Bambara – Interview Bonus Obsküre Magazine # 28

31 Mai 16 Bambara – Interview Bonus Obsküre Magazine # 28

Supplément de notre entretien avec le trio américain Bambara réalisé au moment de la sortie de leur nouvel album, Swarm, en attendant de les retrouver sur scène en Europe à l’automne.

ObsküreMag :  Swarm est votre second album après Dreamviolence mais vous jouez ensemble depuis longtemps. Pouvez-vous revenir sur les débuts de Bambara ? Aviez-vous des groupes avant ou avez-vous des projets parallèles ? Le son était-il déjà bien défini dès le début ?

Bambara : Nous avons commencé à jouer ensemble à 12 ans. L’écriture qui a mené à Bambara a été très graduelle, vu que nous essayions chaque idée possible jusqu’à ce que cela prenne forme. La musique a changé totalement durant cette période, mais dès que quelque chose de consistent est apparu, nous avons fait nos premiers enregistrements en tant que Bambara.

La plupart du temps, les gens disent que vous êtes un groupe de New York, mais la vérité est que vous venez d’Athens, en Géorgie, qui possède aussi une scène musicale très vivace. Vous sentez vous plus new-yorkais ou du Sud profond ?

Nous venons de Géorgie, donc ce sera toujours notre maison.  On se sent toujours chez nous quand on y retourne.

Quand avez-vous commencé à vous intéresser aux bruits et à expérimenter avec ? C’est venu tôt ?

C’est quand Reid a pu mettre la main sur une pédale de delay au collège. Depuis, il crée des boucles vocales et des environnements sonores  constitués de nombreuses strates. Puis nous avons commencé à l’intégrer à nos chansons.

J’ai reconnu sur l’album plusieurs morceaux que vous avez joués en concert quand vous tourniez avec A Place to Bury Strangers en 2013. Comment les chansons ont elles évoluées ? Est-ce que les concerts et les improvisations ont influencé la façon dont les titres sonnent aujourd’hui ?

Les chansons changent en permanence. Plus tu joues un morceau, plus tu trouves des opportunités pour le faire grandir.

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Votre son est très physique tout en s’adressant au mental, c’est presque psychologique. Cela nous amène en tant qu’auditeurs vers différents états. Avez-vous fait l’expérience vous mêmes d’états de conscience altérés avec la musique ?

Notre approche du bruit et des couches sonores penche vers cette possibilité, et nous sommes heureux que cela transparaisse. C’est ce qu’il y a de plus attirant avec la musique noise en général. Nous essayons d’intégrer cet élément dans tout ce que nous faisons, et occasionnellement nous nous focalisons entièrement sur cet élément en laissant les structures des chansons de côté. Par exemple, notre EP Night Chimes est une immersion complète dans ce type d’atmosphère. Après Dreamviolence, nous nous sommes réellement focalisés sur le bruit comme une purification entre les projets.

Reid, tu as tous ces sons de guitare, ces orchestrations, effets, voix que tu gères et contrôles. Comment t’en sors-tu pour créer tous ces sons tourmentés et distordus ?

Beaucoup des sons que l’on trouve sur ce disque proviennent de trois sets d’une heure d’improvisations noise et vocales, que j’ai faites avec différentes pédales et amplis de guitares. Plus tard, nous nous sommes déplacés dans ces sessions et avons construit des chansons autour de moments que nous apprécions, nous les avons travaillé et mêlé à des chansons existantes pour ajouter de l’ambiance.

Sur la chanson « Black », c’est incroyable comme le son de guitare se rapproche de celui de Rowland S. Howard. A-t-il fait partie de tes modèles en tant que guitariste ?

J’apprécie la comparaison. Il reste une énorme influence.

Votre musique se focalise tellement sur le son, comment pouvez vous recréer cette tension sonique que ce soit en concert ou en studio ? J’imagine que c’est plus simple dans un environnement live en raison de l’énergie brute des chansons ?

Il y a toujours un effet de tension additionnel quand nous jouons en concert. La nature des boucles  que fabrique Reid en direct donne aux chansons un sentiment différent à chaque fois.

Je parle de chansons mais que ce soit sur scène ou sur disque, je ressens les choses comme un tout, on va d’une partie à l’autre comme dans un flot – et le final est toujours apocalyptique. Considérez-vous un album comme un tout cohérent plus qu’une collection de chansons ?

Absolument.

D’où partez-vous en général ? Est-ce juste une texture, une section percussive, une ligne de basse ?

Nos chansons évoluent en général d’un simple élément, mais cet élément peut changer à chaque fois. D’autres fois, Reid a une idée complète pour une chanson acoustique et en tant que groupe, nous la modifions avec la basse et la batterie, les bruits et nous en arrivons à des structures parfois totalement différentes.

J’ai reçu le dernier album de Pop.1280 à peu près en même temps que le vôtre et je les ai écoutés à la suite. Je n’avais pas fait attention auparavant mais j’ai trouvé qu’il y avait une similitude dans le son, même si leur musique est plus électronique. Vous sentez vous des liens de parentés avec d’autres formations ?

Pas particulièrement pour ce qui est du son, mais en termes d’affinités, incontestablement. Pop. 1280 est un grand groupe avec des gens super. Nous avons joué pour la soirée de lancement de leur disque il y a deux semaines. Pill est un autre exemple de groupe génial fait par des gens avec qui nous partageons des similitudes. Ils ont joué pour la sortie de notre disque avec The Men et Hubble (projet solo de Ben Greenberg qui a enregistré Swarm).

Il y a de cela plusieurs années en arrière, vous aviez repris  « Modern Love » de Bowie qui est un artiste que vous appréciez beaucoup. Quel est votre sentiment quant à sa disparition et ce qu’il laisse derrière lui ?

Nous étions tous ensemble quand nous avons appris sa mort, et ce fut un choc. Cela va sans dire mais il a eu une influence énorme pas que sur notre musique, mais sur la musique et la culture en général.  Il nous laisse ce que tout le monde pourrait espérer. C’est un des artistes vers lequel je reviens tout le temps.

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