Die Form – Musique Concrète – Interview Bonus Obsküre Magazine # 27

03 Mar 16 Die Form – Musique Concrète – Interview Bonus Obsküre Magazine # 27

Supplément de notre entretien paru dans Obsküre Magazine #27 avec Philippe Fichot autour du projet Die Form – Musique Concrète où le musicien revient à des formes de compositions plus expérimentales et réactive du même coup son label Bain Total.

ObsküreMag : Qu’est-ce qui a motivé la réactivation de Bain Total après tant d’années? Est-ce pour un one-shot ou y a-t-il déjà d’autres projets en cours ?

Philippe Fichot : Il y a de nombreux projets à venir car le catalogue et les archives sont suffisamment conséquents. Cette idée s’est développée progressivement suite aux nombreuses demandes de rééditions et à l’intérêt actuel pour nos anciennes réalisations devenues difficiles à se procurer. De plus, notre public est resté étonnamment curieux et varié (électro, industriel, art, fetish, photo/vidéo, performances, danse, dark…). Le moment était aussi venu de reprendre le chemin de l’indépendance ! Nous pourrons ainsi produire des projets presque « à la carte » suivant les demandes et les envies, en très petites quantités avec un travail artistique et artisanal, ce qui était déjà la méthode et l’essence même de Bain Total dans le passé. Nous continuerons bien sûr à travailler avec d’autres labels complémentaires, car Bain Total n’a pas la structure ni l’ambition de devenir trop important.

Dans les nombreux projets parallèles de Die Form (Eva Johanna Reichstag, etc.), il y en a eu un qui se nommait Camera Obscura, y a-t-il un lien avec ce Cinema Obscura? Récemment ont d’ailleurs été réédités d’autres projets parallèles chez Rotorelief (Fine Automatic, Hurt). Y avait-il à chaque fois un concept très précis derrière ?

Non, il n’y a pas de lien avec le projet Camera Obscura déjà sorti sur Bain Total en cassettes. Chaque projet est soit parallèle, soit « solo » quand je le produis seul. L’intérêt est de présenter différentes facettes de mon/notre travail et d’explorer d’autres formes sonores et visuelles. Ce sont des sortes de laboratoires, d’incubateurs d’idées nouvelles qui permettent d’expérimenter de nouvelles voies, trouver de nouveaux sons, élargir les possibilités… mais qui peuvent servir par la suite au projet principal qui demeure Die Form. C’est aussi un moyen de prendre du recul et de renouveler les sources d’inspiration. Le bruit m’a toujours stimulé pour redémarrer un nouveau projet, et redécouvrir l’harmonie, après une phase de chaos. Certains projets naissent de concepts précis et définis, avec des choix techniques, esthétiques… d’autres sont le fruit de rencontres ou d’improvisations. C’est un peu le miroir, ou la représentation de ma/nos vies en temps réel, à un moment précis. Ils permettent aussi de cultiver la curiosité…

Die+Form

A l’époque de vos premiers albums, la dimension expérimentale restait importante (Some Experiences with Shock par exemple), aujourd’hui est-il plus difficile d’intégrer ces sonorités plus inhabituelles dans l’univers de Die Form, d’où la nécessité de le faire sous d’autres noms?

C’est possible, mais j’utilise souvent par la suite ces expérimentations sonores pour des compositions de Die Form. C’est sans doute un besoin d’identités multiples, comme des reflets infinis dans des miroirs. Les projets à géométrie variable permettent aussi une exposition/expression multiple.

Die Form est une formation de musique électronique et vos influences sont liées aux précurseurs des années 70 (Kraftwerk, Throbbing Gristle, etc.) mais quel est votre rapport à la musique classique? Vous avez rendu hommage à Bach par le passé et ici la musique classique se fait aussi sentir. Certains compositeurs vous ont-ils marqué en particulier?

BACH PROJECT était à l’origine une proposition de performance dans le cadre du Bach Festival de Leipzig où des formations non classiques proposent des interprétations d’œuvres de Bach, comme Laibach l’année précédente. J’ai relevé le défi, bien que ne connaissant pas spécialement cette musique et n’étant pas instrumentiste. Mixer l’univers de Die Form (sons, images, performances…) avec la musique classique dans un cadre officiel était très excitant et assez subversif ! J’y ai trouvé un réel plaisir (et quelques peines) et ai sans doute été influencé par ce travail dans des projets ultérieurs, notamment Cinema Obscura. J’avais déjà enregistré des œuvres de Schubert et Bach dans le passé (« La jeune fille et la mort », « Sérénade »…). Le mélange d’une composition de style classique (ou l’utilisation d’instruments classiques) avec des sonorités électroniques et des bruits, ouvre de nouvelles voies à l’expérimentation et enrichit la palette des couleurs sonores et des émotions. Je ressens profondément la puissance de cette musique dans des films ou des spectacles de danse, comme lors de spectacles de butoh qui m’ont fortement impressionnés, mais je n’ai pas une culture classique.

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Philippe Fichot / Die Form

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