FareWell Poetry : la musique à images

10 Sep 11 FareWell Poetry : la musique à images

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #5, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de notre entretien avec FareWell Poetry, formation parisienne aux instrumentations post-rock puissamment poétiques et dont le tout premier album, Hoping for the Invisible to ignite, jouxte avec brio vidéo et son. Sortie fin septembre. Pour amateurs d’émotions diffuses et de musiques imagées.

Le spoken word contextualise. Pourriez-vous vous laisser tenter en musique par une abstraction totale : l’instrumental pur ?
Jayne :
Oui, on a des morceaux sans voix, et des films sans voix et des morceaux sans films… L’important c’est de suivre son instinct et de ne se sentir jamais contraint !

Concernant le film live du DVD incorporé au premier album, qu’est-ce qui vous a fait choisir l’Église de Saint-Eustache ? Avez-vous envisagé plusieurs lieux possibles pour filmer la performance live ?
C’était presque un accident. Alain Grodard, de Soul Kitchen, a proposé de nous filmer pendant ce concert là. Il a proposé à Rod Maurice du HibOO de le rejoindre, et il se trouve qu’ils étaient contents de leurs images et que nous étions contents d’avoir une trace de ce moment magique.

Jouer dans l’Église de Saint-Eustache les compositions de $Hoping for the Invisible to ignite$ a-t-il constitué une étape « révélatrice » ? On sait, du moins on imagine, l’impact qu’un environnement peut avoir sur la musique jouée…
Frédéric :
C’était notre première expérience avec les églises, en juin 2010. On a eu la chance d’être invités à jouer dans ce lieu magnifique, chargé d’histoire, en pleine nuit, à deux heures du matin. On appréhendait un peu le coté « gigantesque » de la réverbération naturelle, or ce fut un super concert pour nous, très intense. Il y avait ce silence un peu religieux qui nous entourait et la dimension plus introspective que prenait notre musique. Et, au delà, l’étirement du son, des notes, l’écho…
Jayne : C’est drôle, combien ça semblait naturel d’y jouer, malgré la beauté terrifiante de ce qui nous entourait. Je pense que c’est parce qu’à notre époque on est à la recherche – consciente ou pas – d’une forme de communion et d’un endroit où cette communion peut avoir lieu. Un bon concert est une communion entre les artistes et le public, ce n’est donc pas incohérent que les églises s’ouvrent à ce genre de représentation, qui attire un public qui n’a pas forcément l’habitude d’assister à d’autres rituels qu’elle propose.

Qu’est-ce qui vous a orientés vers cette autre église, celle de Leeds, pour l’enregistrement du « mur de son » pour l’album (N.D.L.R. : le premier album a nécessité deux enregistrements successifs : un premier en studio, un second en église pour créer ce « mur de son ») ? Comment avez-vous connu cet endroit, cette résonance ?
Frédéric :
C’est Richard Knox, le boss de notre label anglais Gizeh Records, qui m’en avait parlé. Elle était à deux pas de ses bureaux et il y organisait régulièrement des concerts. On l’avait utilisée Richard et moi, quelques semaines auparavant, dans le cadre d’un autre projet que l’on développe ensemble, The Rustle Of The Stars, et on avait été emballé par l’acoustique. Avec FareWell Poetry on pensait à ce moment-là enregistrer directement dans une église ou dans une ancienne usine désaffectée, mais c’était trop compliqué niveau logistique. On s’est dit que recourir au wall of sound était le compromis parfait pour ce qu’on recherchait.

Avez-vous déjà des pistes pour la suite ?
Jayne :
Oui nous avons assez de morceaux et de films pour un deuxième disque… Et nous venons juste de terminer une troisième performance, The golden House : for him I sought the Woods, produit par le Centre National des Arts Plastiques. Mais avant tout il y a la sortie du disque le 26 septembre 2011, la release party à L’Église Saint Mérry avec plein de guests le 30 Septembre, et puis une tournée française et européenne qui s’étalera entre novembre prochain et le premier semestre 2012.

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