Candice Cellier : images de la réparation (bonus Obsküre Magazine #9)

17 Mai 12 Candice Cellier : images de la réparation (bonus Obsküre Magazine #9)

Notre collaboratrice Candice Cellier expose jusqu’au 13 juillet au Musée d’Histoire de la Médecine (Paris). Sa photographie étudie et capture depuis des années les moments de réparation du corps, durant l’intervention chirurgicale. www.obskuremag.net publie ici les extraits restés inédits de l’entrevue réalisée avec Candice pour Obsküre Magazine #9 (mai-juin 2012, en kiosques depuis le 11 mai).

Obsküre Magazine : Tu photographies les interventions chirurgicales, de l’intérieur même de la salle opération. Quel protocole suis-tu avant de mettre en œuvre ta prise de vue, notamment sur le plan sanitaire ?
Candice Cellier :
Dans tous les cas, je dois revêtir la tenue de bloc requise : pyjama, casaque, masque, sur-chaussures. À l’intérieur du bloc, une distance importante avec le patient est à respecter. C’est la raison pour laquelle j’utilise principalement des téléobjectifs (85 mm, 135 mm et 70-200 mm) qui imposent une importante distance minimale de mise au point. L’utilisation de téléobjectifs permet donc de rester à distance du corps opéré.

Lors des prises de vue, as-tu le sentiment de rester dans une distance par rapport à ce qui se passe dans la salle d’opération ou ce type de travail provoque ou implique-t-il une forme d’attachement au sujet ?
La distance physique facilite la distance psychologique, l’observation de ce qui se déroule devant mes yeux est ainsi en partie filtrée. Paradoxalement, je dois être attentive au moindre changement : une main positionnée différemment, un changement d’instrument, la lumière orientée selon une autre inclinaison,… chacune de ces modifications peuvent transformer une photographie et la rendre soit intéressante, soit inutilisable. N’intervenant pas auprès du praticien en stoppant leurs gestes ou leur demandant de recommencer un mouvement, je me dois d’être attentive et d’observer tout ce qui se passe. Mais de cette manière, je reste concentrée sur l’activité et non sur le corps, parfois ouvert, en train d’être opéré.

As-tu parfois connu des moments difficiles lors de cet exercice ?
Oui, bien sûr ! Il y a des opérations qui touchent différemment un homme ou une femme. En ce qui me concerne, c’est lors d’une intervention sur les seins que j’ai éprouvé pour la première fois des « difficultés ». Par ailleurs, je n’arrive pas à regarder et donc à photographier certains actes : pas de seringue s’insérant dans la chair, ni de scalpel tranchant la peau. Par ailleurs, j’ai pu constater le même phénomène chez le spectateur qui va réagir le plus souvent selon son vécu et son rapport au milieu médical.

MUSÉE D’HISTOIRE DE LA MEDECINE
Ouverture (horaires) : de 14h à 17h (sauf jeudi, dimanche et jours fériés)
12, rue de l’École de Médecine – 75 006 Paris (Métro : Odéon) – RSVP : 01 76 53 16 93

WEB OFFICIEL
www.candicecellier.com

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