Carlos Cipa – interview (bonus Obsküre Magazine #10)

23 Juil 12 Carlos Cipa – interview (bonus Obsküre Magazine #10)

En complément de nos échanges avec Carlos Cipa publiés dans Obsküre Magazine #10, www.obskuremag.net publie ici quelques bribes inédites, évocatrices de la sensibilité exacerbée du jeune pianiste allemand. Attachant.

Obsküre Magazine : Sur combien de temps s’étale la composition de The Monarch and the Viceroy ? Qui est intervenu pour t’aider dans la réalisation de celui-ci ?

Carlos Cipa : Les chansons contenues dans l’album ont été écrites pendant une très grande période. Par exemple, « Lie with Me » a été composée le jour de Noël 2009 pour ma petite amie et la chanson titre « The Monarch and the Viceroy » s’est concrétisée une semaine avant l’enregistrement de l’album, pendant le mois de novembre 2011. Certains morceaux ne m’ont pris que quelques jours, d’autres plusieurs mois. En ce qui concerne la production, j’ai eu le soutien d’un de mes amis, Marvin Miller. Il m’a aidé pendant le processus d’enregistrement et s’est aussi occupé du mixage ainsi que du mastering.

Ta musique se partage entre un romantisme empreint de nostalgie et une tristesse bien réelle, quels sentiments as-tu voulu injecter à ton album ?

Je crois que la plupart du temps, la musique guillerette au piano est très ennuyeuse, alors on n’a pas d’autre choix que de composer de la musique mélancolique au piano. Sincèrement, certains morceaux reflètent des moments plutôt tristes de mon existence et plus étrangement, d’autres, sont directement influencés par l’amour et la joie.

Quels sont les images qui défilent dans ton esprit quand tu composes ?

Je ne peux pas te fournir de réponses précises à ce sujet… parfois une idée émerge d’une improvisation et parfois j’élabore la progression exacte des accords. Je me laisse souvent emporter par la musique ou le son lui-même. L’instrument même avec lequel je travaille influence aussi la musique, c’est pour cela que je joue sur des pianos différents selon les idées que je souhaite concrétiser.

En 2011, j’ai écouté une compilation intitulée Erik Satie et les nouveaux jeunes où je découvrais Moinho, un artiste qui envisage le piano et la musique contemporaine comme toi, vos approches de l’instrument possèdent de nombreux points communs…t’a t-on déjà comparé à ce pianiste français ?

Malheureusement, je n’ai jamais entendu parler de lui, je vais effectuer quelques recherches après t’avoir écrit. Jusque là, le seul pianiste auquel j’ai été comparé était Nils Frahm, mais de toute manière, je n’ai jamais été un grand fan de comparaisons.

Quelle période de la « musique classique » préfères-tu ?

J’aime la musique baroque ainsi que les ouvertures féroces orchestrées par Mozart ou la patte de Beethoven, mais comme je l’avais déjà dit auparavant, ce que j’apprécie le plus sont les œuvres impressionnistes de Debussy ou de Ravel, Brahms et Wagner. En ce moment, je suis à fond dans le modernisme classique et la musique classique du vingtième siècle. J’ai découvert récemment beaucoup de très belles compositions musicales composées par Witold Lutoslawski, Boris Blacher et Thomas Adès.

Tu es plutôt musique savante ou musique pop ?

C’est difficile à dire étant donné que d’un côté, ma manière de jouer est principalement influencé par de la musique savante, et de l’autre, environ 60% de la musique que j’écoute est pop. Pourtant, je dirais que si tu aimes le morceau, cela n’a aucune importance de savoir d’où provient la musique et qui l’a composée. Mais bon, il vaut mieux pas commencer à me parler de musique classique, je ne m’arrête plus !

Écoutes-tu du rock ?

Bien sûr que j’aime le rock  et surtout Thrice, un groupe post-hardcore venant de Californie. Autrefois, j’écoutais pas mal de hardcore/punk et de metal et en ce moment, j’apprécie la fusion prometteuse du rock indé et du folk jouée par des artistes tels que Other Lives ou James Vincent McMorrow.

Tu as joué de la batterie dans différents groupes, ces expériences correspondaient-elles à une envie de te divertir ? Hormis la batterie et le piano, t’intéresses-tu à d’autres instruments ?

La batterie joue un rôle très important dans ma carrière en tant que musicien. C’est seulement à travers l’expérience de mon premier groupe Pangaea (N.D.L.R : un groupe résolument tourné vers le punk hardcore / metal) que tout s’est révélé à moi. En jouant de la batterie, on obtient une relation complètement différente avec la musique en général et le rythme. Je porte évidemment un grand intérêt à d’autres instruments : j’ai joué de l’orgue pendant cinq ans et je possède un harmonium qui appartenait à ma grand-mère au sous-sol, instrument que j’intégrerais  à mon prochain album. Bref, les grandes prochaines étapes porteront sur le chant et la guitare.

 

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