David Bowie : notre nécrologie

11 Jan 16 David Bowie : notre nécrologie

A 69 ans, quelques  jours seulement après la sortie du tristement prophétique et post-jazzy Blackstar, David Bowie est mort d’un cancer, en partie caché au public. En effet, les rumeurs de maladie s’auto-détruisaient du fait de la santé apparente de l’artiste.

Bowie était entré dès le départ dans les pages des grands journaux et magazines. Sa beauté androgyne, ses talents, ses fréquentations, sa pensée, son art enfin avaient fait la jonction entre plusieurs mondes : celui des musiques alternatives (pop, glam, rock industriel, ambiant… pour n’en citer que quelques-unes), celui de la nuit, celui de l’art moderne, celui du cinéma.

Bowie, c’est une vie toute entière tournée vers l’Art. Le sien, protéiforme, et celui des autres. De ces regards portés sur le monde, il a su, depuis bien trente ans, tirer ce qui lui permettait de toujours se dépasser (à partir des années 80, on entre dans le Bowie qui se transforme en se servant de la modernité), de toujours être là, sans vieillir, artistiquement parlant. Les jeunes en appelaient à lui, jusque sur scène. Des dates communes avec Nine Inch Nails, dantesques, en 1995 : un exemple parmi d’autres.

david_bowie-par-anton-corbijn

Aimer Bowie, c’est partager avec d’autres, très nombreux. Pour nous, ce sera autant le Bowie qui a profondément influencé Peter Murphy, que le Bowie qui a su extraire le meilleur d’un Iggy Pop à l’abandon. Et puis, on se souvient de ses performances d’acteur : le Bowie magnifique de Furio ou celui des Prédateurs, celui plus étonnant de Labyrinthe

Comment ne pas penser aussi à ces films qui ont choisi un ou plusieurs morceaux de Bowie pour magnifier leurs images ? Evidemment, Lost Highway de Lynch, mais aussi le mainstream Seul sur Mars (avec le morceau « Starman ») ou encore le superbe teenage movie The Perks of being a Wallflower dans lequel « Heroes » résonne pour un trajet libérateur en voiture… Trois choix parmi tant et tant de films, pas forcément liés à la musique glam.

Bowie avait outrepassé son quart d’heure de gloire des années soixante et soixante-dix, capable de se réinventer sans cesse, homme caméléon musicalement, tout autant qu’il l’était sur le plan visuel.

Provocantes et belles, drôles, décalées et réfléchies, ses diverses tenues en appelaient à la mode et aux arts du spectacle. Là encore, on songe à ces hommages multipliés encore ces dernières années, comme par exemple la pochette du Cold Diamonds d’Adan & Ilse… Il serait facile de rédiger une nécro sur la répétition des « sans lui, pas de néo-romantisme, pas de post-punk, pas de… »

Nous finirons seulement par un : « Maintenant, c’est sans lui ».

> À écouter :

– The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars (1972)

– Diamond Dogs (1974)

– Station to Station (1976)

– Heroes (1977)

– Let’s dance (1983)

– Outside (1995)

– Earthling (1997)

– Heathen (2002)

– Blackstar (2016)

Les deux photos sont d’Anton Corbijn

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