Fields Of The Nephilim (interview bonus Obsküre Magazine #8)

30 Mar 12 Fields Of The Nephilim (interview bonus Obsküre Magazine #8)

Avec la sortie en avril du double live Ceromonies, le chanteur et fondateur Carl McCoy présente officiellement la nouvelle incarnation physique de la formation culte du gothic rock anglais : Gav King (guitare, ex-The More I See), Lee Newell (batterie, membre de Sacred Mother Tongue), tous deux présents sur scène aux côtés du leader depuis le retour live en 2007, côtoient sur ce nouveau film joint à de belles traces stéréo la guitare de Tom Edwards et la basse de John Carter, remplacé depuis par le frais et très efficient Snake. Enregistrés et filmés les 12 et 13 juillet 2008 au Shepherds Bush Empire (salle en laquelle Fields Of The Nephilim se produira de nouveau pour Halloween, le 31 octobre 2012, en remplacement de sa date au Sonisphere UK, annulé), les deux shows successifs et intitulés Ad Mortem et Ad Vitam, composantes indissociables de l’expérience globale Ceromonies, offrent un moment rafraîchissant. Le nouveau « groupe » respecte les canevas et réactualise les couleurs développées par la formation qui donna toute sa réputation au projet musical, entre 1984 et 1991. Le line-up actuel redore aussi le blason de Fields Of The Nephilim. Un son volumineux et extrêmement bien rendu par le mix font en effet de ce live plus qu’une simple séance de révision : une redécouverte – le tout, avant la sortie de nouveaux enregistrements et d’une version digitale augmentée du quatrième album de McCoy sorti sous le nom de Fields Of The Nephilim, Mourning Sun (2005). www.obskuremag.net publie ci-dessous les extraits restés inédits de notre entretien avec Carl, tel que publié sur six pages dans Obsküre Magazine #8 (mars/avril 2012, en kiosques depuis le 9 mars).

Obsküre Magazine : Ceromonies, qui devait sortir en mars, arrive finalement en avril. Que s’est-il passé ?
Carl McCoy :
C’est hors de mon contrôle, et ça a à voir avec des problèmes de production et de fabrication de l’objet final, notamment l’édition spéciale (N.D.L.R. : un superbe – et onéreux – coffret bois CD + LP + DVD disponible sur www.fields-of-the-nephilim.com). Il était préférable de reporter et d’avertir les gens d’une date ultérieure devenue, je crois, certaine.

Ceromonies présente l’état de votre son actuel. Dans ce but-là, tu aurais pu procéder autrement qu’en sortant un disque live, mais tu n’as visiblement jamais envisagé de réenregistrer d’anciens morceaux avec le line-up aujourd’hui stabilisé…
En effet, je n’ai jamais pensé ni voulu faire cela. Je ne veux simplement pas essayer de corriger ce qui a été fait correctement par le passé. D’ailleurs, je souhaite évacuer à ce sujet les critiques pouvant être faites sur une production. Un travail est forcément daté, une production s’inscrit dans une époque. J’ai évolué dans mes goûts, mais je ne crois pas qu’il y ait de vraies bonnes raisons de refaire ce qui a déjà été fait.

En entrevue, tu restes assez peu questionné et donc discret sur les musiciens qui t’entourent aujourd’hui. Les concernant, il apparaît que Lee Newell et Gav King font partie du sérail de ton manager, Rob Ferguson. Les autres, Tom Edwards et Snake, t’ont-ils aussi été présentés par son intermédiaire ?
Non, en réalité certains de mes musiciens ont été recrutés après audition et en passant par d’autres personnes de notre connaissance. Rob joue parfois, souvent même, un rôle de filtre vers moi. Ainsi, lorsque des gens veulent s’investir dans Fields Of The Nephilim, c’est à Rob qu’ils s’adressent en premier, avant que je prenne le relais. Mais les choses se passent de manière variable.

À l’époque de Mourning Sun, un essai de vidéo avait été ébauché pour « Straight to the Light », en compagnie de Richard Stanley, qui a réalisé plusieurs clips par le passé pour le groupe et qui avait filmé aussi le show de reformation de 2007, à L’Astoria à Londres (N.D.L.R. : une soirée baptisée 24th Moment). Un film jamais sorti. L’ambition de la vidéo existe-t-elle toujours pour le futur ?
Il demeure de nombreuses choses que je souhaiterais aboutir encore, et j’espère que les conditions de travail que nous avons réunies avec EMI me permettront de parvenir à mes fins.

