Blackfield au Trianon (Paris, le 29/04)

11 Mai 11 Blackfield au Trianon (Paris, le 29/04)

Dans son Israël natale, Aviv Geffen est une rockstar, un chanteur à minettes. Il en a toutes les mimiques. Ce soir du 29 avril au Trianon, il en a même la veste… noire sertie d’un néon rouge de kermesse. Steven Wilson, génie créateur de Porcupine Tree, est pieds nus. Leur performance live prend, elle, un peu du caractère des deux frontmen, elle est sobre en même temps que maladroite, précise en même temps qu’écorchée. Ce n’est pas tantôt l’un tantôt l’autre, il s’agit au contraire d’unité permanente de deux natures contradictoires. Et dès que Geffen s’installe derrière son piano, qu’il s’appuie sur sa voix d’homme qu’on sent fragile, c’est là qu’il se met lui aussi à nu, plus sincèrement que lorsqu’il tombe sa chemise. Le meilleur de leurs trois albums figure évidemment sur la setlist, du puissant « Blood » jusqu’à « The End of the World », sublime.

Une bête de foire apprivoisée par une bête de scène, voilà le spectacle, au-delà du talent d’écriture et d’interprétation que se partagent les deux hommes, qu’il nous est donné de voir, « quoique donné » ne soit pas forcément le terme le mieux choisi, eu égard au prix un peu excessif du billet. A moins que la couverture médiatique du groupe en France ne soit en décalage complet avec son succès international…

C’est là qu’il faut dire alors que le public, au rendez-vous ce soir dans ce magnifique Trianon tout plein, en a eu pour son argent.

 

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