DELCO Fest 2018 – Report

09 Mai 18 DELCO Fest 2018 – Report

Les lendemains…

Comment revenir à nos occupations après un weekend rempli de découvertes, de rencontres, de coups de cœur ? Voici venu « l’après » du festival Delco 2018.

Ce festival biannuel de musiques expérimentales improvisées et d’arts numériques s’est déroulé du 2 au 5 mai sur différents sites de la ville de Nîmes. Organisé par l’association Trig formée d’artistes musiciens et plasticiens, la programmation fut encore une fois pointue, inespérée, inattendue. Il faut dire qu’ils n’en sont pas à leur coup d’essai et que nous leur devons, entre autre, la sublime Delco Session du 9 avril 2017, avec Ned Rothenberg et Sainkho Namtchylak.

En ouverture, le film documentaire de Yves-Marie Mahé : « Le rock aux Instants chavirés, ou pour en finir avec le jazz », témoignage d’une époque aux allures d’album photos souvenir.

Puis le vif du sujet avec la première soirée live à Paloma.

Julien Desprez met en scène ses sons, son corps dans « Acapulco Redux ». Une performance grisante et hypnotique. Une belle réussite que cette proposition qui martèle l’obscurité de la salle à coup de traits de lumières.

Andy  Moor et Anne-James Chaton se confrontent dans « Heretics », où l’un pose sa voix au timbre grave, étonnamment suave sur un environnement sonore que l’autre orchestre avec maestria, au risque quelquefois de perdre le lien.

En final, la performance audiovisuelle de Franck Vigroux et Antoine Schmitt « Chronostasis », prestation impeccable jouant sur l’effet du mouvement, peut-être un peu trop lisse comparée aux précédentes.

La surprise de la soirée fut l’intervention de Joan Villaperros, en interlude dans le patio de Paloma. Artiste inventeur et compositeur, Joan bidouille des synthétiseurs avec des matériaux composites, jouets et autres déchets plastiques. Senorita Ruido, alter ego de Joan, s’est fait un plaisir de présenter le potentiel de ces synthétiseurs hand-made, avec une ferveur chaotique et cadencée.

Le vendredi, au théâtre du Périscope, Vincent Martial orchestre « Extension », performance-installation musicale d’un musicien flûtiste-percussionniste et de robots bruitistes, reprenant la mécanique du souffle pour distiller bruissements, frottements, notes cristallines. Poésie et délicatesse, art tangible de la rêverie.

Une déambulation dans la ville pour le samedi, où nous suivons les membres du projet  Quadrilatère, quatre concerts à quatre, avant un final de huit musiciens sur la scène du théâtre Odéon. Quatre formations pour quatre propositions mouvantes, comme un leitmotiv évolutif faisant la ronde  sur les orchestrations de Laurent Estoppey, Michaël Grébil, Christian Garcia-Gaucher, Benoit Moreau, Thomas Peter, John Menoud, Louis Schild, Yann Lecollaire. Une journée rare, inédite, particulière, portée par des artistes investis et talentueux.

Et le lendemain.

Se remémorer ces instants, ces sensations.

Dire merci à cette équipe formidable de Trig.

Et se dire qu’il va falloir attendre… deux ans.

Textes et photos : Marjory Salles

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