Death In June – Interview bonus Obsküre Magazine #15

15 Mai 13 Death In June – Interview bonus Obsküre Magazine #15

Durant notre entretien avec Douglas Pearce de Death In June pour la sortie des Snow Bunker Tapes, nous avons aussi abordé d’autres sujets comme les révélations récentes de Boyd Rice, la musique de Somewhere In Europe ou la personne qu’est Douglas aujourd’hui. Voici la substance exclusive au site web, qui n’a pas été publiée sur les deux pages consacrées à Death In June dans Obsküre Magazine #15 (mai / juin 2013, en kiosques à partir du 9 mai).
Photos : Cyril Joseph

Obsküre Magazine : Tu as déjà dit que l’interprétation de tes textes devenaient parfois plus claires des années après les avoir écrits. As-tu eu le même genre d’expérience avec Peaceful Snow ? Certaines paroles sont-elles plus claires aujourd’hui trois ou quatre ans plus tard ?
Douglas P. : Non. C’est peut-être trop tôt mais la raison pour laquelle les albums Peaceful Snow et The Snow Bunker Tapes ne sont pas accompagnés des paroles est qu’encore aujourd’hui je ré-entends les textes de certaines chansons et l’interprétation est toujours ouverte, même pour moi – et je les chante ! Cela m’a frappé quand j’ai commencé à écouter les versions originales à la guitare. Je me suis rendu compte comme certains textes avaient changé et muté quand ils furent enregistrés pour Peaceful Snow. Les deux albums sont comme le jour et la nuit non seulement dans l’approche musicale mais aussi dans l’atmosphère qui colore elle même les paroles.

Quel est le rôle de l’artiste selon toi? Les concerts sont souvent des moments intimes où tu demandes au public les morceaux qu’ils veulent et que tu leur joues.
Je ne suis pas certain de ces « moments intimes » dont tu parles, vu que je vois les performances de DIJ aujourd’hui plus comme des rituels communautaires et des possibles célébrations entre le public comme un tout et le groupe. Après trente-deux années en zones inondables, nous sommes toujours à la surface, nous tenons le coup et nous sommes toujours ensemble ! Il y en a beaucoup qui ont chuté en cours de route, mais dans ces soirées particulières, nous sommes ceux qui ont survécu et de nouvelles personnes arrivent, qui ont décidé de monter à bord ou de marcher à nos côtés. Dévier d’une setlist établie de chansons dans de telles circonstances et demander si quelqu’un aimerait entendre quelque chose en particulier me semble normal.

DIJ est aussi devenu un sorte de marque publicitaire underground. De jeunes groupes collent le nom de DIJ à côté du leur pour vendre. Comment le ressens-tu ?
Je m’en moque, et je trouve cela plutôt flatteur, bien que je pense que ce soit surtout les journalistes et les distributeurs qui étiquettent les groupes de la sorte pour que les gens qui ne connaissent pas ces nouveaux venus aient des points d’encrage quant à quelque chose qu’ils connaissent déjà. Cela dit, je pense que cela ferme autant de portes que cela peut en ouvrir à ces nouveaux groupes.

Qu’en est-il du Douglas Pearce d’aujourd’hui. Ressens-tu toujours le besoin de raconter des choses ? Es-tu en train de penser à de nouvelles chansons, une nouvelle direction musicale ?
A vrai dire, non. Ce temps ne s’est pas encore déclaré ; et est-ce qu’il reviendra ou pas reste à voir. Des choses continuent à être écrites mais il n’y a rien encore de cohésif. Rien de nouveau n’a attiré mon attention pour le moment.

