’art, tout.

Et comment réagissent les musiciens de Throbbing Gristle quant au fait que c’est devenu un style de musique repérable, car au bout du compte ils étaient plus dans une démarche où ils disaient exprimez vous, trouvez votre mode d’expression sans copier ce que nous faisons.
AR : D’un côté je pense qu’ils sont fiers d’avoir inspiré cette culture. Comment ne pas l’être quand on est à l’origine d’un mouvement qui plus de trente ans plus tard reste pertinent? D’un autre côté, ils veulent aussi que les gens expriment leurs propres idées, leurs propres visions plutôt que reproduire leur son. C’est un peu les deux.
TC : Quand quelque chose de nouveau arrive c’est toujours excitant. Quand le dubstep est arrivé, c’était nouveau, que tu aimes ou que tu n’aimes pas. On a besoin de cette fraîcheur. On peut être influencé mais il faut aussi repousser les frontières et c’est particulièrement difficile à faire aujourd’hui. Car il y a eu tellement de territoires musicaux qui ont été défrichés, c’est difficile de produire quelque chose d’original, c’est difficile de trouver un riff qui n’a jamais été fait. Mais il y aura toujours des gens créatifs, en particulier quand le matériel est limité, c’est un bon moyen pour repousser les limites. C’est ce que dit Boyd Rice dans le film quand il créait ses propres instruments car il n’en avait pas. Ils faisaient leurs propres samples sans sampler. Aujourd’hui c’est si facile. Tu peux créer une pièce orchestrale avec dix-sept pistes avec un téléphone mobile. Tu peux avoir Pro Tools sur ton portable, c’est vraiment un autre monde. Tout est beaucoup plus accessible.

Test Dept

Test Department

Pensez-vous qu’il y a toujours chez certains musiciens actuels une attitude qui est proche de celle de la musique industrielle ou alors pour vous l’industriel est quelque chose qui a existé sur quelques années à la fin des années 70 et début 80 et qui n’a plus vraiment d’équivalent.
Je ne pense pas que ce soit pareil que dans les années 70 et 80 à l’évidence. On ne peut plus choquer les gens de la même manière aujourd’hui. On peut toujours choquer mais de façon différente, et on a accès à beaucoup plus de technologies mais aussi à plus de gens. Quand ces groupes ont commencé, ils jouaient devant très peu de personnes. Cela a pris du temps avant que les gens acceptent cette musique. Aujourd’hui, je trouve que c’est facile d’arriver et de se faire entendre. Pour eux, ça a été bien plus difficile. Ils ont dû repousser les limites et puis c’était par le bouche à oreille. Aujourd’hui tu peux utiliser des plate-formes informatiques donc c’est plus simple. Mais j’ai confiance et je crois qu’il y a encore des possibilités pour que les gens démarrent une nouvelle scène, un nouveau son.

Pour ce qui est de la production, vous avez tout financé vous mêmes?
AR : Oui, c’était vraiment avec très peu d’argent. On a tout fait nous même. On a emprunté l’équipement. J’ai filmé, monté et fait la post-production moi même. Ce que nous avons dû payer ce sont les licences car il y avait de la musique qu’on ne pouvait pas avoir gratuitement. Car c’était des gros labels. On a eu un ou deux dons, mais en rassemblant tout, cela a dû nous coûter 2000 euros, cela a couvert tout juste les frais de déplacement. Cela nous a pris trois ans. Avec un autre budget, cela aurait été fait en un an pour le même résultat mais nous l’avons fait avec ce que nous avions.
TC : On a vraiment travaillé dur, jour et nuit, surtout quand on a commencé à essayer de caler les projections pour le première, et les projections suivantes. J’étais en ligne à 3h du matin pour promouvoir les projections aux Etats-Unis, je confirmais les dates, j’envoyais des flyers et des posters, cela a duré un petit moment avant de pouvoir se poser et se dire OK, le film est établi à présent, nous avons un public et nous sommes contents que le film sorte. Mais tout cela valait le coup. Quand les gens aiment le film et qu’ils disent que cette histoire signifie quelque chose pour eux. Bien sûr on n’a pu raconter l’histoire de tous les groupes industriels mais nous sommes heureux de l’avoir fait tant que ces musiciens sont encore en vie. On ne sait pas combien de temps cela aurait pris avant que l’histoire industrielle soit racontée. Nous n’avons pas pu parler avec feu Sleazy et d’autres musiciens que l’on aurait aimé avoir, mais on a eu la chance de rencontrer ceux que l’on voit dans le film.

On imaginerait presque un webdocumentaire avec toutes ces ramifications de la musique industrielle et des liens vers des interviews ou autres pour raconter toute cette histoire infinie. Quand avez-vous su que vous alliez arrêter le film? Est-ce que vous vous êtes dit là il faut qu’on arrête sinon on n’aura jamais fini.
AR : Non, nous avions vraiment interviewé toutes les personnes que nous voulions et que nous pouvions avoir. Puis quand quelqu’un te dit je ne veux pas apparaître dans ton film, il n’y a pas grand chose d’autre à faire. Quand nous nous sommes dit on a une vingtaine d’intervenants, c’était plus qu’assez pour faire le film.
TC : Les licences ce fut vraiment le plus difficile. Il y avait beaucoup de plans qu’on souhaitait utiliser, des archives vidéo, des chansons, mais on a dû les supprimer et effectuer les changements. Cela n’a pas eu de répercutions sur la narration ou l’histoire mais cela a affecté la durée du film. Puis le manque d’argent a fait que nous ne pouvions pas utiliser certaines vidéos et nous avons dû faire avec ce que nous avons. Mais à chaque projection, on apprécie le travail fini.

Pour le public qui veut voir le film, où les gens peuvent ils aller?
AR : A Paris, du 16 au 22 septembre le film passe au cinéma La Clé, puis le 14 octobre à Rennes au festival Maintenant puis à Toulouse Extrême Cinéma le 8 novembre. C’est tout pour le moment.
TC : Après les projections, les gens nous contactent parfois, et des opportunités arrivent. On espère pouvoir le diffuser dans d’autres lieux en France puis dans le reste du monde. Il y aura aussi une sortie DVD et Bluray un peu plus tard dans l’année.

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Crédit Portrait Travis Collins & Amélie Ravalec : Fred Ambroisine

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Playlist par Stephen Mallinder de Cabaret Voltaire : Image de prévisualisation YouTube

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