Erdh – Interview Bonus Obsküre Magazine #26

24 Oct 15 Erdh – Interview Bonus Obsküre Magazine #26

Erdh est un projet mouvant, passionnant pour l’esthétique ténébreuse sonore qu’il projette… www.obskuremag.net publie les passages restés inédits de l’entretien publié dans Obsküre Magazine #26 (novembre > décembre 2015) avec Nikö Pingnelain (composition, programmation et tous instruments), qui en compagnie d’Emmanuel Lévy (chant) structure et déstructure les musiques électroniques. L’EP Sideremesis, dernière création du duo, s’impose comme la rencontre réussie de Manes et TFSOL, sous l’œil bienveillant de Mlada Fronta.

Obsküre Magazine : Allez, un peu d’autocritique pour commencer : Avec un peu de recul, quelles sont selon vous les forces et les faiblesses de Resilient, votre premier album ?

Nikö Pingnelain : Nous sommes toujours très fiers de Resilient, aucun doute là-dessus ! Ce premier album transmet l’âme de Erdh et ébauche le polymorphisme de notre musique. Évidemment, Resilient serait sans doute un petit peu différent aujourd’hui, notamment sur les structures des titres qui ne s’entouraient alors d’aucune contrainte et qui pouvaient parfois partir un peu trop dans tous les sens.

Afin d’insister sur cette notion d’évolution…99% des groupes passent de l’organique à l’électronique. L’inverse est si rare que je ne trouve aucun exemple… pourquoi selon vous ça ne fonctionne que dans un sens ? Il est effectivement difficile de trouver un groupe d’ambient / electro qui évolue ensuite vers les sphères metal !

Mmh… C’est sans doute vrai dans nos sphères, mais plus largement : beaucoup de groupes peuvent avoir des phases acoustiques ou electro, que j’assimile plus à des envies d’autres choses, au besoin de se confronter à un autre support d’expression. Je sais que Sideremesis permettra à Erdh de s’affranchir dans le futur de pas mal de clichés metal. Et plus que le metal proprement dit, la vraie recherche est celle de la puissance, de l’impact, de la dynamique des titres, pas de s’inscrire de force ou contre-nature dans un courant très stylisé et très codifié. Et pour revenir à ta question, je pense que le phénomène que tu évoques concerne surtout des groupes qui misent avant tout sur l’émotion et la vibration plutôt que sur une technicité instrumentale ou le respect des canons. En effet, Ulver, Manes, mais aussi Aucan et The Young Gods ou Paradise Lost ont tous franchi le pas un jour, sans pour autant que ce soit sans retour ! Logo [Black]

Concentrons-nous sur Sideremesis: Quelle est l’idée d’origine de cet EP ? Cette brèche dans l’imagination qui offre la première pièce du puzzle ? Là où tout a commencé…

C’est assez pragmatique même si cela casse le mystère : tout a commencé à rebours ! « E-Creed » est le titre le plus ancien et à l’origine, « Sideremesis » et « Backup1011 » ne sont qu’un seul et même titre que j’ai scindé. Et avec le fabuleux remix de Mlada, on avait un ensemble fort qui méritait une mise en lumière spécifique.

Combien de démos ont été réalisés avant que Sideremesis ne voit le jour dans sa version définitive ?

Énormément… un peaufinage intensif du moindre détail. Faire, refaire, jeter, recommencer. Comme tu l’as bien senti, nous ne nous autorisons pas l’approximation ou l’à-peu-près et cela résulte en un nombre de versions de travail colossal !

Est-ce que cette nouvelle direction musicale est l’avenir d’Erdh ?

Aucune idée ! Certainement pas l’avenir immédiat puisque le successeur de Resilient est déjà enregistré et que l’on va retrouver beaucoup de guitares, mais moins de gimmick metal ! Les voix d’Emmanuel seront dans cette lignée, il a ouvert une brèche que nous n’allons pas refermer. Mais pour le reste, personne ne sait, aucun de nous deux en tout cas !

Donc l’EP inaugure l’arrivée d’un futur album pour 2016 ? Tu peux nous en dire plus ?

Oui, ce sera un album plus ramassé, plus cohérent et lumineux tout en gardant la vibration essentielle de Erdh, ces développements très post-rock portés par des grosses guitares. Des GROSSES guitares ! Il sera délibérément moins porteur de colère, mais tout aussi captivant je l’espère.

« Pink Circuit » est mon titre préféré de Resilient… la question est simple : pourquoi avoir choisi ce titre pour un remix ? Mon autre question l’est tout autant : Pourquoi avoir choisi Mlada Fronta pour s’en occuper ? Je dois avouer que le résultat est bluffant… j’adore.

Nous avons choisi « Pink Circuit » parce que c’est un titre fort et polymorphe qui, nous en avions l’intuition, pouvait se prêter de belle manière à l’exercice. J’ai soumis l’idée à Mlada Fronta avec une carte blanche intégrale parce que c’est une référence fondamentale pour moi, le groupe qui m’a ouvert les oreilles sur le monde de l’electro expérimentale. J’ai eu l’opportunité de connaître Rémy au travers de divers projets depuis les quinze dernières années et il était naturel pour moi de faire appel à lui. J’ai également été ébouriffé par ce qu’il a réussi à créer sur cette base, la puissance et l’émotion qu’il transmet, à tel point qu’il m’est apparu évident qu’il fallait mettre tout ceci en image, d’où notre premier clip!

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