Cheshire Cat (The Bouncing) – Foküs bonus Obsküre Magazine #11

15 Sep 12 Cheshire Cat (The Bouncing) – Foküs bonus Obsküre Magazine #11

Les filles de Cheshire Cat (The Bouncing), petit monstre sonore français s’arc-boutant sur chant, basse et batterie, sortent en octobre 2012 leur tout premier album sur le label spécialiste en musiques organiques et tortueuses, Alone Prod.
www.obskuremag.net publie ici les contenus restés inédits de notre entretien paru en foküs dans
Obsküre Magazine #11 (septembre/octobre 2012, en kiosques depuis le 8 septembre).
[Illustration (fragment) : Sabatel]

Obsküre Magazine : Les dessins de Sabatel ont-ils vocation à ne servir que le support physique « album » ou pensez-vous prolonger cette dimension visuelle sur scène ?
Sabatel :
Les dessins appartiennent à la musique et dialoguent avec elle par l’existence physique du CD, ce qui me fait toujours penser qu’un album est un carré d’art total. Les dessins permettent un autre rapport à la musique. Je pense que ceci est propre à « l’objet » album bien qu’il ne serait pas inintéressant de voir ce que cette dimension visuelle apporterait au live.
The Lady of Altamont : Il suffit de regarder le visage de Sabatel lorsqu’elle chante pour comprendre que toute son œuvre passe par son visage. L’œuvre est déjà présente sur scène

L’option qui est la vôtre du binôme musical n’implique pas forcément un minimalisme dans l’instrumentation… ce qui reste pour l’instant votre cas et, quelque part, votre marque de fabrique. Chez vous, la basse cumule les rôles de confort mélodique et rythmique. Croyez-vous possible l’enrichissement du spectre sonore par d’autres apports… que vous soyez responsables de ces apports ou pas, d’ailleurs ?
Sabatel :
Less is more ! Le temps nous permettra de dire si la formule doit s’enrichir ou pas. Les choses se font d’une manière naturelle et pas forcément préméditée, il faut laisser place à l’expérimentation, et faire des choix en avançant, sans pour autant se cantonner bêtement à un schéma musical. Nous avons essayé de composer avec d’autres musiciens et musiciennes, mais même s’il est plaisant de jouer à plusieurs, cela n’a jamais apporté plus que ce que nous voulions faire.

Tout s’est enchaîné rapidement pour vous, finalement… Les premières démos restent très récentes et voilà déjà l’album, aujourd’hui.
Le premier tournant pour notre groupe a été lorsque le label de Jacquy Bitch, Alone Prod, nous a invitées à jouer à Paris, aux Combustibles, proposant de nous signer à notre sortie de scène. Puis après une date avec Troubl’fait et Marchesa Casati en Belgique, Bernd, programmateur du festival Shadowplay, nous a proposé de devenir notre tourneur. Alone Prod et Jacquy nous ont fait confiance jusqu’au bout et cet album nous permet d’affirmer notre duo en tant que formation musicale à part entière.

Le genre batcave a « explosé » à une époque qui semble aujourd’hui lointaine. À son endroit, on a toujours tendance à focaliser sur une période charnière, comme en ce qui concerne l’idée punk par exemple. Voyez-vous pour le batcave – et hormis vous, si du moins vous vous situez dans cette tradition – une descendance dans le paysage musical actuel ?
Il serait hypocrite de nier cette descendance existante dans la scène actuelle, qu’elle soit francophone ou autre. La difficulté est d’être conscient de ces racines musicales sans pour autant qu’elles deviennent la cause d’une stérilité et d’une redondance infernales. Il faut arrêter de coller sur la musique certains mots, devenus avec le temps nécrosés et invalides. Le batcave a enfanté plusieurs générations de groupes, mais il serait dommage de les étouffer dans une nostalgie 80’s sentant trop souvent le renfermé.


[Photo – source : CC(TB) facebook]

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