Collection d’Arnell-Andréa

24 Jan 11 Collection d’Arnell-Andréa

En complément de l’entrevue de la poétique formation française parue dans Obsküre Magazine #2, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné par le cofondateur Jean-Christophe d’Arnell à Emmanuël Hennequin, à l’occasion de la sortie du nouvel opus studio Vernes-Monde (Prikosnovénie). Ce nouvel album, imprégné de l’ambiance des bords de Loire, voit revenir le groupe à un propos moins frontal, plus intérieur que sur ses deux derniers albums studio.

Y a-t-il derrière Vernes-Monde l’idée de retrouver une épure, une aération dans le son ?

Oui absolument, mais sans pour autant retomber dans des « excès » néo-classiques ! Nous avons essayé de privilégier un son d’ensemble assez compact – il est par exemple souvent difficile de distinguer les lignes mélodiques des instruments à cordes de celles des synthés – plutôt qu’une mise en valeur de chacun des instruments, avec un traitement de la voix de Chloé très « éthéré » ; un peu dans l’esprit de ce nous avions fait à l’époque de notre premier album Un Automne à Loroy (1989), mais avec une qualité de son conforme à notre époque ! PE, l’ingénieur du son avec qui nous collaborons depuis l’album Tristesse des Mânes, nous a beaucoup aidés. Il a largement contribué à créer cette cohérence atmosphérique tout au long de Vernes-Monde. En fait nous avons vraiment pris beaucoup de temps pour le mixage, avec de longues périodes de questionnement, quant aux options à retenir : place des cordes par rapport aux synthés, niveau des voix, nécessité ou non des rythmes, de la guitare électrique… Aujourd’hui, les doutes sont définitivement levés, et nous trouvons la production, orchestration et mixage, en totale adéquation avec le thème principal de Vernes-Monde : sombre et limpide, dense et atmosphérique, propice à l’imaginaire et au spleen…comme les eaux troubles des étangs oubliés !

Tu diriges l’ensemble d’une certaine manière, puisque tu couches les premières trames, mais votre travail demeure collectif au final…
Il est important que chaque musicien puisse vraiment s’approprier chaque nouveau projet. Par exemple les membres du groupe ont rapidement manifesté leur intérêt, et leur désir de participer à la réalisation de Vernes-Monde, après l’écoute des maquettes. Ces dernières ne comportaient au départ que trois instruments : piano, voix et guitare acoustique. Je suis très attaché au fait que CDAA demeure, au fil des albums, une aventure de « groupe ».

L’anglais sied aussi bien à votre son que le français. Cette présence découle-t-elle d’un attachement à la langue de Shakespeare et à la littérature anglo-saxonne qui se renouvellerait pour vous ces dernières années, ou y’a-t-il là aussi la traduction d’une certaine sensibilité / culture musicale ?
Depuis notre premier disque, Autumn’s Breath for Anton’s Death (N.D.L.R. : sorti en 1988), qui comportait déjà deux textes en anglais sur quatre, nous avons toujours accordé une place à cette langue que nous affectionnons particulièrement. Du coup, il m’a toujours paru naturel d’écrire des textes en anglais pour chacun de nos albums et Vernes-Monde n’échappe pas à la règle avec quatre titres en anglais. L’explication de cet attachement tient essentiellement à l’empreinte indélébile d’une certaine culture musicale ! L’album The Bower of Despair fait un peu figure d’« exception », puisqu’il est intégralement écrit en anglais !

Photo : Stéphane Burlot (festival Dark Omen 2006)

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