Future Islands – Interview bonus Obsküre #20

29 Mar 14 Future Islands – Interview bonus Obsküre #20

Le nouvel album Singles a fini de nous en convaincre : Future Islands sont de vrais artisans new wave, et la chaleur soul de leur groove les place à part dans le paysage des musiques romantiques. www.obskuremag.net publie ici les extraits restés inédits de notre entretien paru dans Obsküre Magazine #20 (en kiosques sur la période mars / avril 2014).

Obsküre Magazine : En raison de l’évolution technologique, il est plus facile de nos jours de travailler en autonomie pour les groupes. Mais nous perdons parfois de vue la perspective et les avantages à tirer d’un authentique studio, ou quel horizon la présence d’un producteur peut redessiner pour le travail d’un groupe. Cela n’a pas été votre cas pour Singles. Qu’attendiez-vous du producteur Chris Coady ? A-t-il contribué à façonner une perspective avec vous ? Comment mesurer son influence sur les nouveaux contenus ?
William :
Nous avons toujours voulu que nos albums sonnent comme ceux d’un groupe se produisant dans une salle, en direct. Je pense que Chris voulait que le mix soit plus « cérébral », tandis que nous tirions de notre côté vers cette vibration live… et il me semble que nous avons trouvé le juste milieu. En studio, il nous disait qu’il voulait voir la musique sonner comme si elle venait directement de nos cerveaux et qu’elle entre telle quelle dans celui des auditeurs. Les sons que Chris a sortis de nous sont simplement différents de ce à quoi nous sommes habitués. Tout sonne différemment sur Singles, la façon dont les voix et la basse sont traitées, le mélange des synthétiseurs joués live et des sons programmés… Mais je ne dirais pas qu’il y a une différence majeure dans le son que Chris a trouvé… Les coins et recoins de l’album sont visités différemment mais dans l’ensemble, il me semble que cela crée simplement une atmosphère différente de ce que nous avons fait précédemment.

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Il y a une recherche d’évidence, d’immédiateté dans les nouvelles mélodies, sur « Dolves » par exemple. Le critère mélodique vous semble-t-il avoir toujours eu cette primauté dans votre travail ?
William :
Nous avons toujours cherché à écrire de grandes chansons pop. Nous nous concentrons vraiment sur la mélodie, sous tous ses angles : claviers, basse, voix, guitare. Sur ce plan, je nous vois progresser à chaque enregistrement.
Samuel T. : La mélodie a toujours été au cœur. Nous suivons nos voix intérieures et grandissons de ce fait en tant que personnes et musiciens.

Une ligne peut se dessiner à travers Singles, dans les mots employés. Ils portent une intention, une ambiance… à quoi aspiriez-vous, à ce sujet ?
William :
Cet album ressort vraiment de l’optimisme, pour moi.
Samuel : Oui, l’optimisme certainement… mais il y a beaucoup de choses que nous voulons transmettre. La quête du soi. L’acceptation de la mémoire, de l’enfance. L’amour, la compréhension de la perte. La dualité sens / sentiment. Le croisement entre ce que nous croyons et ce qui est réel. Le respect aussi, au niveau premier : faire confiance à l’opinion des autres, même lors notre sentiment est celui du danger. Se faire confiance aussi, à l’encontre de la majorité. La croyance et la force qui résident en soi.

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Plus vous progressez en formule trio, plus vous êtes en mesure de comprendre et affiner cette dynamique du collectif, comprendre chaque autre. Comment vous voyez-vous fonctionner ensemble, par rapport à l’époque Art Lord & The Self-Portraits ?
William :
Nous avons vécu bien des choses ces onze dernières années, c’est une période qui nous a vraiment surpris. Nous avons toujours cru en ce que nous faisions, une confiance inébranlable, et je crois que c’est elle qui nous a menés là où nous sommes aujourd’hui. À l’époque où nous faisions Art Lord & The Self-Portraits, nous en étions juste à inventer des petites chansons, à les enregistrer sur un quatre pistes avant de les graver en CD-R et de sauter dans le van. De bien des façons, c’est ce que nous faisons encore… mais à plus grande échelle.
Samuel : Je pense que tout est basé sur l’amitié et le fait que nous ayons vécu tant de choses… Nous avons traversé le monde ensemble ! Nous avons dormi dans des sous-sols, sous des porches et sur les sièges arrières des mini-tour bus. Nous avons connu les laveries automatiques, les coins de rue, les scènes de festivals… Nous avons veillé les uns sur les uns les autres lorsque certains étaient malades, en état d’ébriété ou dans la douleur. Nous avons fait tout cela ensemble. Il n’est rien de plus grand que ce lien-là. Et quand nous entrons sur scène, je sais que mes deux meilleurs amis ont mon soutien, moi le leur. Un pouvoir et une confiance naissent de cette confiance. Je sais que je dois beaucoup à cette relation, sur et en dehors de la scène

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> SORTIE : FUTURE ISLANDS
– Singles (4AD / Beggars)

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