Desireless & Operation Of The Sun – Interview bonus Obsküre #26

30 Jan 16 Desireless & Operation Of The Sun – Interview bonus Obsküre #26

Les pérégrinations de Desireless et Antoine Aureche (OOTS) prennent des tangentes régulièrement communes depuis plusieurs années. Leur dernière œuvre studio commune s’intitule Guillaume, collection d’inventions à forte coloration acoustique, série de petites poésies chantées calquées sur l’onirisme d’Apollinaire. wwww.obskuremag.net publie aujourd’hui – enfin ! – les déclarations du binôme non parues dans Obsküre #26.

Obsküre Magazine : Qui est Guillaume, pour vous ? Que représente/qu’incarne cette poupée, qu’est-ce qui vous a appelés à lui et dans quelle idée avez-vous exhumé l’œuvre d’Apollinaire ?
Desireless :
Antoine et moi avons eu envie d’enrichir notre duo avec une troisième personne, une nouvelle source d’inspiration, extérieure, pour ce nouvel album. J’ai l’impression que Guillaume nous a permis de nous retrouver hors du temps. Il nous aidé à aller chercher au fond de nous les points sensibles… Guillaume a poussé Antoine à reprendre son instrument, la guitare classique, pour mon plus grand plaisir et le vôtre, j’espère… Il a été pour nous, peut-être, comme un maître… Tu vois ce que je veux dire ??? (rires)
OOTS : Histoire vraie : Il y a quelques années, en 2011 je crois, au retour d’une mémorable série de bringues, de terribles acouphènes ont fait irruption dans mes oreilles. Ces derniers ne voulaient pas disparaître et je croyais devenir fou. Je me demandais sincèrement : vais-je devoir arrêter la musique ? Que pourrai-je alors bien faire ? Au bout de six mois, abomiffreux, je me suis levé un matin avec une réponse qui tenait en substance en ces deux idées : « C’est pas grave, si je deviens sourd, je ferai de la poésie ou du théâtre de marionnettes. » Et – miracle ! – les acouphènes ont disparu le jour même… Je n’ai jamais cherché depuis à travailler plus avant ces deux domaines artistiques, mais le hasard – objectif ? – a voulu que tout cela soit placé sur notre chemin.

Pourriez-vous présenter Jean-Christophe Magnin, pourquoi sa voix pour ce disque et comment avez-vous approché l’incarnation de Guillaume en sa compagnie ?
Desireless : Jean-Christophe est un ami proche. Il a ce côté évanescent et doux qui correspond bien à notre Guillaume-marionnette. Nous l’avons laissé libre de son interprétation, lui donnant juste quelques petites orientations.
OOTS : Jean-Christophe s’est imposé comme une évidence. Le Guillaume que nous avons re-créé n’a pas l’ambition d’être semblable au vaillant original. Notre Guillaume est éthéré, fragile, androgyne, naïf – dans tout ce que la naïveté peut avoir de grandiose –, et il est évident que Jean-Christophe incarne tout cela. Et puis son accent suisse, on trouve ça trop chou.

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Comment avez-vous été amenés, récemment, à travailler sur un remix pour Solar Fake (N.D.L.A. : projet de Sven Friedrich, leader par ailleurs des formation goth rock Zeraphine et Dreadful Shadows) ?
OOTS :
Nous avons joué au Wave Gotik Treeffen en 2013, le même soir que Sven. Nous l’avons découvert sur scène et avons beaucoup aimé la simplicité, l’émotion et l’efficacité qu’il dégage. Comme lui aussi avait apprécié notre prestation – le hasard fait bien les choses – et nous avons gardé contact. Sven nous a offert un chouette remix pour notre précédent album de remixes, Nexus, et c’est tout naturellement que nous lui rendons la pareille pour son nouvel opus (N.D.L.A. : sorti fin octobre chez Out of Line). Pour l’anecdote, Sven a lui aussi étudié la guitare classique étant petit !

La facette érotique de l’œuvre d’Apollinaire vous touche-t-elle de la même manière que le reste ?
Desireless :
Truculences (rires)… Je laisse la parole à Antoine…
OOTS : À vrai dire, en dehors de quelques poèmes tirés d’anthologies érotiques, et d’un survol des Onze Mille Verges, je ne connais pas bien son œuvre érotique. La seule chose que je peux en dire et qu’elle transpire de quelque chose que je retrouve partout ailleurs : sa délicieuse malice.

Les guitares sont particulièrement enveloppantes sur l’album. L’organisation du disque a-t-elle découlé du travail sur les guitares, ou la source textuelle a-t-elle primé dans cette histoire ?
Desireless :
L’approche a été différente selon les titres. On ne prévoit pas trop le point d’embarquement pour chaque chanson ; ça peut être quelques accords de piano, un petit bout de mélodie, quelques mots, un plan de guitare… Et après : vogue notre esquif, au gré de la météo ambiante dans la maison.
OOTS : Dans le cas de Guillaume, je dirais quand même que la majorité des chansons a émergé d’idées pianistiques. La guitare n’a été utilisée que dans un second temps. Seulement comme un moyen d’expression et de mise en forme. Lorsque je recherche des harmonies qui me parlent vraiment, je me colle au piano en compagnie d’un crayon à papier et d’une feuille de portées. La guitare a le défaut d’encourager une écriture idiomatique, guitaristique. J’ai vite l’impression de redire des choses mille fois entendues quand je compose sur la guitare. Dans ce processus cérébral encouragé par le piano réside une belle part de mon plaisir, et peut-être aussi ma prétention. Claudie a également œuvré dans ce sens en composant l’arpège de « Vendémiaire » au piano.

Les teasers vidéo – magnifiques, bravo – laissaient supposer une configuration minimale et adaptée aux futurs shows. La poupée Guillaume apparaîtra-t-elle vraiment sur scène ? Les shows Guillaume seront-ils thématiques ? Se vouent-t-ils à la restitution de l’album ou pensez-vous y incorporer des contenus extérieurs au cru 2015 ?
Desireless : C’est tout à fait ça ! Nous serons trois sur scène. Nous avons déjà travaillé sur un squelette de mise en scène qui, pour le moment, se réfère à l’album. Mais nous connaissant, il est fort probable qu’il y aura des surprises…

Image de prévisualisation YouTube

> SORTIE : DESIRELESS & OPERATION OF THE SUN
Guillaume (Urgence Disk Records) (2015)
> WEB OFFICIEL
desireless-voyage.wix.com/official-site
www.aureche.com

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