Dekad – Interview bonus Obsküre Magazine #26

15 Nov 15 Dekad – Interview bonus Obsküre Magazine #26

Il est bon ce nouvel album de Dekad. Un bon petit goût de Revenez-y, des chansons tout autant que des morceaux, avec lignes mélodiques entêtantes, tout en finesse. Une raison de plus pour gagner un bonus !

Sylvaïn Nicolino pour Obsküre : Tu inscris ton disque dans une façon de faire bien affirmée. Je pense à cette lignée internationale de la synth-pop des années 2000, avec Mesh, Covenant, VNV Nation ou And One. Ton son est à leur hauteur.
JB : C’est vrai que les groupes que tu cites font partie de mon background musical. Ça se ressent forcément quelque part dans mes morceaux, même si je m’efforce de m’en éloigner. On pourrait ajouter De/Vision, Massive Attack ou Haujobb qui reste pour moi LA référence ultime.

Par contre, tu oses placer une pointe de vocoder sur « Tied up », c’est un pari ? Réussir à faire sonner cet effet trop entendu ? Jouer à actualiser cette lignée ?
Depuis que Dekad existe, j’ai toujours mis du vocoder dans mes morceaux. Sur « Tied up », je voulais vraiment que le vocoder vienne appuyer le chant sur les refrains, comme pour un duo. Et effectivement, il faut savoir doser cet effet sinon, tu as vite fait de tomber dans le cliché.

Que signifie l’artwork explosé et précieux, interstellaire du disque ? Quelles idées avais-tu transmises à phaSme ?
Ce visuel reprend l’idée du cliché parfait pris au bon moment. En l’occurrence, cela pourrait représenter notre petit monde qui vit pour l’instant sous cloche, à la seconde où il implosera…

Le morceau « Hate » reste à la frontière du sexuel, dans la suggestion au niveau des paroles. Pourquoi est-ce si difficile de décrire un orgasme aussi paradoxal (je jouis, mais je te hais) ?
Le but du jeu est de suggérer l’acte sans être trop cru. Ce qui m’intéresse, c’est de comprendre ce rapport désir / haine. Qu’est-ce qui fait qu’un être humain apparemment équilibré peut se retrouver d’un jour à l’autre à la merci d’un autre. Quel mécanisme psychologique ou physique, le pousse vers cette personne alors qu’il sait très bien qu’en faisant cela il court à sa perte ? Il finit par haïr cette personne, par se haïr lui-même, sans pouvoir s’en passer car en même temps il en tire un plaisir coupable. Ce qui est fascinant, c’est de voir avec quelle facilité tu peux sombrer dans cette phase compulsive alors qu’hier encore tu étais persuadé de maîtriser ta vie. (Avant de m’attirer des ennuis, je tiens à préciser que ce morceau n’est pas tiré d’une expérience personnelle…)

« Searching » est clairement une réussite, c’est une chanson qui a été longue à sortir ?
Merci. Il doit y avoir quatre ou cinq versions différentes de ce morceau. Je me souviens que la toute première version que j’ai fait écouter à Member sonnait très Nitzer Ebb… J’ai choisi d’en faire une version plus pop, plus intimiste, avec un chant plus posé. Et puis le morceau est passé entre les mains de Pierre du groupe Foretaste qui en a fait quelque chose d’encore  différent en mettant plus en avant la mélodie. On est donc passé d’un morceau EBM à un morceau de « variété synthpop ».

 

A perfect Picture (BOREDOMproduct) (2015)
http://www.dekad.online.fr/

Be Sociable, Share!

Laisser une réponse