Chaostar – Interview bonus Obsküre Magazine #15

04 Juin 13 Chaostar – Interview bonus Obsküre Magazine #15

Dire qu’Anomima, le nouvel album de Chaostar, nous a émerveillés, est euphémistique : c’est probablement la meilleure chose que le groupe ait enregistrée depuis sa naissance. Il faut dire que Christos Antoniou (Septicflesh) a su s’entourer, et que l’époustouflante chanteuse Androniki Skoula, recrue nouvelle et de grand standing, permet aux compositions symphoniques de l’artiste grec d’atteindre des sommets. Quoi de mieux qu’une atmosphère mythologique et une réflexion sur le péché pour inaugurer cette nouvelle ère de l’histoire de Chaostar ? En complément à l’interview parue dans Obsküre Magazine #15 (mai / juin 2013, en kiosques depuis le 9 mai), voici quelques propos complémentaires et inédits, toujours tenus par Christos et Androniki.

David Vincent de Mobid Angel et Fernando Ribeiro, chanteur de Moonspell, ont travaillé avec vous pour cet album. Il semble que Moonspell et Morbid Angel sont des groupes de metal vraiment importants pour vous : auriez-vous écrit les chansons sur lesquelles ils interviennent exprès pour eux ?
Androniki Skoula : Morbid Angel est un groupe légendaire, et Moonspell a imposé un genre à part entière, avec sa musique. Ce sont de grands groupes, et David et Fernando nous font un véritable honneur en collaborant avec nous. Cela étant, les titres étaient déjà écrits quand nous les avons invités. C’était mieux pour eux, parce qu’il leur était alors plus simple d’entrer dans la substance de chaque morceau. Grâce à leur expérience, ils ont ajouté leur chant de manière très personnelle, et le résultat final était totalement satisfaisant. Sur le morceau « Medea », nous pensions que la personne la plus appropriée pour créer l’atmosphère sombre et imposante que nous recherchions était David Vincent. Et l’ambiance gothique et frénétique de « Dilate the Time » appelait quelqu’un comme Fernando.

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À quoi renvoient les titres français « Les Réminiscences extatiques » et « L’Idée fixe » ?
Ah, enfin nous en venons au français – ma langue favorite. Je suis triste d’avoir perdu mon aisance dans cette langue que je parlais couramment, au fil des années ; je ne pouvais jamais y avoir recours, ici en Grèce. Néanmoins, grâce à l’opéra, je garde un niveau d’expression et un accent correct. C’est extrêmement important de préciser qu’en opéra, le français est probablement la langue la plus difficile à chanter ; les erreurs d’accentuation n’y sont pas admissibles. Pour ce qui est de nos chansons aux titres français, elles sont vraiment la moelle épinière de l’album. Elles évoquent les différentes appréhensions qu’on peut avoir d’un sujet spécifique, selon les points de vue. Un tremblement de terre est un phénomène physique. Ce même phénomène, il y a trois mille ans, était attribué à des combats de dieux. Aujourd’hui, les scientifiques connaissent les raisons géologiques qui provoquent un tremblement de terre. Cela nous conduit à conclure que les points de vue, dans bien des domaines, divergent, et dépendent de l’angle sous lequel nous les abordons. Cela concerne aussi l’amour. Nous partageons notre vie avec quelqu’un, nous vivons ensemble des moments d’extase (« Les réminiscences extatiques »), et puis nous nous rendons compte que nous avions une idée complètement différente des mêmes événements. On en arrive au débat et à la quête de Socrate de la « vérité », la seule et unique vérité. La « vérité qui prévaudra », comme le dit un titre de l’album (N.D.L.R. : « Truth will prevail »). « Les Réminiscences extatiques » pose la question, de manière non conventionnelle, de ce qu’est finalement la vérité. Qu’est-ce qui nous conduit à cette vérité ? Est-ce la connaissance ? La capacité à démasquer tout ce qui nous entoure et détecter la substance réelle ? Même les souvenirs d’extase qu’on a un jour partagés ne sont finalement pas les mêmes pour chacun de nous. « L’Idée fixe » est le titre qui possède tous les principaux motifs de l’album. Son nom renvoie à un terme musical qui désigne une phrase brève et récurrente. Parfois les thèmes apparaissent seuls, parfois en conjonction – et il est évident, à la fin de la chanson, que les motifs de « Medea », « Les Réminiscences extatiques », « MA » et « Un Pensiero per il Destino » partagent un dialogue frénétique.

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Quelle est la place de Chaostar dans vos vies de musiciens ? On dirait que c’est un peu le royaume dans lequel toutes vos influences classiques peuvent vivre et fleurir, prendre sans cesse de nouvelles formes – je pense notamment à « Truth will prevail » et son final electro dub.
Tout à fait. C’est un défi ; le champ où nous pouvons donner de nouvelles formes à notre background classique. Ce dernier se mélange à notre profond et incurable désir d’expérimentation. Et effectivement, « Truth will prevail » est un titre qui embrasse classique, ambient, electro et dubstep.

Le titre bonus « Canticles 2 » annonce-t-elle une orientation complètement electro dans le futur de Chaostar, un album entier de remixes, ou est-ce simplement une expérience isolée ?
Rien dans Chaostar n’est qu’une expérience isolée : même l’élément le plus infime tend à s’enraciner en nous.  Je n’aime pas trop catégoriser et séparer les genres, même si c’est nécessaire pour donner des idées précises aux gens, donc je comprends que tu poses cette question. Mais je crois fermement que chaque chose a sa beauté ; et celui qui peut détecter cette beauté, ou la mettre en valeur, c’est le véritable artiste. J’étais, et je suis toujours, une grande amatrice de musique electro, psychédélique et rave ; certains des sentiments que je ressens grâce à ce genre de musique sont insurpassables. Christian Cambas, un DJ qui figure parmi les meilleurs dans son domaine, a fait un très bon travail sur « Canticles » et prépare le chemin pour plus d’electro dans le son Chaostar. Pourquoi pas ? Quant à un album entièrement composé de remixes, nous n’y avons pas encore pensé pour l’instant.

Christos, est-ce que le travail sur Anomima a éloigné tes pensées d’un nouveau Septicflesh, ou peut-on en attendre un cette année ou l’année prochaine ?
Christos : L’enregistrement d’Anomima a eu lieu pendant l’été 2012. Maintenant, nous préparons un nouvel album de Septicflesh et entrons en studio cet été. Il y a un immense fossé entre ces deux albums. En ce moment, je me concentre entièrement sur l’album de Septicflesh et sur un gros projet de concerts pour l’année prochaine.

Chaostar - Anomima

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– CHAOSTAR – Anomima (Season Of Mist) (2013)
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