Fotocrime – Interview + nouveau titre en exclusivité

15 Mai 18 Fotocrime – Interview + nouveau titre en exclusivité

Golden Antenna repousse de deux semaines la sortie européenne de Principle of Pain, premier album de Fotocrime.

Histoire de patienter, en avant-première, voici le nouveau single extrait du disque, « Don’t pity the Young » (qui suit les singles « Nadia (Last Year’s Men) » et « The Rose and the Thorn »).

Lancez le lecteur, montez le son et lisez l’interview de Ryan Patterson ci-dessous, il y est question de rockabilly, des années 80 et de l’amour des chats pour leurs maîtres…

Sylvaïn pour Obsküre : J’aime bien le visuel retro qui coïncide avec certains sons de guitares, c’est comme un souvenir de Killing Joke et des Lords Of The New Church, un voyage dans le temps du côté des Lost Boys, le film. Etait-ce un point de départ à cet enregistrement ?

Ryan Patterson : Geordie de Killing Joke est certainement l’une de mes plus grandes influences à la guitare, sa guitare au corps bien creux qui rencontre un chorus analogique, ça a eu un impact énorme sur moi, mon style et mon son de guitare. Greg Sage / Wipers, Rowland S. Howard, et même Dr. Know des Bad Brains ont aussi été des inspirations pour moi. Le son de Fotocrime n’est pas un essai pour sonner rétro ou un zoom sur le passé, c’est actuel et ça vise l’avenir.

Les parties synthétiques apportent une force et amènent de jolies variations mélodiques : ce n’est pas seulement une option de production, c’est le cœur de votre album, un mix entre le rock gothique et le rock synthétique. Est-ce que ça a été difficile de programmer ces pistes ? Tu as dû garder en tête un équilibre entre les instruments…

Ryan : Les éléments électroniques tels qu’une boîte à rythmes et des séquences de synthétiseurs, ça a été la première chose que je voulais explorer avec Fotocrime. Alors, tu as raison, c’est le cœur de l’album : un mur de sonorités où les synthés et les guitares ne font plus qu’un. Je programme des rythmes depuis tant d’années, mais ce n’était alors que pour des démos, jamais pour un résultat final, ce qui fait que cette fois, l’effort a été plus précis. J’ai passé beaucoup de temps sur la programmation, tout autant que pour l’écriture des chansons en général. C’était vraiment un plaisir, mais un gros travail, tu peux le croire ! Mais, au final ça sonne à la fois naturel et fluide.

Quel est le sujet d’« Autonoir » ? C’est un titre assez direct et pourtant porteur d’une grande mélancolie.

Ryan : Quand je pense à « Autonoir », je pense à un moment bien précis d’un film très précis… Un instant que je veux garder pour moi, le souvenir d’une séquence que j’ai regardée tant et plus dans mon enfance. Après, le rockabilly des années 50, bien noir, de Ricky Nelson et Roy Orbison a été prégnant pour l’esthétique de Fotocrime et « Autonoir » est le titre sur lequel cette influence musicale est la plus visible. Le mélange des vibrations de la guitare et les pulsations synthétiques, ça me fait un effet très spécial

Il y a beaucoup de new wave sur « Gods in the Dark », comme une version électronique des Sisters Of Mercy. Apprécies-tu la scène gothique des années 80 ?

Ryan : Je crois que je suis plus dans le punk, le post-punk, le hardcore et les débuts du rock alternatif [NDLR : à l’Américaine] ; “goth” était pris comme une insulte par les Sisters et Bauhaus. J’aime les groupes qui ont donné corps à ce genre, mais sans s’y fondre. « Gods In The Dark » est une chanson importante pour moi, elle inclut mes partenaires Nick et Shelley, et je suis particulièrement fier de celle-ci.

Le break de la guitare sur « Enduring Chill » est intéressant (de 2.07 à 2.22 et le final), comment est-il né ? A-t-il été créé pendant les enregistrements ou bien existait-il déjà ? Certains pourront penser que ce type de détails n’est pas raccord avec le format d’une chanson classique, mais moi, j’aime bien ce genre de perturbations dans ta musique.

Ryan : La tension et le relâchement sont un élément important dans l’écriture de chansons, dans la littérature et dans la sexualité. La construction est souvent aussi excitante que l’explosion. Les guitares répétées dans le pont final de « Enduring Chill » ont été pensées comme répétitives, presque une section robotique à l’unisson et en syncope entre tous les éléments de la chanson, avant que le chœur final n’explose. Pendant l’enregistrement, c’est le producteur J. Robbins qui a suggéré que la chanson s’évanouisse en fade avant de revenir plus forte encore. Nous aimons tous deux l’idée d’une fausse fin et Fotocrime avait déjà plusieurs fois cet élément.

« Infinite Hunger for Love » a un petit son sautillant qui me rappelle « Tainted Love », c’est un peu un clin d’œil pour ceux qui écoutent, est-ce que tu aime ce genre de private joke ?

Ryan : Non, je n’ai pas conscience d’une influence de cette chanson ou d’une autre sur ce titre, mais je prends ça comme un compliment…

Cette chanson est aussi un duo parfait. D’après toi, les chansons d’amour sont un moyen important de t’exprimer ? Pour être capable de trouver les mots justes ?

Ryan : Oui, « Infinite Hunger For Love » est bien une chanson d’amour… C’est une chanson pour mon chat qui pleure à la porte chaque nuit ! Il y a cet amour inconditionnel, obsessif qu’on reçoit de nos animaux familiers qui est si spécial. Parfois, c’est une chose magnifique, d’autres fois, ça te rend dingue… 

Dans cet album, ton travail est très bon, tu as trouvé quelque chose que 69 Eyes n’a que rarement atteint : un son populaire avec les défauts du genre gothiques effacés, mais dans le même temps, tu montres des des parasitages, comme si c’était un travail en cours d’élaboration, avec des imperfections, comme des essais pour obtenir un véritable son, un langage personnel. Ressens-tu ce premier album comme un point de départ ?

Ryan : Je cherche à écrire de bonnes chansons qui soient agréables à écouter et qui aient du sens pour moi. La perfection n’est pas quelque chose que je souhaite atteindre ou que je puisse atteindre même si je le désirais. Principle Of Pain est fondamentalement un point de départ puisque c’est notre premier album et les premières chansons que j’ai écrites pour le groupe. Mais c’est aussi un instant sur un calendrier, le long d’un voyage au long cours qui sillonne les travaux et la création.

Toutes les réponses sont de Ryan Patterson.

Photo par Amber Thieneman

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