From Kissing – Interview

01 Mar 18 From Kissing – Interview

Depeche Mode, White Lies : vous retrouvez-vous dans ces noms qui ont fait les bonheurs d’une pop électronique sombre et sensuelle ?

Sébastien (basse et claviers) : Tout a fait, ces deux groupes, mais aussi beaucoup d’autres tels que The Cure, Fisherspooner, Editors, IAMX, The Bravery, Interpol… ces groupes ont clairement une influence sur notre musique. 

Je pense que notre musique se veut novatrice, elle repose sur ces groupes de référence new wave qui ont fait les beaux jours des années 80, auxquels nous ajoutons la tendance électronique actuelle influencée par des groupes tel que Vitalic, Digitalism, The Bloody Beetroots…

Christophe (chant) : C’est important d’avoir des références culturelles (musiques, films, livres) parce que c’est cela qui nous construit quelque part. Il faut juste pouvoir les digérer pour pouvoir ensuite proposer quelque chose qui nous parle, qui nous ressemble.

Comment travaillez-vous les textures ? Dans votre album, vous tenez un équilibre fragile entre production superfétatoire (musique de stade) et rendu live, organique.

Christophe : Nous avons dans un premier temps travaillé sur des démos que nous avons amenées le plus loin possible, mais rapidement nos producteurs Italiens [NDLR : Raffaele « Neda » d’Anello et Fabio Viax Viassone] nous ont suggéré de ne pas trop approfondir. L’idée était de travailler avec eux sur une réelle identité sonore, d’amener sur la longueur de l’album quelque chose de cohérent en terme de texture sonore. Dans ce studio en Italie [NDLR : le MeatBeat à Aoste], nous avons donc travaillé méticuleusement là-dessus, nous avons trituré, bidouillé pendant des heures et des heures pour atteindre finalement ce que nous voulions. Nous ne voulions pas utiliser des presets établis et intégrés dans les machines et les synthés, nous voulions personnaliser un maximum nos sons.

Ensuite, il a fallu tout retranscrire cela pour le live. C’est-à-dire récupérer les fichiers, les sons, les textures et investir dans de nouvelles machines qui pouvaient contrôler tout cela. Nous avons donc passé énormément de temps là-dessus pour que le rendu soit à la hauteur de nos attentes.

Les rythmiques sont bien sèches : était-ce un besoin de sonner plus froidement ?

Sébastien : Je ne pense pas que c’est un besoin, cela vient naturellement par rapport à notre vécu musical et les groupes que nous chérissons.

Christophe : Nous avons toujours privilégié le fait de jouer en live avec un « vrai » batteur afin de donner plus de mouvement, de variante et de sensibilité à nos morceaux. Sur l’album, nous avons mélangé des batteries électroniques et des éléments rythmiques acoustiques.

Êtes-vous plutôt club ou concert ?

Christophe : L’avantage d’un concert c’est vraiment la proximité avec le public. Nous aimons être sur une grosse scène avec le gros son et un light show qui te brûle la rétine, mais nous avons aussi besoin de proximité et un concert t’offre cela. De toute façon, chaque endroit t’apporte une ambiance et un feeling différent. Un concert reste quelque chose d’instable : on a beau avoir tout fait pour maîtriser un maximum de choses, on n’est jamais à l’abri de rien … et c’est ça qui rend chaque instant de la vie unique.

De quoi parle « Gazolina » ?

Christophe : Cette chanson parle du cycle de la vie. Ici, c’est symbolisé par la relation amoureuse mais on peut rattacher cela à de nombreuses choses que l’on peut vivre au cours de son existence. C’est sur le fait aussi de ne jamais perdre espoir, de garder toujours un peu de lumière au fond de soi. Que chaque chose que tu perds, peut aussi t’en apporter de nouvelles. On a tous connu dans nos vies des moments plus ou moins difficiles, le but est de toujours pouvoir continuer d’avancer, blessé, meurtri ou trahi, et de ne jamais oublier de garder les yeux ouverts pour voir la lumière.

