Hacride – Interview bonus Obsküre Magazine #15

30 Mai 13 Hacride – Interview bonus Obsküre Magazine #15

Depuis le début d’une carrière partie sur les chapeaux de roue grâce à la révélation Deviant current Signal (2005), Hacride défriche avec force et conviction de nouveaux terrains sonores, sans ne jamais renier son amour pour le metal moderne et complexe . En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #15 (mai / juin 2013, en kiosques depuis le 9 mai) et à l’occasion de la sortie du massif et offensif Back to where you’ve never been, www.obskuremag.net publie les propos restés inédits du leader Adrien Grousset.

Obsküre Magazine : J’ai eu la chance d’assister à une date du Klonosphere Tour 2012 – quelle ambiance ! Quelques mots sur les plus beaux moments et les moins marrants de cette belle aventure humaine ?
Adrien Grousset : Toute la tournée était super, on était entre vieux potes ! C’est passé très vite, je pense qu’on aurait continué si cela avait été possible. Je pense que le moment le plus fou fut notre dernière date à Reims, on avait décidé d ‘intervenir sur chaque set des groupes. Pour Trepalium, on s’est pointé sur scène avec Yann de Klone déguisé en sommelier avec des flûtes de champagne. Pour Klone, on est tous montés sur scène pour brandir un briquet pendant « love » et pour le set d’Hacride tout le monde avait appris « On the Threshold of Death » et s’est pointé sur scène pour jouer le morceau ensemble. Je crois qu’il y a des vidéos qui traînent sur le net. Après ce genre de tournée, tu penses rarement aux quelques moments moins marrants, crois-moi !

Dans le vif du sujet : lors de quelle période ce quatrième album a-t-il été composé ? Est-ce le fruit d’une longue réflexion, l’aboutissement d’un gros travail intellectuel ou à contrario, la matérialisation d’une énergie instinctive ?
Ce fut très long, j’ai commencé à composer l’album il y a plus de deux ans. Mais la composition tu sais, c’est aussi pas mal d’instinct. Les riffs et les différentes parties arrivent  généralement d’un coup de tête, quant à la construction d’un morceau et d’un album, ces deux étapes sont bien plus longues et compliquées ; elles sont intimement liées et si tu veux être cohérent, il faut penser les composantes et l’ensemble en parallèle.

De mon point de vue et à l’écoute de Back to where you’ve never Been, votre musique est de plus en plus atmosphérique et caractérise ce que le neo metal a de plus extrême ; elle est de moins en moins death metal mais n’a toutefois rien perdu de sa fougue syncopée et cyber metal, de ses velléités progressives. Je suis à côté de la plaque ou êtes-vous d’accord avec cette description ?
Les lecteurs vont penser qu’on mange à tous les râteliers avec ta description, mais tu dois avoir raison (rires). Nous n’avons jamais considéré Hacride comme un groupe de death, la presse nous a collé pas mal d’étiquettes : death avant gardiste, néo prog, post metal… etc. Pour être honnête, je n’en sais rien du tout , mais… non tu n’es pas à côté de la plaque et il n’y a rien de péjoratif dans le terme de neo, si être « neo » c’est se rapprocher de groupe comme Deftones, c’est le meilleur des compliments que tu puisses nous faire ! En fait je crois que poser des termes limite la musique, les auditeurs ont déjà une grille de lecture avant d’écouter quoi que se soit.

PHOTO H 1 Credit - Thibault Chaumont (1)web Depuis Deviant Current Signal, la musique d’Hacride n’a cessé d’évoluer. Avec ce quatrième album, vous forez encore plus profondément et vos découvertes vous rapprochent plus que jamais de Fear Factory période Demanufacture (« Overcome »),Textures et Devin Townsend (« Ghosts of the Modern World » avec son épilogue magnifique qui m’a lui fait penser à du vieux Megadeth [« Hangar 18 », probablement]). Est-ce une évolution pensée depuis le départ, un cheminement prédéterminé ou est-ce que tout simplement, Hacride a évolué avec vous, avec vos nouvelles expériences musicales ?
Un groupe qui n’évolue pas est un groupe mort. Il n’y a pas de projection musicale en tout cas, nous nous disons pas : « Tiens pour le prochain, on va sonner comme ça… ». Nous n’avons pas de barrière, nous avançons sans nous préoccuper de ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas d’ailleurs (rires).

Quels genres de sentiments intérieurs souhaitez-vous faire partager à l’auditeur ?
La musique est pour nous une grosse thérapie, elle nous permet de nous sentir mieux, utiles ou créatifs. C’est totalement cathartique. Nous essayons d’exprimer des sentiments forts, peut être à la limite de l’indicible, des émotions qui ne peuvent être communiquées que par la musique. Nous pouvons traiter de thématique telles que la solitude, l’introspection comme cela fut le cas avec Lazarus mais nous parlons aussi de renouveau, d’espérance sur le nouvel album. Nous souhaitons juste véhiculer un peu de liberté avec notre musique, c’est ce que nous ressentons quand on est sur scène et c’est que l’on ressent quand on écoute de la musique.

L’homme contemporain vous fascine t-il ou vous dégoûte t-il ?
Me fascine…. j’étais plutôt pessimiste il y a quelques années, mais depuis que j’ai eu mon premier enfant, je suis fasciné de voir à quel point un être humain peu donner tant de bonheur pendant que d’autres peuvent diffuser tant de haine… c’est très paradoxal mais c’est peu l’histoire de l’humanité.

Chez Obsküre, nous nous réjouissons de la récente signature d’Hacride avec Indie, que nous connaissons bien et apprécions. Comment ce rapprochement s’est-il effectué ?
Plusieurs labels étaient intéressés par Hacride, c’est notre Manager HIM Média qui a fait les démarches et nous avons opté pour Indie car nous aimons l’idée de « labelliser » notre musique. C’est Simon d’Indie qui nous a contactés ; il était auparavant chez Metal Blade et il nous voulait déjà à l’époque, chez eux. Nous leur avons donc envoyé les maquettes et les mecs d’Indie étaient franchement excités par notre nouvelle démarche musicale. La suite, tu la connais…

hacride_back-to

> SORTIE
– HACRIDE – Back to where you’ve never been (Indie Recordings) (2013)
> WEB OFFICIEL
www.hacride.com

Be Sociable, Share!