Dead Hippies – Interview bonus Obsküre Magazine #18

02 Jan 14 Dead Hippies – Interview bonus Obsküre Magazine #18

Projet auto-qualifié d’ « electro-rock & noisy-dance & cinematic music », Dead Hippies est mené par Arnaud Fournier (membre de Hint et fondateur de La Phaze). Le groupe a sorti son premier album et, sur scène, vise une performance puissante et dansante axée sur la présence de quatre guitares Fender Jazzmaster, soutenues par un authentique environnement vidéo. Obsküre Magazine #18 (novembre / décembre 2013) avait publié une partie de notre entretien avec Fournier, et voici ce qui n’est pas dans le magazine.

Obsküre Magazine : Le projet est-il vraiment né début 2013 comme mentionné sur Facebook ou Dead Hippies était-il déjà en plan avant cette période ?
Arnaud Fournier :
J’ai commencé à bricoler tranquillement en 2011 pendant les tournées de La Phaze, puis le projet s’est dessiné dans ma tête en 2012. J’ai commencé à structurer mes compositions et faire des sessions studio. Fin 2012, à l’arrêt de La Phaze, je me suis plongé à 100% dans Dead Hippies pour finir l’album, trouver les partenaires et musiciens pour le live.

Le line-up live de Dead Hippies est-il une extension du line-up studio, et ce line-up de scène est-il susceptible de mouvements internes dans ton esprit, ou considères-tu les trois autres guitares comme des piliers de la démarche ?
En studio, j’ai tout fait seul, à part quelques percussions. Pour le live, j’ai appelé quelques potes guitaristes auxquels je transmets les parties à jouer. Ce système donne un côté pérenne au projet. Quand un guitariste n’est pas disponible, je peux le remplacer par un autre ; ce qui est très bien au vu des plannings de chacun. Il y a Julien Camarena du groupe dark-shoegaze Unison ; Fabien Martin, qui jouait dans Urge, le « Godflesh angevin » ; et Jean-Michel Audoire, qui jouait les batteries dans The Drift et sur certains titres de Hint. L’équipe est sur Nantes, Paris et Berlin. On répète donc à distance ou en session de résidence dans des salles françaises.

Pourquoi le choix de la Fender Jazzmaster ? Y’a-t-il dans le recours à cet instrument une démarche, un symbole caché ou répond-il simplement à des critères de réponse et de dynamique dans le son recherché ? Tu aurais tout aussi bien pu diversifier le matériel, histoire de démultiplier les types de sources et donc les possibilités de traitement…
Je joue sur ma Jazzmaster depuis quinze ans, et j’en suis dingue. C’est une guitare hyper complète, qui a du gras et du tranchant, et qui permet de jouer même « en-dehors des cases ». C’est la guitare emblématique de la noise. Pour Dead Hippies, c’est un délire qui est devenu un concept : chaque guitariste est équipé d’une Jazzmaster et de deux amplis vintage. Mais chacun a son propre son, avec ses amplis (tous différents) et ses pédales d’effets.

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Y’a-t-il à travers Dead Hippies l’espoir d’un « long terme », si tant est que le marché de la musique nous permette encore de l’envisager, ou a-t-on affaire ici à une pulsion fugace, quelque chose dont la répétition dans le temps n’est pas forcément envisagée ?
Oui, bien-sûr, c’est un projet personnel à long terme, qui pourra muter selon mes envies. Je ne me mets aucune barrière, …et peu importe le marché très difficile. Je suis conscient que mes titres ne rentreront jamais en rotation lourde dans les médias. Je n’écoute que mon envie, sans aucun calcul ; j’ai pris le maquis !

Sur le simple critère de l’efficacité, comment comparerais-tu Dead Hippies à Hint ? J’ai le sentiment que ce critère oppose les deux projets, Dead Hippies me semblant plus direct et immédiat, moins « psychique » que Hint…
En effet, Hint est beaucoup plus introspectif, méditatif et expérimental, et c’est l’alchimie particulière entre Hervé et moi. Dans Dead Hippies, il y a le côté « coup de poing dans la gueule », un mur du son (avec les 8 amplis), un schéma pop dans la construction des titres et des rythmes simples et efficaces. Il y a quand même de vrais ponts entre les deux projets, notamment sur les titres plus cinématiques de l’album. Et mon jeu de guitare est toujours le même.

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Par quoi passera la « mise en images » live de $Kill me Sweety$ ? Qu’est-ce qui fera l’originalité de la démarche du collectif MxM, qui en est en charge ?
Cette rencontre avec Cyril Teste et le Collectif MxM est une chance fabuleuse pour moi. C’est un collectif très créatif, qui crée des spectacles incroyables, mêlant vidéo, musique et théâtre. Dead Hippies constitue un petit laboratoire rock’n’roll qui les sort de leur circuit habituel de l’art contemporain. Dans un premier temps, ils m’ont fourni une superbe banque d’images : court-métrages, vidéos de leurs spectacles… et m’ont laissé carte blanche pour les monter et les synchroniser sur ma musique, pour les projeter sur un écran derrière le mur d’amplis. Ils ont aussi fait les artworks de l’album. Dans l’avenir, il est question de faire un clip $in situ$, et de créer un vrai spectacle mêlant de manière interactive Dead Hippies et MxM. Reste à faire coïncider les plannings, ce qui n’est pas facile.

> SORTIE : DEAD HIPPIES
Kill me Sweety (Kshantu) (2013)
> WEB OFFICIEL
– DEAD HIPPIES – Facebook
– HINT – Facebook
– MxM – www.collectifmxm.com

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