Sopor Aeternus

04 Déc 10 Sopor Aeternus

Anna Varney est bavarde. Elle s’égare sans cesse, revient au sujet, vous malmène comme elle semble malmenée dans le labyrinthe de son hybride cerveau. En complément de l’entretien paru dans le premier numéro d’Obsküre Magazine, voici quelques uns de ses égarements…relatifs ou non à son nouvel et excellent EP, A Strange Thing To Say.

Obsküre Mag : Que penses-tu du format EP ?

Comme tous les musiciens commercialisés le savent, l’une des clés du succès (si l’on excepte la simplicité) est de laisser à l’auditeur l’empoisonnant désir d’en avoir plus. Les labels définissent cela par maintenir le consommateur dans la faim, ce qui est d’après moi une phrase terrible.

Autrement, il y a tant de beaux mini albums comme…oh, je ne sais, disons Ashes de Christian Death, par exemple, c’est une joie de les écouter, mais en même temps ils sont si courts qu’à la fin, tu te surprends à souhaiter qu’ils se prolongent, au moins de quelques minutes. Bon, où je veux en venir, c’est que quand tu écoutes Les Fleurs du Mal – et je veux dire, quand tu l’écoutes vraiment –, l’effet provoqué est exactement inverse – puisque tout cet opéra coincé dans un seul disque peut réellement t’épuiser !

Honnêtement, quand John et moi avons fini de le mixer, et que nous écoutions attentivement l’album en entier, de bout en bout, dès que la dernière note s’est éteinte, j’ai poussé un long soupir qui signifiait : « Bonté divine, quel voyage ! »

Heureusement, avec A Strange Thing To Say, c’est bien différent. C’est tout à fait délicieux, et j’aime absolument l’écouter…même en boucle.

Comment décrirais-tu le nouveau visage de ta musique ?

Eh bien, c’est Sopor. C’est fabuleux. Que dois-tu savoir de plus ?!

Depuis les tout débuts de Sopor Aeternus, ton univers graphique a toujours évolué, et l’étrange rose livide des Fleurs du Mal a laissé place à ce dérangeant rouge poison qui orne A Strange Thing To Say. Qu’est-ce que cela révèle sur ta manière de percevoir ta vie, ton art ?

Oh, ça fait simplement partie du travail, pour ainsi dire. Les Fleurs du Mal était vraiment triste, souterrainement. Tout ce rose glacé, par-dessus, presque comme une distraction, c’était un charme pour dissimuler sa tristesse dévorante.

Dans A Strange Thing To Say, la couleur dominante est le rouge qui, bien sûr, est souvent associé au sang…ou à la vie. De la même manière il est la couleur clichée de l’amour romantique et de l’érotisme. J’ai éclaboussé de rouge tout l’artwork. Je crois que c’est assez clair.

Que représente Sopor Aeternus pour toi ? Quel regard portes-tu sur cette création ?

Eh bien, Sopor Aeternus et Anna Varney sont la même chose. Il n’y a ni différence ni séparation entre les deux. Alors je ne sais pas trop comment répondre à ta question…

SOPOR AETERNUS

A Strange Thing To Say EP

(Apocalyptic Vision – 2010)

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