Justement, pourquoi cet oxymore de Lumières noires ?

Christophe : Effectivement, voici bien deux mots qui à la base ne sont pas compatibles. Cet album a été conçu sur une durée de plus ou moins deux ans et durant ce laps de temps, nous avons vécu chacun des expériences qui nous ont fragilisés. Que cela soit d’un point de vue personnel mais aussi au sein même du projet From Kissing. Il a fallu reconstruire des choses.

Je ne crois pas au mythe de l’artiste maudit, celui qui va écrire les plus belles choses dans la douleur. Moi au contraire, j’en suis arrivé à ne plus pouvoir écrire des choses, seuls les concerts me rattachaient à la vie artistique, seuls les concerts me plongeaient dans une bulle le temps de la prestation. Pendant des mois, j’ai été en stand bye, je grattais bien sur un ukulélé mais en gros c’était tout ! C’était juste comme ça, c’était la réalité. Le groupe patientait mais le groupe se fragilisait aussi.

Et puis, petit à petit, il y a des choses qui se sont mises en place, que cela soit par des rencontres (personnelles ou musicales), la vie a repris un rythme de croisière. Nous avons décidé de travailler avec des producteurs italiens et avons enregistré une grosse partie de cet album dans la vallée d’Aoste en Italie, c’était le cadre idéal pour revenir à quelque chose : se confronter à la beauté de la nature, la montagne, le ciel bleu et tout ce qui va avec.

Cet album n’est pas triste ou plombé, il est parfois sombre mais il est aussi dansant et ouvert sur de nouvelles choses, de nouveaux horizons. Chaucun peut s’y rattacher d’une manière ou d’une autre. Cet album navigue entre deux mondes, nous l’avons en tout cas imaginé comme cela.

« Arches » est un instrumental : sentiez-vous la nécessité d’une pause ? Comment voyez-vous son interprétation en live ?

Sebastien : Ici encore rien n’était programmé à l’avance, ce titre au moment de sa composition nous est apparu comme une évidence en instrumental, nous avons néanmoins demandé à Chris d’ajouter un « Gimmick » de chœurs.

Pour la petite histoire, il a été composé lors de vacances sur une plage en Espagne, je ne sais pas si c’est ce qu’il transmet à son écoute…

Christophe : Avant lors des concerts, c’était tout le temps « tambours battant », à fond sur le starter ! Nous avons décidé d’offrir des respirations lors des concerts. Cela passe par ce morceau instrumental mais aussi avec des chansons plus calmes, mais il y aura toujours de la tempête dans l’air.

Vous avez sorti quatre EP’s avant ce long format : avec du recul, en quoi ce démarrage en douceur était-il nécessaire ?

Sébastien : Le groupe avait besoin de se nourrir d’expériences avant de proposer un album d’une dizaine de titres. Le EP permet un approche direct, courte en durée et traduisait en quelques titres l’état d’esprit de From Kissing. C’était un bon support pour nous faire découvrir, on y a vite pris goût et avons décidé de les enchaîner en y insérant des Remix de nos titres dont nous sommes très friands.

Puis il nous est apparu évident de sortir cet album qui a pris un an et demi à être réalisé avec ces différentes périodes d’état d’esprit : l’euphorie, le doute, l’inquiétude, l’excitation mais aussi des rencontres extraordinaire et parfois ces tensions qui vous poussent à vous sublimer.

Qu’exprimez-vous d’autres dans vos vidéos ?

Sébastien : Nous avons déjà pas mal de clips à notre actif et à chaque sortie, nous nous plaisons à l’accompagner par de l’image.

C’est inévitable à notre époque où l’aspect esthétique d’un groupe passe par le clip, les photos, le visuel sur scène, les teasers… Nous y sommes très sensibles et nous avons pris goût à les réaliser.

Ci-joint, pour finir, le clip de « Gazolina » réalisé par Nicolas Lejuste, Massimo Panza et Sébastien Préaud

 

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