For Heaven’s Sake : « Paha Sapa / Mako Sika » et la suite (Pt 1/3)

24 Sep 11 For Heaven’s Sake : « Paha Sapa / Mako Sika » et la suite (Pt 1/3)

For Heaven’s Sake est le projet de Guillaume Nicolas et il n’est rien de dire que son dernier opus en date, Paha Sapa / Mako Sika, a un troublant pouvoir. Ses cordes chamaniques déploient une musique fumigène et mystique dont le charmes redoublent au gré du mystère d’un verbe francophone. Voici une entrevue en trois parties, dont voici la toute première, avec le responsable de cette « musique des mondes » : un jeune homme plein de verve… et de projets.

L’atmosphère chamanique de ta musique, sur Paha Sapa / Mako Sika, traduit-elle uniquement une ouverture culturelle où est-elle aussi affaire de croyance ? Dirais-tu que ta musique porte un feeling religieux ?
Guillaume Nicolas : Oh oui, définitivement. Pour répondre à ta première question, je dirais que ma musique traduit, je l’espère, mon ouverture culturelle, directement liée à mes croyances personnelles et à ma passion pour tout ce qui touche aux religions et à la foi. Depuis tout petit, c’est quelque chose qui me fascine. J’ai toujours été extrêmement attiré par les croyances et les religions du monde entier, ainsi bien évidemment que l’iconographie religieuse traditionnelle. La Bible ou encore Le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort sont sans aucun doute des ouvrages qui ont été extrêmement influents au cours de ma vie, non seulement dans mon approche du monde et des autres en tant qu’Homme, en tant qu’être humain, mais aussi dans ma musique et mon écriture au fil des ans. Et en ce qui me concerne, tout ceci est fortement et intimement lié à une ouverture culturelle sur les différentes religions du monde, les différentes représentations de la foi et des croyances tout autour du globe. Les cérémonies chamaniques amérindiennes, les processions catholiques, les méditations orientales, ces différentes manifestations spirituelles et religieuses me passionnent et me fascinent toutes autant les unes que les autres. Et ceci se ressent probablement sur mon travail. Le titre de l’album, qui traduit lui-même un feeling humain et spirituel très fort à mes yeux, m’est venu aux États-Unis après une expérience chamanique très forte vécue là-bas. Et pour répondre à ta seconde question, je dirais que oui, ma musique porte, je crois, un feeling très spirituel, notamment dans l’écriture, les textes ; bien que sur Paha Sapa / Mako Sika, je trouve cet aspect développé en filigrane seulement, par rapport à ce sur quoi je travaille actuellement. Le prochain album sera probablement beaucoup plus prononcé, beaucoup plus profond, et définitivement plus directement influencé par ce feeling religieux.

En configuration live, comment défendras-tu ces titres, et qui t’accompagnera si tu te produis ? As-tu retrouvé l’envie de la musique live, jouée à plusieurs, ou cela te semble-t-il encore derrière ?

Oui, bien sûr, j’ai très envie de jouer live, surtout que c’est une musique qui prend tout son sens, toute sa magie, tout son envol sur scène. Après la très longue tournée européenne de 2005/2006, j’étais vraiment fatigué et j’avais perdu l’envie de jouer en concert. Je pense que je ressentais surtout le besoin de vivre autre chose, de découvrir d’autres univers, d’autres sentiments, d’autres sons, d’autres traditions et de m’ouvrir aux richesses culturelles, spirituelles et humaines du monde. Après cette tournée, j’ai beaucoup voyagé et pris du temps pour moi, pour prendre du recul et réfléchir quand à la direction que je voulais donner à ma musique et à ma vie. Pour certains, un break aussi long, près de cinq ans, peut paraître extrêmement long, mais pas pour moi. Tu sais, j’ai toujours fait de la musique par amour, par passion, par envie, et avec, je l’espère, une grande humilité, un côté « do it yourself » très artisanal, très simple et très pur, et jamais sous une pression extérieure ou en recherche d’un quelconque objectif commercial. Ce qui signifie que je suis entièrement indépendant et libre. Donc, ces cinq années de break, aussi bien discographique qu’en terme de concerts, étaient indispensables. J’avais envie et besoin d’autre chose. Faire grandir et évoluer mon écriture, faire mûrir mes couleurs, mes désirs et mes envies humaines et musicales. Et tout ceci devait impérativement passer par des voyages, par l’ouverture aux autres, par l’apprentissage de très nombreux instruments du monde entier au fil de mes découvertes musicales et de mes rencontres, par la lecture et l’apprentissage de langues et dialectes. Aujourd’hui, bien sûr que j’ai envie de repartir en tournée, de rejouer live. Il n’y a rien de plus beau et de plus fort que de partager ces chansons avec d’autres musiciens, d’autres sensibilités artistiques sur scène. Pour l’instant, je me focalise sur la suite de Paha Sapa / Mako Sika, car j’ai tant écrit ces dernières années que je souhaiterais encore sortir un, voire deux disques, et proposer plusieurs couleurs, plusieurs ambiances, plusieurs univers, avant de véritablement rejouer sur scène et repartir en tournée, afin de varier les chansons et les plaisirs.

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