Death In Vegas – Interview bonus Obsküre #28

09 Juil 16 Death In Vegas – Interview bonus Obsküre #28

Suite de notre interview (parue dans Obsküre #28) avec l’âme de Death In Vegas : Richard Fearless, autour de son hypnotique nouvel album Transmission.

 

 

 

 

 

 

Obsküre Magazine : Transmission sort sur ton label, Drone. Est-il plus difficile dans le contexte actuel de posséder son propre label ?
Richard Fearless : Oui, il est difficile de trouver un équilibre financier, car les ventes de disques sont pratiquement inexistantes. Il est aussi compliqué de tout faire soi-même, les vidéos, le design… J’ai réalisé dix vidéos l’année dernière, cela représente beaucoup de travail. Mais c’est génial sur d’autres plans : je n’ai de comptes à rendre à personne.

Les fans peuvent parfois être frustrés – par exemple, je n’ai toujours pas sorti l’album de mon autre groupe, Black Acid. C’est pourtant l’un des meilleurs disques que j’ai pu faire… Mais j’enregistre tant de musique.
Je travaille sur le long terme en fait, je ne me préoccupe pas vraiment du moment présent. Je suis un artiste, tout ce que je souhaite faire, c’est de continuer à créer, pour garder mon équilibre. Du moment que je crée de la musique, tout va bien. Je peux faire en sorte que cela me rapporte une contrepartie financière, c’est très utile, mais ce n’est pas l’objectif principal.
Je pense que les choses doivent changer au sein de l’industrie musicale. La musique a perdu sa valeur. Nous ne verrons sans doute plus de nouveaux David Bowie, car le soutien au développement des artistes a disparu. Impossible de se concentrer sur sa créativité, au lieu d’essayer d’obtenir cent mille likes sur Instagram… Les choses sont plus positives en France, beaucoup d’efforts ont été faits au niveau de la scène live. Le gouvernement britannique, lui, a été lamentable. Cependant, à un autre niveau, les diverses restrictions budgétaires ont produit une nouvelle scène musicale très dynamique. À mon sens, le mouvement le plus prometteur actuellement en Angleterre n’est pas l’indie, mais l’urban music, qui est similaire au punk : elle concentre plus de colère, elle a plus de chien.

Pour revenir à mon cas personnel, mon activité de DJ m’a financièrement aidé à développer mon label Drone.

 

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Tu travailles en effet sur plusieurs fronts : tu es DJ, tu crées de la musique avec Death In Vegas, en solo, etc. … Comment articules-tu ces différentes activités ?
Pour la première fois, cela me semble aujourd’hui plus facile. Tous ces projets sont maintenant plus connectés les uns aux autres qu’ils ne l’ont jamais été. Depuis vingt ans, mon travail de DJ a toujours été basé sur un certain son venu de Detroit. Les disques que je réalisais parallèlement avec Death In Vegas étaient un peu comme des enfants illégitimes. Aujourd’hui, le nouvel album de Death In Vegas correspond à l’orientation de mon label Drone, et Drone, c’est totalement moi. Tous mes projets semblent avoir beaucoup plus de cohérence. Je n’ai plus besoin de compartimenter autant les choses, d’expliquer aux gens mes différentes activités.

 

Tu viens assez souvent te produire dans notre pays, ressens-tu une connexion particulière avec la France et avec tes fans français ?
Je ne sais pas pourquoi, mais nous avons toujours eu en France un réseau de fans très enthousiastes. Lorsque j’ai fondé Death In Vegas, je sortais d’une école d’art, et le groupe avait une dimension très visuelle. Je pense que cette caractéristique a été très bien reçue en France.

 

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Black Acid (N.D.L.R. : side-projet nettement plus « rock » de Richard Fearless) est-il toujours d’actualité ?
Non… En fait, je ne sais pas vraiment quelles décisions je vais prendre concernant Black Acid. L’album est terminé ; il ne s’agit pas du disque auquel les gens pensent, car je l’ai entièrement réenregistré. Rien à voir avec les morceaux que certains pensent avoir entendus. Je travaille actuellement sur une compilation pour Drone, et je pense que ce sera un moyen de promouvoir des musiques un peu différentes sur le label. Mais je ne compte pas sortir l’album de Black Acid sur Drone pour le moment, ça ne collerait pas. Et je ne veux pas confier le disque à qui que ce soit d’autre, donc… L’année prochaine, ce projet Black Acid aura dix ans, ce sera peut-être le moment (rires) ! C’est un album très spécial.

 

Quels sont tes projets immédiats, tu vas donc privilégier Death In Vegas ?
Oui, absolument. Je compte enregistrer de nouveaux morceaux avec Sasha Grey, et me pencher sur les futurs live shows. J’ai également terminé un autre disque que je sortirai sous le nom de Richard Fearless. Je travaille aussi sur un album live… Tant de choses (rires) ! Il faudrait que je cambriole une banque, pour injecter un peu plus d’argent dans le label et pouvoir sortir d’autres disques !

 

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