Attrition – Interview bonus Obsküre Magazine # 15

19 Juin 13 Attrition – Interview bonus Obsküre Magazine # 15

En complément de l’entretien donné par le fondateur Martin Bowes à Obsküre Magazine pour son #15 (mai / juin 2013, en kiosques depuis le 9 mai), www.obskuremag.net publie ce supplément exclusif à l’interview relative au nouvel album d’Attrition, The Unraveller of Angels.  

Obsküre Magazine : The Unraveller of Angels sort quelques mois à peine après la bande-son Invocation. Martin, tu n’as jamais semblé aussi actif que ces derniers temps !
Martin Bowes : Je suis toujours actif. Ce peut être l’écriture, l’enregistrement, les tournées, les projets parallèles, et récemment le travail de production pour d’autres groupes dans mon studio, The Cage. Mais tu as raison, il y a davantage de sorties d’Attrition récemment et cela fait du bien d’être de retour.

La photo de couverture a été assurée par Holger Karas, qui est en train de devenir un membre visuel du groupe. Peux-tu nous en dire plus sur tes choix esthétiques?
Bien que j’ai commencé dans le domaine, j’ai fait le choix il y a bien longtemps de travailler avec les sons. Donc j’ai collaboré au cours des années avec de nombreux artistes visuels dont l’œuvre me parlait et chez qui je trouvais des échos. Il y a eu Mark Lomax dans les années quatre-vingt-dix, John Santerineross dans les années deux mille ; et à présent, Holger Karas. Il a fait les couvertures des derniers disques, essentiellement des photos de ma femme Kerri. Il travaillera aussi sur l’installation qui accompagnera notre première, seule et unique représentation d’Invocation. Ce sera ce mois de septembre au festival Tower Transmissions à Dresde. J’adore son travail. Nous avons beaucoup de points communs, je suppose. Holger s’attache aux détails, les choses que la plupart des gens ne voient pas. Je crois que j’essaie de faire la même chose.

Il me semble que tu n’as jamais eu autant de collaborateurs que sur ce disque. Est-ce que cela a changé ta façon de composer?
Il y a eu pas mal de collaborateurs sur mes albums récents, étant donné qu’Attrition se rapporte essentiellement à moi-même, j’aime bien les apports faits par d’autres artistes, aussi bien au niveau du son, de l’artwork, des vidéos. Cela fait naître de nouvelles idées et au final, la musique devient bien plus que ce que les éléments séparés pourraient être. Et bien sûr je suis ouvert à de nouvelles et futures collaborations. La porte est toujours ouverte.

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Depuis son départ, Julia [NDLR : chanteuse historique d’Attrition et membre fondatrice] a été remplacée plusieurs fois. Qui est la chanteuse que l’on entend sur l’album?
Je ne pourrais jamais « remplacer » Julia. Nous avons commencé Attrition ensemble en 1980 et elle a souvent travaillé avec moi au fil des années. Mais elle a au final décidé de laisser la musique de côté, et je me suis retrouvé à prendre un rôle plus central avec ma voix, tout en travaillant avec d’autres chanteuses. Sur cet album c’est l’Américaine Tylean, qui a une voix fantastique. Je suis très content de ce qu’elle a fait et elle va nous rejoindre sur scène pour un bon nombre de concerts à venir.

Le violon de Matt Howden apporte beaucoup à l’atmosphère générale. Comment l’as-tu rencontré?
J’ai souvent travaillé avec des violonistes sur les derniers disques. C’est Klive d’In The Nursery qui m’a présenté Matt. J’adore sa musique et sa façon de jouer le violon est incroyable. On s’est finalement rencontré l’année dernière à Dresde quand je jouais au festival avec mon ami Justin du groupe Satori, signé sur Cold Spring. Pour être juste, je dois dire que Jyri Glynn et Joanna Dalin ont également fait un très beau travail avec le violon. A cela tu ajoutes le violoncelle, et j’avais mon véritable orchestre personnel.

Il y a eu d’autres musiciens connus qui ont participé à l’album, dont Annie Hogan et Mona Mur.
Oui, j’ai rencontré Anni Hogan en masterisant son album solo pour Cold Spring. On a commencé à parler, elle aimait Attrition et s’est proposée pour jouer du piano. J’adore ce qu’elle fait et nous avons déjà parlé de travailler à nouveau ensemble. Mona Mur m’avait aussi contacté pour que je remixe un morceau pour elle et En Esch, ce que j’ai fait. En échange elle a chanté sur « Karma Mechanic ». Quant aux autres, Jyri, Joanna et Erica d’Unwoman, au violoncelle, sont des musiciennes que j’ai été amené à connaître au fil des ans. Erica jouait sur All Mine Enemys Whisper. Il y a eu deux autres contributeurs qui n’ont pas été gardés dans les mixes finaux, mais risquent d’apparaître dans des pièces futures. Je recycle beaucoup!

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Il y a aussi un projet de film avec Daniel Gouyette sur lequel vous avez travaillé ces dernières années. Peux-tu nous en dire plus sur le contenu?
Cela a pris pas mal de temps mais on a commencé à travailler avec Daniel Gouyette sur un documentaire retraçant ma vie dans Attrition. Daniel est actuellement en train de finaliser des vidéos pour certains des morceaux de l’album. La première accompagnera le morceau « One Horse Rider ». Pour le documentaire, je pense que nous avons encore besoin d’une année pour le finaliser. Cela posera un regard personnel sur ma vie en la contextualisant sociologiquement et historiquement. On y trouvera beaucoup de gens du milieu musical qui apporteront leurs propres souvenirs. Je suis moi même très impatient de voir le résultat.

Attrition a trente-trois ans d’existence. Quelles seraient selon toi les différences principales entre l’Attrition d’aujourd’hui et celui du début des années quatre-vingt ? J’aimerais aussi te demander quelles sont les différences entre le très jeune Martin Bowes des années post-punk et celui que tu es maintenant?
C’est une bonne question. Je sais plus de choses, c’est certain. Je sais comment utiliser et créer les sons que je souhaite. Je sais mixer une chanson. Je sais organiser une tournée. Je sais masteriser un album. Je sais comment le promouvoir. Je connais bien plus de gens. Mais cela reste la même chose si on parle d’écriture. Je n’ai jamais été un musicien. En tout cas pas ce que l’on appelle un « musicien », et j’en suis très content. Je n’ai pas de recettes musicales. Chaque pièce est une exploration, une aventure dans l’inconnu. J’aime aller dans cet espace et y revenir avec ce que j’ai trouvé. Donc rien n’a vraiment changé et peut-être que cela ne changera jamais. Le jeune Martin m’apprécierait, je pense. Il y a longtemps, j’avais besoin d’être un artiste et le mouvement punk, post-punk et la scène expérimentale artistique m’en ont donné la force et le courage, sans que je me soucie d’appartenir à un quelconque mouvement, mais plutôt adapter le monde qui m’entoure à ce que je voulais faire.

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> SORTIE
– ATTRITION – The Unraveller of Angels (E-Klageto) (2013)

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