Cécile Guillot – Interview bonus Obsküre Magazine #20

04 Mai 14 Cécile Guillot – Interview bonus Obsküre Magazine #20

Avec le recueil de nouvelles Belladonna, Cécile Guillot fait le point sur plusieurs années d’écriture dans le domaine du fantastique et de la fantasy, particulièrement porteuses, notamment, concernant les recherches fictionnelles autour de la figure de la sorcière. En complément à l’interview publiée dans Obsküre #20, voici de quoi mieux cerner les influences de Cécile et la construction de son univers littéraire.

Comment l’opportunité de rassembler tes nouvelles dans un nouveau recueil chez Lokomodo s’est-elle présentée ?
Cécile Guillot : Les éditions Cauchemars ont fermé quelques mois après la sortie de mon recueil À l’ombre des pleurs, j’ai donc envoyé – sans trop y croire –  mon livre à Peggy, éditrice chez Lokomodo, pour une éventuelle réédition. L’acceptation de mon manuscrit a été une très bonne surprise.

Comment as-tu pensé la composition, la logique structurelle du recueil ?
Nous avons décidé de garder les nouvelles rassemblées par livres, d’abord À l’ombre des pleurs, puis Là où s’élèvent les sorcières puis enfin les quelques autres histoires bonus. Nous voulions surtout que les textes de Là où s’élèvent les sorcières restent ensemble, car ils forment un tout, éparpillés au fil d’un recueil, ils auraient sans doute perdu de leur intérêt et de leur charme.

Quand les nouvelles inédites ont-elles été écrites ? Exprès pour Belladonna ?
Il y a deux histoires inédites, l’une a environ trois ans et a été écrite lors d’un stage pour animer des ateliers d’écriture. L’autre a été écrite au mois de décembre 2013 et tout spécialement pour Belladonna. À la base, je voulais explorer le thème des gargouilles et finalement l’inspiration est venue pour une nouvelle à propos de la fête des Morts au Mexique.

Parmi tes influences en littérature sorcière, tu cites la Sara de Marion Zimmer Bradley. Pourrais-tu nous en dire plus sur ce roman ?
Pour être honnête, c’était plus un clin d’œil à l’utilisation presque abusive de ce prénom dans les romans de sorcellerie, Sara n’étant pas le meilleur livre de Marion Zimmer Bradley. Je conseille plutôt Adagio pour une ombre, qui appartient à la même série, où l’on suit les aventures d’une psychologue pour enfants qui doit apprendre la magie blanche pour se défendre contre des attaques surnaturelles, et qui rencontre un musicien sombre et torturé. L’auteur a su écrire une histoire moderne tout en y distillant une atmosphère gothique digne des auteurs du XIXème siècle. Et puis, comment ne pas citer aussi son cycle très connu Les dames du lac, qui représente une initiation intéressante au féminin sacré et au culte de la Déesse ?

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Et le cycle des sorcières d’Anne Rice est-il important pour toi ?
Je l’ai lu et ai apprécié le côté purement littéraire – comment ne pas aimer un Anne Rice ? –, mais j’avoue avoir été déçue par la figure de la sorcière qui est présentée. Les sorcières Mayfair sont liées à un esprit (incarné dans un corps d’homme) ce qui me semble une approche très chrétienne. Comment ne pas penser au pacte avec Satan ? Je préfère les visions plus païennes, plus en lien avec la nature, et je préfère penser que la femme peut avoir son propre pouvoir intérieur et non pas avoir besoin de le chercher ailleurs (et surtout pas dans une figure masculine ! (humour) )

Ton style d’écriture est extrêmement clair ; simple et agréable. Te considères-tu comme une conteuse, une raconteuse d’histoires ?
J’écris sans me poser de questions et j’ai beaucoup de mal à avoir du recul sur ce que je fais. Je me considère juste comme une personne qui partage les petites histoires qui lui passent par la tête et suis toujours étonnée quand les lecteurs me contactent pour me parler avec enthousiasme de mes livres.

Quels sont tes futurs projets d’écrivain ?
Je travaille actuellement sur le tome 3 de ma trilogie Fille d’Hécate. J’ai un feuilleton numérique qui va bientôt sortir au Chat Noir : The Pink Tea Time Club. Il s’agit d’une série de nouvelles steampunk plutôt légères et girly, mais comprenant de nombreuses références aux œuvres du XIXème siècle. Je prépare également un roman graphique avec l’illustratrice Mina M. (N.D.L.R. : illustratrice de la couverture de Belladonna), son titre est Willow Hall et il se veut résolument gothique. J’ai aussi commencé la rédaction d’un roman fantastique se déroulant dans l’univers du cirque. Enfin, parmi tous les projets qui fourmillent dans ma tête, j’ai une petite histoire chick-lit, mais assez rock, qui me harcèle pour que je la couche sur papier.

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> SORTIE : CECILE GUILLOT
Belladonna (Lokomodo) (2014)
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