Black Egg – interview bonus avec Usher

02 Oct 13 Black Egg – interview bonus avec Usher

 

Sortie fondamentale, tant elle revient aux bases d’un mouvement électronique vécues de l’intérieur, la mise à disposition du premier album de Black Egg, Legacy from a cold World ravit les corps et les têtes. Derrière ce nom imagé, Usher, pivot de Norma Loy et créateur de projets variés (Die Puppe, Adan & Ilse…), prend un plaisir total à se plonger dans le bain acide et mélancolique du début des années 80. Un voyage dans le temps qui sert surtout à aller de l’avant.

Sylvain Nicolino pour Obsküre Magazine : Tout d’abord, Usher, je me permets de citer The little Manifesto, le texte qui lance Black Egg, dès le début de ce bonus.

BLACK EGG est un code secret, une intention spéciale, une discipline du chaos.

Dans un temps où la rigueur n’est qu’un concept économique, nous affirmons notre désir, sans concession, avec persistance, selon le mot de Coil, et obstination. Un art sans concession, guidé par l’absolu du désir et de la perfection, en dehors des modes et de la complaisance, puisé au fond de la chair et de l’esprit, profondément, rigoureusement.

BLACK EGG est un collectif, une œuvre, une voie vers la lumière, vers la lumière noire du rêve, vers le réel intérieur, ouvert au-dedans.

Nous croyons en la pureté brutale, en une poésie mutilée, en une musique révélée, en un monde sonique où la paresse n’a pas sa place.

Nous voulons une musique, une esthétique qui change la vie, un art de vivre et de mourir.

The BLACK EGG is coming out.

Pourquoi avoir composé ce manifeste ? Outre un jeu qui se réclame à la fois du futurisme et des révolutions, qu’est-ce qui se joue avec Black Egg ?

J’ai écrit le BLACK EGG MANIFESTOet d’autres artistes se sont joints à moi pour le projet : Mimi Gall pour les photos de pochette et la vidéo de « Messe Noire », Titus le Pèse Nerfs pour le logo, Sébastien Faits Divers pour les vidéos de « Black Egg » et « Jesus In Furs », ou bien encore Normotone et Zreen Toyz pour la partie musicale.

BLACK EGG est devenu une sorte de collectif sombre tandis que DIE PUPPE était davantage un voyage intérieur et personnel. D’autant que dans BLACK EGG certains éléments du CPM sont réminiscents.

Les années CPM, ce sont celles où vous aviez créé un label pour permettre à Norma Loy de ne plus se militer dans les formats de ses créations. Aujourd’hui, les choses ont changé, Norma Loy est de nouveau en repos et pour toi, Black Egg est un projet qui s’ajoute à de multiples autres, il y a comme une frénésie créative. Il me semble qu’un rappel s’impose…

En effet…Donc j’ai sorti le EP d’aPPareil en septembre 2011 chez Kamisori, puis l’album d’USHERsan & HIV+ chez Signifier à Noël 2012 après le EP Black Monolithchez OPN en avril, le Cd d’Adan & Ilse à l’automne 2012 chez Factory Records et le second sort pour notre concert parisien du 24 août. Mais ce sont trois projets très différents.

Auparavant j’avais sorti l’album Heal Heaven, très important pour moi, chez Inner Cinema, où je sors tous mes albums expérimentaux, seul ou avec Zreen Toyz, Wehwalt, Osiris ou Mnomized.

Et ce nom, Black Egg ? Je suis rapidement tombé sur une symbolique japonaise entourant cet œuf noir dans leur culture…

En réalité je n’ai pas choisi ce nom « Black Egg » en fonction du Japon ou de l’Alchimie. Dans le morceau éponyme, Judith avait écrit la première partie du texte et moi la suite, où j’ai parlé d’un œuf noir qui sort du ventre et s’épanouit. L’idée était au fond celle de la « bile noire » de la Mélancolie, je ne l’ai compris qu’ensuite. Et cet Œuf Noir est devenu le titre de la chanson, puis du groupe et ne cesse de croître….

C’est un centre attractif, beaucoup de gens vous rejoignent sur la partie visuelle, non?

Aujourd’hui nous créons nos propres vidéos, ce qui est beaucoup plus intéressant. A ce titre ce sont surtout Sébastien Faits Divers, Titus Le Pèse Nerfs, la Suédoise Mimi Gall et moi-même qui créons les vidéos et l’imagerie de Black Egg.

Le soutien à Black Egg vient aussi du label puisque vous aurez une sortie en plusieurs formats.

Oui, [aufnahme + wiedergabe] à Berlin est un petit label à la fois très actif et très à l’écoute des artistes. L’album va sortir en vinyle blanc et CD dans une édition limitée. J’avais fait réaliser des masterings mais je n’en étais pas entièrement satisfait. Alors j’ai demandé au label de le faire masteriser par Friedemann Kootz qui travaille avec le label Galaktorrhoe. Ils ont accepté aussitôt.

Sur « The First », la mélancolie est très équilibrée, touche au plus juste, comment ce titre est-il né ?

Je l’ai créé en direct, très rapidement, pour l’instrumentation. Et puis j’ai posé un chant un peu suranné, très années quarante. Les Haus Arafna aiment beaucoup ce titre et il y a sans doute un rapprochement avec ce qu’ils font dernièrement. Il parle de mort, de donner la mort, comme d’une contrainte entêtante et distanciée. Un thème étrange, et mélancolique, au sens d’extrême lucidité comme dans le film de Lars von Trier, Melancholia.

www.facebook.com/pages/BLACK-EGG/199014490252238

Vidéo de « Jesus in Furs » :

 

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