Distel – Interview bonus Obsküre Magazine #27

03 Fév 16 Distel – Interview bonus Obsküre Magazine #27

Supplément de notre entretien paru dans Obsküre Magazine # 27 avec Æter (Peter Johan Nijland) autour de l’album Zand paru chez Ant-Zen.

Crédits photographiques : Stefan Alt.

ObsküreMag : Sur Zand, on trouve aussi bien des morceaux qui se trouvaient sur des compilations sorties chez Enfant Terrible, des remixes, des reprises. Comment as-tu travaillé sur ce second album ?
Æter : Je voulais rassembler sur un album compilation toutes les prises et les pièces disséminées à droite et à gauche ces dernières années. La plupart des remixes ont été laissés tels quels, en revanche une grande partie des titres originaux de Distel ont été réenregistrés et réarrangés pour s’adapter au son actuel de Distel. Ou dans le cas de « Regn », nous avons enregistré la version longue du morceau que nous jouons souvent pendant les concerts. Puis Frank Riggio a fait un superbe travail de mastering.

Est-ce plus un album d’ailleurs ou une collection de morceaux épars?
Pour moi c’est plus une compilation qui fait sens et qui peut s’écouter comme un album. Bien qu’il manque l’homogénéité artistique et intentionnelle d’un album en tant que tel, cela présente bien le son typique de Distel, ce qui permet de dépasser la simple collection de titres épars.

C’est surprenant comme tes remixes se fondent bien dans l’univers de Distel, bien que les chanteurs soient différents. Ce sont plus des compositions personnelles que des remixes au bout du compte.
Je tente de mettre en œuvre ce que l’on trouve sur un morceau de Distel. Cela dépasse ce que l’on entend par un remix pur et simple mais quand je crée, je ne m’embarrasse pas de ces définitions. J’apprécie beaucoup le remix libre, bien que là je pense en avoir assez faits pour le moment, et c’est une activité qui prend beaucoup de temps.

On trouve aussi une chanson (« Fall ») qui avait été faite pour la bande originale du film Exploitation et ta reprise de « Che » pour un hommage à Suicide. Apprécies-tu ces contraintes et créer quelque chose de personnel en sa basant sur quelque chose qui a été créé par un autre artiste?
D’abord pour Exploitation, il n’y a pas eu de contraintes de la part du label ou du cinéaste et je considère ce titre comme un pur morceau de Distel qui au final s’est retrouvé sur une bande originale. La version sur Zand a été réenregistrée pour son vidéo clip. Je n’apprécie pas particulièrement ces contraintes, mais cela agite une certaine forme d’inspiration chez moi – travailler avec un substrat qui existe déjà. En particulier si le son de cet artiste est très différent du notre, comme dans le cas de Suicide.

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En parallèle, tu as aussi fait il y a quelques temps un hommage au mouvement ULTRA aux Pays-Bas pour Beläten avec des reprises de Mekanik Kommado. Je sais que ce sont des artistes que tu admires. Les exigences sont-elles très élevées quand on rend hommage à des gens qui ont été une influence?
Je pense que rendre hommage c’est aussi répandre la connaissance de quelque chose que tu aimes, par tes propres moyens. Mon but personnel était de donner un rendu correct des morceaux de Mekanik Kommando au travers de cette interprétation par Distel. C’était tout ce que je pouvais et que je voulais faire. Je ne m’intéresse pas aux attentes des gens. Je ne crois pas que ce soit une démarche artistique fructueuse, du moins pas en ce qui me concerne. De plus, c’est principalement la démarche expérimentale et sans prétention d’un groupe ULTRA comme Mekanik Kommando qui m’a inspirée – donc je dirais que c’est plus dans l’attitude que dans la musique qu’ils m’ont influencé et cette approche est quelque chose que je suis définitivement heureux de promouvoir.

