Hanin Elias

16 Juin 11 Hanin Elias

En complément de l’entretien paru dans Obsküre Magazine 4, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits dans lesquels l’impétueuse Hanin Elias (ex-Atari Teenage Riot) revient sur son exil en Polynésie française. Se ressourcer, se reconstruire humainement pour mieux réapparaître…

Hanin, comment as-tu occupé ton temps depuis la sortie de Future Noir ?

Hanin Elias : De 2004 à 2006, j’ai enregistré quelques titres de plus, j’ai fait la tournée pour promouvoir l’album Future Noir, je me suis occupé de Fatal-Recordings puis j’ai pris soin de ma famille. Cependant, il se trouvait que les choses stagnaient et que les distributeurs ont fait faillite, par conséquent, j’ai commencé à abandonner. Mon ex-mari et moi avons ouvert une galerie (Galerie Elias) à Berlin exposant de l’art expressionniste et des antiquités architecturales. Après avoir vendu une sculpture, une représentation en bronze de Pan, dieu de la nature et de la luxure, j’ai décidé de me rendre en Polynésie française pour en apprendre davantage sur leur culture et ainsi ressentir la nature le cœur ouvert. Je suis tombée amoureuse de ce pays et j’ai voulu changer complètement ma vie, de laisser tout derrière moi et de m’installer avec ma famille sur une petite île appelée Huahine (traduction : « ua » signifie « coquillage », mais aussi le sexe féminin… et « Hine » signifie « femme »). Je faisais de la pêche, je plantais des fruits et des légumes, dont de grosses patates dénommées ‘Ufi’, qui poussent à tel point qu’elles peuvent atteindre la taille d’un être humain et avec lesquelles j’ai obtenu des prix. Elles ont besoin de pousser pendant neuf mois avant de les récolter. J’ai ramé à bord de canoës à balancier Kanu en compagnie d’une équipe composée de filles de mon île et avons également remporté quelques compétitions. J’ai appris le français, le tahitien, je me suis imprégnée du mode de vie des insulaires. Je suis resté là-haut pendant cinq ans avec mes enfants et j’ai décidé à la fin de l’année 2010 qu’il fallait vraiment que je rentre chez moi, que je ne pouvais pas rester sur cette île pour toujours, que j’avais besoin de refaire de la musique car elle est ce que je suis.

Peux-tu nous parler de la genèse de Get it Back ?

Oui ! Tout a commencé quand j’étais encore à Huhaine. Diego Sagredo de ICI m’a appelée et m’a demandé de faire quelques représentations au Chili, ce que j’ai accepté. Nous avons aussi enregistré des chansons ensemble, ce qui arrive naturellement avec les musiciens : ils s’inspirent les uns les autres, l’alchimie se créé et tout se met en place ! De retour sur l’île, j’ai rencontré Tikahiri de Tahiti, The Salmon Brothers (qui sont aussi des tatoueurs des îles Toamotu) qui collaborent avec Stéphane Rossoni et Simon Pillard du conservatoire. Via les nouveaux réseaux sociaux, nous avons communiqué et échangé de la matière pour aboutir au résultat qu’est Get it Back.

Ta collaboration avec le groupe tahitien Tikahiri sur « I Want You » est particulièrement réussie… j’aime ce titre qui me semble relativement loin de ton registre habituel, quel était ton état d’esprit lorsque tu as composé ce titre ?

Pressée car nous n’avions quelques heures devant nous pour enregistrer ! j’adore ce titre, mais je n’en suis pas la compositrice ; Aroma Salmon s’en est chargé. J’ai seulement ajouté ma partie vocale et participé au mixage avec Lorenzo Montana. J’aurais souhaité avoir plus de temps pour rendre honneur à notre collaboration. Cependant, ce morceau reflète mon temps passé en Polynésie ! Concernant Tikahiri, j’espère leur trouver un public en Europe et ailleurs car ces musiciens m’impressionnent véritablement et méritent une distribution internationale. Ils sont déjà très connus à Tahiti !

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