Fields Of The Nephilim : une escapade en Scandinavie

05 Mai 13 Fields Of The Nephilim : une escapade en Scandinavie

Rare est l’occasion d’assister à une résurrection, même partielle. Telle a pourtant été l’expérience vécue par notre correspondant (pour un temps) « suédois » Stephan Cordary, parti suivre la mini-tournée de Fields Of The Nephilim ayant eu lieu en Suède du 25 au 28 avril 2013. Stephan rapporte ses impressions sur cette série de shows ayant vu revenir dans le giron un membre fondateur aux côtés du frontman et seul vrai membre permanent de toute l’histoire, Carl McCoy.
Reportage.

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Après avoir eu leur période sudiste (Athènes, Porto, Madrid, Barcelone), Fields Of The Nephilim semblent portés par un vent du nord (Helsinki le mois dernier). C’est en Scandinavie que Carl Mc Coy vient présenter sa petite entreprise avec une mini-tournée composée de quatre dates : Oslo, Malmö, Göteborg et Stockholm.

Acte I : Malmö – 26 avril 2013 Babel

Seconde étape de la tournée et première date pour nous, Malmö. Petite ville agréable à une encablure de Copenhague, la date au Babel est annoncée depuis plusieurs jours comme étant complète. Un engouement démesuré pour le groupe secouerait-il la ville ? L’entrée dans la salle répond assez rapidement à la question : l’endroit est exigu, probablement le plus petit dans lequel le groupe ait joué depuis son retour en 2007. Peu importe, la salle est chaleureuse et agréable. La première partie est assurée par un groupe local, Dark Side
Cowboys, clones des FOTN programmés par un promoteur un brin farceur (?). Finalement, le groupe s’avère délivrer un rock-folk gothique peu consistant, assez éloigné de l’univers Nephilim.

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FOTN sont annoncés pour 21h15 et c’est sans retard qu’ils montent sur scène, ce qui dans le contexte particulier n’est pas une image : la salle est configurée de telle sorte que le groupe soit obligé de traverser le public pour atteindre son pré carré.
Pour nous, le suspens est à son comble et l’enjeu de taille : Tony Pettit, le bassiste historique du groupe réapparu à Helsinki, sera-t-il de l’aventure en Suède ? Oui, Tony est présent, et plus vivant que jamais. Dire que le groupe ronronnait légèrement depuis quelques dates est un euphémisme même si le recrutement d’un nouveau guitariste, l’excellent Andy James, prenant depuis le festival Incubate à Tillburg en Belgique la place du doucereux et démissionnaire Tom Edwards avait apporté un peu de piment dans ce bel ordonnancement.
Alors, quel retour ! John Carter (aux côtés de McCoy plusieurs années, patyi fonder le projet XII) était bon, Tim Slade alias Snake avait trouvé ses marques de belle manière mais là, avec Pettit, c’est la magie qui est de retour. Tony a le son, le jeu, les atours de co-fondateur du groupe. Un géant se présente devant nous, éclipsant presque l’ordonnateur en chef. Dans la foule, des « Tony is back » retentissent de façon récurrente. Le show par cette seule présence fait sens, sans rien de nostalgique pour autant. Certes Tony a toute légitimité pour occuper le poste mais si sa prestation avait été décevante, nous aurions été les premiers à le déplorer. Cela dit, imaginez un instant : « Psychonaut » remis en musique par son géniteur, « Love under Will », « The Watchman » ou « Moonchild » aux bons soins du docteur Tony… Par dessus tout, ce qui prédomine est l’idée que l’on a devant nous l’ossature historique d’un groupe qui donne une image désormais apaisée, évidente. Toutes ces considérations n’enlèvent rien à la qualité des autres membres. McCoy a délivré un set intense, Gav King (guitare rythmique), Lee Newel (batterie) et Andy James n’ont pas démérité, loin de là. Mais à nos yeux, Pettit emportait les suffrages ce soir, transportant le show de Fields Of The Nephilim vers une dimension qu’on avait plus connue depuis longtemps.

Petit regret, un set assez court, probablement dû à un couvre feu de la salle, peu tardif. Le groupe fera son unique rappel sans descendre de scène, laissant un léger goût d’inachevé dans la célébration. Nous n’allons pas jouer les esprits chagrins. Demain, ce sera Göteborg et si les instants magiques qui se sont produits ce soir se répètent, il va nous falloir avoir le cœur bien accroché. Une dernière pensée ira à nos amis grecs qui, une fois de plus, ont assuré une ambiance phénoménale dans une salle attentive mais en retenue.

Setlist
Shroud
Straight to the Light
One more Nightmare
From the fire
Love under will
The Watchman
Psychonaut
Moonchild

Mourning Sun
Last Exit for the Lost

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Acte II : Göteborg – 27 avril 2013 Sticky Fingers

Göteborg est une ville importante de Suède, vers laquelle convergent énormément de personnes le week-end pour y faire la fête. Pour nous aussi, fête il y aura. Est-ce grâce à l’esprit de la ville prompte à lâcher prise ou au groupe au sommet de son art, toujours est-il que Göteborg et Fields Of The Nephilim se seront trouvés… et de quelle manière ! Le Sticky Fingers est à peine plus grand que le Babel de la veille, mais tout aussi chaleureux.

