Delerium – Interview bonus Obsküre Magazine #12

30 Déc 12 Delerium – Interview bonus Obsküre Magazine #12

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #12 (novembre / décembre 2012), www.obskuremag.net publie les extraits restés inédits de notre entretien avec Bill Leeb, cofondateur de Front Line Assembly et maître à bord du vaisseau electro-world à potentiel mainstream, Delerium. Secondé en ces lieux par l’indéboulonnable Rhys Fulber (FLA), Leeb a couché une collection de chansons hypnotiques et veloutées sur le nouvel album de Delerium, un Music Box Opera dont il complète les présentations pour www.obskuremag.net, tout en précisant les contours du futur proche de Front Line Assembly.

Obsküre Magazine : Les aspects pop et dansants de la musique sont assez marqués sur Music Box Opera. Est-ce un moyen de compenser, dans le temps, les dimensions plus dures de la musique tu développes à travers d’autres projets ? Je pense évidemment et essentiellement à la FLA à travers cette question (N.D.L.R. : elle lui est posée au moment où Front Line Assembly publie la bande originale instrumentale composée pour le jeu vidéo AirMech)…
Bill Leeb :
Delerium doit absolument dessiner une ligne qui le rende différent de FLA ou d’autres projets que nous développons. Je pense qu’il est important pour moi, en tant qu’artiste, d’être en mesure d’exploiter les deux côtés de ma cervelle pour rendre tout cela le plus logique et cohérent possible. Je ne pense donc pas qu’il y ait quelque chose comme une lutte entre les deux, car ils sont complètement différents. Je ne ressens pas vraiment non plus, en conséquence, qu’il y ait de rapport de « compensation » entre les deux : Delerium est censé être éthéré et ambiant, l’autre projet sombre et agressif.

Music Box Opera est très fourni et fonctionne bien. Il apparaît comme une unité, en dépit de la pluralité des invités… Mais durant le processus de sa fabrication et au regard du nombre des intervenants, au chant notamment, n’as-tu jamais craint qu’il perde de la cohérence au final ?
Non. Je pense que nous sommes restés en mode « Delerium » avec ce disque : nous avons aspiré tout du long à conserver l’aspect éthéré et onirique du son, et le fait que les voix féminines dominent l’ensemble a sans doute contribué à ce que l’album ait au global un type spécifique de son. C’est vraiment important de garder Delerium dans cette zone-là.

Dans ta collaboration avec Rhys Fulber, existe-t-il aujourd’hui des différences notables dans ce que vous faites ensemble entre le cadre « Delerium » et le cadre « FLA » ? Crois-tu conserver un niveau de contrôle personnel supérieur sur Delerium ?
Le travail avec Rhys en studio n’occasionne jamais de problème, d’aucune sorte. J’ai pour habitude de venir avec quelques accords, des échantillons, de la musique ou des idées de chanson et derrière, Rhys applique à ces sources sa magie technologique. Il contribue aussi à faire grandir la musicalité. Nous grandissons en tant qu’artistes en nous retrouvant en studio. C’est sans doute pourquoi cela a fonctionné si longtemps : il n’y a pas de rapport de contrôle poussé sur un aspect entre nous, pas de hiérarchie de cet ordre.

Quelques questions liées à l’activité récente de Front Line Assembly, pour finir : la composition de la bande originale Airmech vous a-t-elle fait sortir de certains réflexes que vous auriez pu développer dans le cadre de la composition d’un album « classique » de FLA ?
La grosse différence s’impose évidemment sur le plan de la voix : pas de chant sur AirMech, de sorte qu’il ne devenait plus très important, dans ce contexte, d’essayer d’écrire des structures de « chansons »… ce qui peut prendre un certain temps ! Aussi, nous ne nous concentrions plus du tout sur le beat dance et l’élaboration de chansons dansantes, et ça a été un changement fort bien accueilli en interne : nous avions juste à devenir plus expérimentaux et atmosphériques. Nous avons également investi des champs récents de la musique dansante et électronique en frisant occasionnellement le dubstep ou en imbibant notre son d’autres influences… Aller dans cette voie a offert à la fois un défi et une bouffée d’air frais.

Y aura-t-il un nouvel album « classique » de FLA en 2013 ?
Nous visons en effet la sortie d’un album studio. Nous avons quelques nouvelles surprises en magasin dont je ne puis parler pour l’heure, mais les fans seront très agréablement surpris. Nous espérons également venir en Europe en 2013.

> SORTIE
– DELERIUM – Music Box Opera (Nettwerk) (2012)

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