Exitmusic – interview (bonus Obsküre Magazine #10)

26 Juil 12 Exitmusic – interview (bonus Obsküre Magazine #10)

Passage est le premier album du duo Exitmusic, une extension cold d’une pop inspirée, un coup de froid qui nous glace le coeur en ce début d’été. En complément de l’entrevue parue dans dans Obsküre Magazine #10, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de notre entretien avec Aleksa Palladino et DevonChurch, couple glamour en diable et génialement passionné.

Obsküre Magazine : De quoi ou de qui vous inspirez-vous pour écrire et composer?

Devon : Soit Aleksa écrit tout ou une partie de la chanson à la guitare ou au piano, puis on tente de parfaire les lignes ensemble. Soit c’est moi qui propose les premières trames. On part tout simplement de rien et on fait tout ça ensemble, c’est de cette façon que la plupart de nos chansons ont été réalisées ( « The Night », « Passage », « White Noise »). D’un point de vue esthétique, nous sommes influencés par toutes sortes de musiques différentes, trop nombreuses et variées pour que l’on se donne la peine de les énumérer.  Nous sommes définitivement influencés par quelque chose de plus grand que la musique, plus grand que l’art lui-même.

Que signifie pour vous ce « Passage », vers où nous emmène t-il ?

Aleksa : Je ne suis pas sûre de la destination…vers plus de liberté, je crois. Cet album a été d’une très grande composition cathartique. C’est un thème qui nous est très personnel. Je suis contente d’exprimer ces énergies qui sont contenues en moi…je souhaite trouver quelque chose de nouveau en moi et en chacun de nous. Alors oui…la liberté d’explorer.

Quelles ont été vos activités artistiques entre 2008 (sortie de votre premier album autoproduit) et ce milieu d’année qui correspond à la sortie de Passage ?

Devon : Travailler sur de nouvelles chansons et nous donner en concert ont occupé la quasi-totalité de notre temps libre. L’idée était de travailler notre musique jusqu’à ce qu’elle soit reconnue et signée sur un bon label, avec une distribution convenable. Et puis, Aleksa a joué dans la série Boardwalk Empire, ce qui a éloigné le groupe de la finalisation de Passage. Entre temps, nous avons aussi sorti L’EP From Silence (N.D.L.R : en 2011).

Vous résidez à Brooklyn et d’après de nombreux articles de presse, cette ville vit depuis les années 90 une effervescence culturelle. Vous nous le confirmez ? Si oui, comment peut-on l’expliquer ?

Aleksa : J’ai grandi à Manhattan et cet arrondissement a énormément changé du New York qu’on a coutume à identifier. Je l’aime énormément mais je n’irais pas jusqu’à dire qu’il y existe une effervescence culturelle… en aucun cas son rayonnement est extraordinaire. En tant que grande ville, elle respecte bien trop les tentations liées au succès commercial pour fabriquer du rêve. Ce qu’on peut constater, c’est qu’il existe une multitude d’habitants et qu’un nombre non négligeable de personnes sont douées pour une certaine forme d’expression artistique. La vraie révolution culturelle de ces dix dernières années provient de l’accessibilité à la technologie et cela est vrai pour New York et presque toutes les villes du monde !

Votre musique est imprégnée de post-punk et de darkwave / gothic (votre musique me fait penser à Zola Jesus et à The Wounded qui aurait perdu ses guitares), quels sont les références des eighties que vous écoutiez étant plus jeune et que vous écoutez peut-être encore maintenant ?

Devon : Nous étions bien trop jeunes dans les années quatre-vingt. Je n’ai connu mon véritable éveil musical au milieu des nineties… tu me diras, certains groupes que j’écoutais rodaient déjà dans les eighties comme the Pixies, Jesus and Mary Chain, My Bloody Valentine, Joy Divison, Sonic Youth, voire des groupes punk comme Bad Religion, the Clash ou Crass. Je préfère la new wave à la musique gothique que je n’ai jamais aimée étant gosse. Je vois son attrait de nos jours, mais je ne pense pas que nous sommes un groupe gothique dans l’esprit et l’esthetique. Zola Jesus a une très belle voix, mais je crois, en tant qu’artistes, que nous venons d’endroits très différents.

L’album est une bien belle réussite pop rock ; mon titre préféré est « The Modern Age », que je trouve fantastique, tout en tensions. Quelle est la petite histoire derrière ce titre ?

Cette chanson a connu plusieurs incarnations avant d’avoir finalement trouvé ses paroles et sa mélodie. Cette chanson traite de la volonté de s’échapper et de résister aux pressions et contradictions de nos sociétés actuelles. L’ère moderne est partout, la mondialisation aidée de ses moyens de communication numérique parviennent même à  polluer nos propres esprits. Nous chantons « Savoir tenir bon pour atteindre une autre voie »…  ainsi, cette croyance se présente à nous, elle existe. Je pense finalement que toute notre œuvre adopte l’idée d’un autre monde et d’une phase transitoire de cette civilisation.

 

 

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