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Pas de première partie, le groupe va jouer tôt. 20h15, nous voyons Lee, Andy, Gav et Tony descendre par un escalier métallique latéral pour rejoindre la scène, éclairée par un écran lumineux géant diffusant le logo du groupe. « Shroud » débute et ce qui nous frappe à nouveau est la présence de Tony. Non content d’arpenter le devant de la scène avec assurance, la patte de Tony sur les morceaux de Mourning Sun (N.D.L.R. : album de 2005 auquel sa basse, officiellement, n’est pas greffée) est toujours plus frappante.
McCoy arrive, déchaînant la folie d’une audience moins sage qu’à Malmö, haranguant le public comme jamais. « Take my Hands » chante-t-il sur le titre « From The Fire » et c’est littéralement ce que les premiers rangs tentent de faire. La solidité et la cohérence du groupe est époustouflante, le son excellent, précis et très puissant. Andy James, qu’on savait talentueux, ajoute au fil des concerts de nouvelles touches harmoniques, une intro supplémentaire par ci, une intro par là qui feraient presque oublier le virtuose et historique Paul Whright. Andy, transfuge de Sacred mother Tongue, son groupe plus métal au sein duquel évolue également le batteur Lee Newell, est définitivement une sacrée affaire pour le groupe et son recrutement une nouvelle excellente idée du manager Rob Ferguson, lequel chapote les deux groupes au sein de son écurie Transcend Music.
McCoy n’est pas en reste ce soir. Le public lui fait ressentir avec chaleur son dévouement, le chanteur le remerciera par deux fois. Après une set list étonnement expurgée de tout morceau de l’album Zoon (pas de traces de « Penetration », « Shine » ou « Zoon Part 3 ») et qui donne sa faveur aux classiques du groupe, les rappels s’ouvrent sur un « Preacher Man » endiablé et un « Last Exit for the Lost » forcément hallucinatoire.

Les lumières se rallument, difficile de se remettre d’un show exceptionnel. En parlant avec un fan irlandais qui a suivi le groupe dans tous ses déplacements depuis 2007, notre conclusion est identique. Le groupe n’a jamais été aussi bon qu’aujourd’hui. En espérant ne pas insulter l’avenir et le show de Stockholm le lendemain.

Setlist
Shroud
Straight to the Light
One more Nightmare
From the Fire
Love under Will
The Watchman
Psychonaut
Moonchild
Mourning Sun
Preacher Man

Last Exit for the Lost

Acte III : 28 avril 2013 – Stockholm Debaser Medis

Stockholm est une ville foisonnante et fascinante, chargée d’histoire, de culture, d’une jeunesse frénétique. Composée de quatorze îlots différents, la ville est entourée d’eau et on se prend à rêver d’un signe annonciateur du retour de « Blue Water » dans la setlist. Le concert a lieu au Debaser Medis, petit frère du Debaser dont la jauge est supérieure aux salles précédentes (un millier de personnes environ). Pour le troisième soir consécutif, le show est sold out. Le promoteur suédois s’est avéré fin stratège en bookant des endroits ne se parasitant pas les uns les autres et à taille parfaite pour le groupe. On nous fait encore l’économie d’une première partie, ceci n’est pas fait pour nous déplaire tant le choix des premières parties pour FOTN est constamment peu judicieux.
La salle offre une scène confortable et peu après 21h00, les musiciens y accèdent. Le public, bien que dans cette retenue toute suédoise, est réactif. Le son est à nouveau très bon, avec peut-être une balance moins parfaite que les jours précédents, mention spéciale au jeu de lumières. Retour en force d’un épais brouillard, ajoutant la juste dose de théâtralité. La setlist débute comme les jours précédents et lorsque le groupe débute « From the Fire », il parait évident que la boucle s’est refermée depuis l’incident de la sortie des démos Fallen et la rupture de Carl et Tony. Ce soir, chaque musicien prend du plaisir et Mc Coy plus encore que les autres. On le voit sourire, remercier et donner toujours plus, si cela était encore possible. Les grands classiques s’enchaînent et quand le set principal s’achève sur « Mourning Sun », on se dit que Tony, et c’est loin d’être négligable, a également été capable de donner épaisseur et profondeur aux titres écrits sur la période Mourning Sun notamment sur le titre éponyme et sur « Straight to the Light ». Tony sur « Mourning Sun » a un son lourd, joue en accords, donnant ainsi une dimension exceptionnelle à ce titre déjà spectaculaire. Même Mc Coy semble fasciné par cet apport fondamental : pendant quelques secondes, il regarde Tony avec une satisfaction apparente. On se prend à rêver à un « Vet for the Insane » pour rappel, comme le groupe l’avait fait en Allemagne en octobre dernier, mais ce seront « Preacher Man » et « Zoon Part 3 » qui nous seront offerts avant le chamanique et final « Last Exit for The Lost ».

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Fin du show. Fin de la tournée. Mais début d’un nouveau chapitre, sûrement. Nous avons assisté en Scandinavie à une véritable métamorphose du groupe. Depuis 2007, on avait droit au
maître de cérémonie et à ses « hired hands », musiciens avertis faisant le job avec solidité et conviction. Avec le retour de Tony, Carl est toujours en première ligne mais désormais, il s’est adjoint un chef d’orchestre pouvant inspirer les autres musiciens par son talent et son charisme. Alors certes, Mc Coy a toujours revendiqué cet aspect protéiforme du groupe, justifiant les changements de line-up par un apport divers de compétences servant son dessein quand il en avait besoin. En un certains sens, c’était justifiable. Mais au regard de ce qu’il s’est passé en Scandinavie, il se peut bien qu’il infléchisse sa position.
Une nouvelle page est en cours d’écriture dans le grand livre des Nephilim. Le groupe, qui peut d’autant plus revendiquer cette appellation dans le contexte présent, a toutes les cartes en main pour prolonger le bail au pays des Anciens Dieux.

Setlist
Shroud
Straight to the Light
One more Nightmare
From the Fire
Love under Will
The Watchman
Psychonaut
Moonchild
Mourning Sun
Preacher Man
Zoon Pt 3
Last Exit for the Lost

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