Corpus Delicti – interview (bonus Obsküre Magazine #9)

15 Mai 12 Corpus Delicti – interview (bonus Obsküre Magazine #9)

Pour réaliser la rubrique Diskögr présente dans le #9 d’Obsküre Magazine (mai-juin 2012, en kiosques depuis vendredi 11 mai), nous sommes allés à la rencontre des ex-Corpus Delicti. Ils se se sont livrés. A l’heure où ces vaillants musiciens renaissent sous la forme du beau Press Gang Metropol, un projet plus orienté cold / new wave (premier album, Checkpoint, chez D-Monic), voici en bonus les réponses qu’ils nous ont faites sur le parcours du groupe gothique culte niçois, et que nous n’avions pas insérées dans l’article.

Obsküre Magazine : Franck, tu mentionnes dans notre magazine les bars qui vous servaient de repères à Nice, est-il possible pour ce supplément de mentionner leurs noms ou même le nom d’un propriétaire ?
Franck : Alors, il y avait Le Transformer tenu par Michel Warzee… C’était un bar bien rock’n’roll… Des groupes pouvaient s’y produire : il n’y avait aucune règle. C’était bien ! Il y avait aussi le Findlater où sévissait DJ FrankXerox, le Subway, le News, puis Le Poste de Radio avec DJ Steed ou Tonio. C’étaient des clubs bien branchés ; on y a passé quelques bonnes soirées aussi. En cafés, il y avait le café La Civette, Cours Saleya, au soleil. Sandrine, une des serveuses qui y travaillait était notre Siouxsie niçoise !
Enfin, il y avait quelques petites salles de concerts, qui ont malheureusement disparu, comme Les Résolus, le Théâtre 12, le Balzac et une magnifique salle : Le Capitol, un peu comme le Royal Albert Hall londonien ! Oui, oui, c’est vrai…
Même les concerts dans les facultés ont cessé… C’est assez absurde je dois dire. À l’époque de la vague Manchester debut 90, et de la dreampop shoegaze, le milieu était très actif à Nice mais les mairies successives ont fait en sorte de calmer tout ça. Ça a bien marché et maintenant, c’est simple, il n’y a plus rien ! Il serait peut-être temps de changer… Depuis cinquante ans, on se croirait dans une république bananière où les mandats se passent de père en fils…

Sébastien, tu dis que c’est l’album Obsessions que tu réécoutes le plus souvent, est-ce parce que tu le qualifies d »apaisé » ou pour une autre raison ? L’écoutes-tu en famille ?
Sébastien :
C’est d’abord parce que je trouve que c’est celui qui semble le moins « daté ». J’aime bien aussi la mélancolie qui se dégage de certains titres comme « Motherland » ou « Lies Spoken ». Est ce que je l’écoute en famille ? Oui, presque vingt ans après, sans problème… si tu fais allusion aux aventures tumultueuses relatées dans certains titres (tu as dû lire la bio, toi !). Et puis mon fils Elliot qui a neuf ans est fan de Corpus et écoute souvent – bien plus que Kuta, il trouve ça trop mou – et s’éclate bien en regardant sur YouTube les documents d’époque ! Noé, deux ans, est plus ancré dans le présent et ce qu’il préfère, c’est Press Gang Metropol. Un jeune de son temps quoi !


Chris, votre progression créatrice était-elle bloquée en partie par ce qu’était devenu Corpus Delicti ? La scène vous empêchait-elle de réellement proposer une musique différente sous le même nom ? Je pense par exemple aux carrières variées de Clair Obscur, des Tétines Noires ou de Morthem Vlade Art.
Chris :
Peut-être… Je me suis toujours senti libre de faire ce que je voulais en terme de compos, mais il est vrai que quand nous avons voulu évoluer avec syn :drom, notre public ne nous a pas suivis. Il ne retrouvait pas ce qui faisait pour lui l’essence de Corpus Delicti. Notre évolution a été sans doute trop brutale. Nous pensions que les gens nous accompagneraient dans notre progression musicale, mais nous avions trop la tête dans le guidon. Pas assez de recul. De toute manière, après Obsessions, nous aurions dû faire un break d’au moins un ou deux ans, et puis voir après si nous pouvions reprendre l’aventure… Enfin ça, c’est la relecture idéale quinze ans après !

Et le livre sur vous, sorti chez Camion Blanc, comment le vivez-vous ?
Sébastien :
D’abord, que les choses soient claires, ce n’est pas une demande de notre part, et nous étions tous un peu surpris quand Tony, l’auteur de la bio, nous a contactés pour nous parler de son projet… On se demandait bien ce qu’il allait pouvoir raconter sur plusieurs centaines de pages de notre courte existence, et qui allait le lire… Mais bon, je partais du principe que s’il y tenait vraiment, autant lui apporter notre aide et contribution. Évidemment aussi, il y avait une pointe de fierté d’avoir suscité, même auprès d’une seule personne, l’envie d’écrire un livre sur notre musique, sur une partie de notre vie. Ça, c’était avant de le lire et de commencer les entretiens avec lui. Me concernant, les premières pages m’ont vite emballé, l’écriture de Tony était différente, la bio avait un écho personnel par rapport à son auteur, que j’ai tout de suite adoré.
Au final, je suis très content de toute cette aventure, qui nous a permis aussi de faire le point sur cette époque de notre vie, notre rencontre avec Tony, le travail sur la maquette effectué avec Christophe et Valérie de Camion Blanc… et le plaisir de laisser à mes fils une trace écrite, en plus de celle musicale, de mon parcours.
Chris : C’est plutôt sympa… J’avais un peu peur au début que cela remue des souvenirs un peu douloureux, mais en fait pas du tout, ça a plutôt été l’inverse et je crois que cela a renforcé le rapprochement entre Seb et moi.
Sébastien : Press Gang Metropol, c’est différent même si nous sommes trois membres de la formation d’origine sur quatre. C’est sûr qu’il est hors de question de faire l’impasse sur Corpus, et au contraire, on prend vraiment plaisir à rejouer certains titres. Après, j’ai une confiance absolue en notre premier album « Checkpoint » et je veux que les gens comprennent bien que ce n’est pas Corpus. Des titres de Corpus Delicti que nous jouons en live, il y en aura mais pour moi, c’est du bonus. Je veux que les gens viennent aussi pour Press Gang Metropol !

À bon entendeur !

Label : D-Monic @
www.m-tronic.com

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