DIJ 01

Boyd Rice a dit sur sa page Facebook officielle qu’il n’y aurait jamais d’autre collaboration entre lui et toi. Est-ce que cela relève d’un accord commun?
Je crois que Boyd Rice a dit bien plus que cela, tu es plutôt diplomate quant à cette occurrence étrange. Après ma surprise initiale quant à cette déclaration soudaine sur le www, je l’ai vu pour ce que c’était – un événement NON. Depuis 1989, j’ai vu plus de ces événements NON que quiconque sur cette planète, en dehors de Boyd bien sûr, donc je l’accepte en tant que tel et cela ne me pose pas de problème. Je suis sûr que cela préfigure une autre annonce pour un événement NON encore plus gros dont on va bientôt entendre parler. Cela n’aurait aucun sens sinon.
En dehors de cela, l’ironie est que j’étais sur le point de lui dire qu’on nous avait offert de faire une tournée en Europe de vingt, trente concerts autour de la collaboration DIJ et Boyd Rice Alarm Agents plus tard dans l’année, qui culminerait avec une tête d’affiche proposée au festival Runes & Men Mk II de Dresde en Octobre/Novembre. Il était probablement au courant de cette offre pour faire deux ou trois dates en Ukraine et en Russie, mais ça c’était quelque chose en plus, plus gros et il m’avait demandé d’organiser quelque chose de la sorte la dernière fois que nous avons parlé au téléphone il y a quelques mois. L’idée du Runes & Men Festival  Mk II en général était de se concentrer sur les groupes américains issus de cette « scène » comme Blood Axis, Awen, Luftwaffe, Cult Of Youth, Thomas Nola et Son Orchestre etc. Sans que je sois mis au courant, Boyd a apparemment décidé que notre collaboration était « périmée » donc la tournée Alarm Agents et l’invitation de Boyd au Runes & Men Festival semble avoir été jetée par la fenêtre. Quel dommage !

Pour finir, j’aurais voulu en savoir plus sur le groupe Somewhere In Europe. Tu avais sorti le CD Gestures sur NER et c’est très difficile d’obtenir des informations sur eux. Sont-ils toujours dans la musique ? Comment se sont-ils retrouvés dans DIJ à l’époque de The World that Summer/Brown Book? Peux-tu nous en dire plus sur Andrea James et David Tiffen?
David et Andrea ont suivi DIJ en Angleterre dès les tout débuts. Ils ne faisaient pas partie du public de Crisis que nous avions hérité initialement. Ils avaient un fanzine musical arty qui s’appelait Certain Gestures dans lequel on pouvait trouver le tout premier article sur Death In June, et ils ont aussi fait la première session photo officielle du groupe. Ils avaient au moins dix ans de plus que nous et ils avaient vu des concerts du début de Pink Floyd à l’époque de Syd Barrett, les débuts des Rolling Stones, des performances rares et bizarres des Beatles, ils connaissaient très bien Gilbert & George – qui comptent parmi mes artistes préférés – et étaient en contact direct avec eux. Ils connaissaient aussi William Burroughs et pour je ne sais quelle raison David et Andrea étaient aussi attirés par Death In June! Ils se sont présentés à un de nos premiers concerts et j’ai appris à les connaître assez vite et j’ai socialisé et interagi avec eux pendant les presque vingt années qui ont suivi. Nous étions plutôt proches et j’ai joué sur certains de leurs albums tout comme Andrea a joué la basse et chanté sur The World that Summer. Étrangement, une des dernières fois que je les ai vus était à l’hiver 1998 quand Boyd et moi-même logions dans leur maison dans la campagne anglaise. Nous étions tous très joyeux et très imbibés d’alcool et vu que l’hiver était très rude cette nuit là, ils ont commencé à allumer des feux dans les autres pièces de la maison où nous ne nous trouvions pas. Malheureusement, une de ces chambres a plus tard pris feu et je crois que David et Andrea nous ont suspecté, Boyd et moi, même d’en être la cause. Je crois que je les ai vus une fois de plus ensuite quand je leur ai donné une enregistreur cassette à bobines Revox professionnel que je ne voulais plus et je n’ai plus entendu parler d’eux depuis. C’est juste devenu silencieux. Quoi qu’il leur soit arrivé, ils laissent derrière eux l’héritage glorieux que sont Gestures, The Iron Trees are in full Bloom et Savage Dreams.

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