Beauregard Fest 2017 : live & photoreport par Ph. Cruveilher

22 Juil 17 Beauregard Fest 2017 : live & photoreport par Ph. Cruveilher

En France, la tradition des festivals demeure et fort heureusement, même si le contexte économique les concernant est sujet à questions voire préoccupations. Profitez de ce qui existe tant que ça existe.
Philippe Cruveilher est un proche d’Obsküre et nous a offert de couvrir en ressentis et images de son cru le festival de Beauregard, édition 2017. Dont acte. Voici son reportage et ses photographies, captées lors d’un évènementiel dont la programmation reste tout à la fois éclectique et qualitative, comme ouverte à un public large.

La maison Obsküre l’en remercie.


Philippe Cruveilher :

Retour sur le festival Beauregard, neuvième édition cette année, dans un cadre exceptionnel : le château du même nom et son parc. J’étais déjà venu en 2013 pour Nick Cave, Dead Can Dance (NDLR : époque de la reformation avec l’album Anastasis) ou encore Bat For Lashes, le sensible projet de Natasha Khan.
Cette année c’est surtout pour Editors que je fais le déplacement. Mais le reste du line-up ce samedi 8 juillet fait belle figure : Iggy Pop, Phoenix, Echo & The Bunnymen, Ibrahim Malouf…

J’arrive juste à temps pour le début du concert d’Editors, il est 19h05.
Il fait beau en Normandie, le public est déjà nombreux. Le groupe enchaîne pendant une heure quelques titres qui ont fait leur renommée depuis le premier opus The Back Room en 2005 : un registre orienté cold et post-punk initialement, jusqu’au dernier In Dream en 2015, d’orientation plus pop (au menu du show : « The Racing Rats », « Munich », « An End has a Start », le marquant « Smokers outside the Hospital Doors », « Ocean of Night »… et pour finir le single dance-rock « Papillon »).

Sur scène, on retrouve le duo R.Leetch / E.Lay, qui assurent tous deux la rythmique implacable depuis les débuts du groupe. Tom Smith, leader charismatique, est un chanteur habité, capable de ballades au piano comme de frissons électriques à la guitare. C’est un artiste/interprète touchant, attachant, parfois calme et posé, mais qui peut aussi dévoiler une inclination torturée selon l’ambiance du morceau. Le son est puissant, ample, au final le meilleur de la soirée à mon avis (de fan).

Je profite du passage d’Airbourne pour me restaurer, étancher ma soif et être prêt pour le reste de la soirée.
C’est ensuite au tour d’Iggy Pop. Sans surprise, l’iguane fait le show, il assure le spectacle et le public est ravi. C’était la troisième fois que je le voyais live : pas la meilleure prestation (Lost In Limoges, 2016), pas la pire (avec les Stooges à GardenNefParty à Angoulême en 2008, un show en demi-teinte… et [NDLR] que surpasseront de très haut les Stooges en formation Raw Power à Bourges, quelque temps plus tard).

Le groupe est affûté et certains titres sont toujours aussi efficaces. Les classiques sont inévitables : « I Wanna be Your Dog » pour commencer, suivi de « Gimme Danger », « The Passenger » et « Lust For Life ». Un seul titre du dernier album avec « Gardenia ». Final avec « Mass Production » et « No Fun ». Du grand classique, mais avec cette petite déception de ne pas sentir Iggy en forme optimale (propos à relativiser, au regard de l’avancée dans l’âge de notre homme) mais surtout en raison d’un son de façade laissant un peu à désirer. C’est gros certes, mais à vouloir sonner trop fort, le résultat perd parfois en dynamique, les aigus font souffrir les oreilles malgré les bouchons, ça larsène… Au final, plaisir moindre.

Ibrahim Maalouf m’a déçu (set assez désordonné, beaucoup de blabla). L’impossibilité de faire des images en raison d’impératifs contractuels impossibles matériellement à respecter font que : next.

La très bonne surprise pour moi fut Phoenix. Je connaissais quelques-uns de leurs morceaux mais par nature, leur musique n’emporte pas mon adhésion. Après ce concert, mon avis a évolué sur ce groupe français à la renommée internationale. L’ensemble est extrêmement professionnel, le son était vraiment incroyable et le groupe a su entrer en communion avec le public. Leur plaisir de jouer ensemble est palpable. Aller les voir sur scène – moi, je m’en repars écouter leurs albums avec une oreille autre.

Qui plus est, Phoenix ne font pas leur stars : il était possible de photographier devant les « crash barrières » tout le show durant… ce qui n’a pas été le cas de Ian McCulloch (pas de photos sauf parmi le public !).
Voilà, c’était Echo & The Bunnymen. Pas de photo, pas de promo ! C’est mon nouveau slogan (NDLR : … une trace de l’instant reste tout de même ci-dessous).

Au bilan : excellente soirée en compagnie de tous ces groupes.
Retour programmé si la programmation reste aussi bonne, ce dont je ne doute pas : sur trois jours de festival, l’hétérogénéité de la programmation en donne un peu pour tout le monde. La veille, il se trouvait là Placebo et Metronomy, et le programme incluait aussi Die Antwoord et Foals le dimanche.

> IMAGES LIVE Beauregard 2017
© Ph. Cruveiller
> PHILIPPE CRUVEILHER ONLINE
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