Parmi ces choses, il reste encore et toujours le fameux EP Sleepers, qui devait comprendre des versions finalisées des morceaux de l’album de démos Fallen. Il est attendu depuis longtemps et la communauté des fans a pu espérer en réentendre parler à l’occasion de la sortie de Ceromonies. Le projet est-il définitivement abandonné ?
Des choses sont prêtes mais ces deux dernières années, je me suis réellement concentré sur la performance live, tout simplement parce que je cherchais à renouer avec les racines du projet. Par nature, Fields Of The Nephilim a toujours été un groupe de scène davantage qu’un projet studio. Notre réputation s’est en grande partie construite sur l’intensité de nos performances live. C’est dans cette idée-là, renouer avec le public, que j’ai souhaité amener le groupe sur différents territoires géographiques, pour certains jamais visités auparavant. C’était le challenge le plus motivant pour moi.

Tu as annoncé que de nouveaux enregistrements pourraient sortir dans les prochains mois, ce qui laisse supposer que la performance live évoluera. Cela sera-t-il le cas ?
De nouveaux titres arrivent, et je suppose que les gens ont besoin de ça. Ils ne peuvent se satisfaire indéfiniment d’entendre d’anciens titres en concert, ils paient aussi en espérant découvrir de nouvelles choses et je le sais. J’ai donc parlé de l’éventualité avec mon label de jouer de nouveaux titres sur scène mais un autre point de vue émerge : cette initiative peut tuer l’effet de surprise et avec, la chance de voir un enregistrement studio trouver son plein écho dans le public. Il y a longtemps, nous pouvions nous permettre cela (N.D.L.R. : des extraits d’Elizium avaient par exemple été joués avant la sortie de l’album sur scène) mais le fait est que les bootlegs pullulent sur le web avec un son et une image pas toujours à la hauteur. Le potentiel d’un titre peut être tué si les gens le découvrent dans de mauvaises conditions.

Certains espéraient un développement autre de Fields Of The Nephilim sur le plan « commercial » depuis quelques années. Il n’a pas eu lieu pour l’heure. Je fais ici allusion à la section downloads du site officiel. Tu avais mis à disposition du public des mixes alternatifs de « Straight to the Light » après la sortie de Mourning Sun, mais plus rien n’est venu abreuver cette section digitale. Crois-tu la fournir davantage à l’avenir ?
Je ne sais pas vraiment… Disons que lorsque j’ai sorti ces remixes le choix me paraissait cohérent, l’option de la copie physique étant exclue pour eux. Certes, publier des démos ou des remixes sur la section digitale du site web pourrait être un axe intéressant, et cela arrivera peut-être, arrivé un certain point. Je peux l’envisager, notamment pour toutes ces bandes dont je dispose et pour lesquels les formats classiques ne sont pas vraiment adaptés.

Tu dois tout de même disposer de pas mal de matériau sonore susceptible d’alimenter cette section, non ?
Oui, j’ai beaucoup de choses, c’est vrai : des versions démos, des mixes alternatifs, des titres remasterisés… En même temps, je ne serais pas très fier d’exploiter à outrance ce genre de filon, et je ne trouve pas très bienvenu que d’autres le fassent pour eux-mêmes. En me rangeant à cette idée, j’aurais l’impression d’une perte de sens, du moins si je le faisais trop.

Tout le monde n’est pas Iggy Pop, ne vieillit pas dans le rock à ce point-là en tout cas. Or, tu fais de la musique en studio et sur scène depuis le milieu des années quatre-vingt et tu sembles toujours en bonne forme. Comment te sens-tu, dans la performance ?
Je n’ai jamais trouvé cela aussi aisé, pour tout dire. J’ai même l’impression d’être enfin à l’aise aujourd’hui, alors que je trouvais les choses moins évidentes dans ma jeunesse. Que je sois sur scène, en studio ou en entrevue avec un journaliste, je suis toujours à 100% dans ce que je fais, à 100% Nephilim. Je vis ce que je fais et je n’ai pas l’impression que les choses s’affaissent. Ma démarche se renforce bel et bien, et ma musique de même. Il le faut, je l’espère en tout cas.

Un point de détail pour finir, resté obscur pour moi et peut-être pour certains autres fans : les cris de bébé qui ouvrent Mourning Sun sont-ils ceux d’une de tes filles ?
Absolument, oui (rire).

> FIELDS OF THE NEPHILIM
Ceromonies (Sacred Symphony / EMI)
Disponible en version double CD/DVD, 2LP, et coffret bois limité « Ceremonial Edition » sur www.fields of-the-nephilim.com (en commande ici)

> WEB OFFICIEL
www.fields-of-the-nephilim.com

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