Y a-t-il d’autres personnes que tu as en tête auxquelles tu aimerais hommage ou avec qui tu aimerais collaborer?
Les hommages n’ont été que des opportunités séparées pour passer à l’action, faire quelque chose de différent et étendre un petit peu la formule Distel. Ce fut la raison principale pour prendre le wagon en marche. Je ne suis pas du genre à vénérer d’autres artistes et je ne recherche pas activement des gens à applaudir. Cela a eu juste lieu et ces opportunités peuvent se reproduire. Pour ce qui est des collaborations, il y a bien sûr quelques personnes avec qui j’aimerais collaborer un jour, haha. Pas certain que je veuille le faire sous le nom de Distel, cela dit.

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En jetant un regard rétrospectif sur ce que tu as fait, le premier single de Distel est paru il y a cinq ans, sur lequel on trouve le morceau « Regn » (bien que ce soit une version différente qui apparaît sur Zand). Depuis, de nombreuses choses se sont passées. Tu as signé sur plusieurs labels. La presse et le public ont été très enthousiastes. Tu as joué dans plusieurs festivals, notamment en Allemagne ou aux Pays Bas. Quelles sont certaines des meilleures choses qui te soient arrivées avec ce projet musical?
Signer sur Ant-Zen en fait partie, c’est sûr, ayant moi même écouté beaucoup de productions Hymen et Ant-Zen par le passé. Puis j’ai adoré jouer au WGT et au Maschinenfest, mais aussi notre tournée avec Europ Europ, voyager en Suède, Autriche et en Ukraine, ce fut aussi des moments forts. Au final, nous avons rencontré et passé du temps avec des gens super durant ces années et j’en suis extrêmement reconnaissant.

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Au début, Distel semblait être un side-project d’Hadewych. A présent il semble que ce soit devenu ton intérêt principal musicalement?
Haha, non pas vraiment. Personnellement je les ressens comme deux entités complètement séparées qui existent chacune de son côté – tout comme d’autres projets. Les deux groupes ont des cycles singuliers de créativité et je ne considère pas que l’un représente ma production principale et prenne le pas sur l’autre. Il y a en fait deux sorties de Hadewych qui sont prévues, plus deux autres travaux en cours avec d’autres groupes/projets dans lesquels je participe. En raison de l’attention des médias et de la promotion du label, Distel a reçu plus d’attention ces deux dernières années. Mais en de nombreuses façons Hadewych est plus proche de ce que je suis personnellement ; c’est la quête continue d’un son nouveau, avec des parcelles brèves de succès auditif. Cette quête prend du temps – encore aujourd’hui – ce qui fait que le groupe peut sembler moins prolifique aux yeux du public je suppose. Pour te répondre, musicalement le centre d’intérêt se porte surtout sur Hadewych et pour ce qui est des concerts et des sorties, c’est Distel qui est le plus présent.

C’est étonnant comme ton interprétation de « Snake Messiah » de Michael Idehall me rappelle Coil, et je sais que parfois tu reprends le titre « Solar Lodge » de Coil en concert. N’êtes-vous pas tentés de l’enregistrer?
Hé bien je suis heureux de t’annoncer que nous avons déjà enregistré cette chanson l’été dernier et que cela va sortir courant 2016. Des informations suivront bientôt ! Pour ce qui est de Idehall, je recommande fortement l’écoute de sa musique pour ceux qui ne l’ont pas encore fait. C’est absolument excellent.

Qu’en est-il de tes futurs projets?
Je travaille sur une nouvelle sortie ambient avec Tess, mon collègue dans « Norn ». Il y a un autre nouveau projet qui se nomme ‘Skymme’ avec mon ami de longue date et collaborateur Bert van Beek. En ce moment, nous sommes en train de mettre en place une série de performances live rituelles pour 2016 et deux EP sont en préparation. Il y a d’autres efforts collaboratifs en cours au moment où nous parlons, donc un bon paquet de choses à suivre.

Distel - Zand

http://www.ant-zen.com/

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