Nine Inch Nails – Bad Witch (EP)

07 Juil 18 Nine Inch Nails – Bad Witch (EP)

Contrairement à la présentation qui en est faite, Bad Witch est plus, en tout cas pour nous, un EP (extended play) ou un mini-album (vu le nombre de plages, à savoir six) qu’un album, ne déplaise à ce Trent Reznor qui vitupère contre ceux osant affirmer le contraire en sa présence ou sur le web.
Surfait, secondaire.
Que N.I.N. tourne pour défendre un EP, on ne voit pas le problème. Trent, reste alterno, assume, va jusqu’au bout du discours ! Tu l’as bien fait avant, non ? Mais passons. Ce qui est moins secondaire, c’est la question du contenu.

N.I.N. s’est fait un spécialiste du format EP sur ses dernières sorties – pourquoi pas ? Et Bad Witch est le dernier d’une trilogie qui, éventuellement, pourra sortir en format long plus tard – mais attendons. Au passage : il donnera à N.I.N. de tourner avec The Jesus & Mary Chain aux Etats-Unis en fin d’année, et son univers bruitiste et déprimé collera bien avec le rock sale des frères Reid, qui jouent très bien ces jours-ci.
Belle affiche.

Sur ce nouveau format d’une demi-heure, Nine Inch Nails reste dans un exposé expérimental et ambiancé à l’ancienne, mais dont les mélodies, problème, ne captivent pas spécialement. Nous ont-elles d’ailleurs ensorcelés une seule fois après The Fragile, sur la longueur de tout un album ? No comment. Il n’en demeure pas moins que Bad Witch contient des moments intéressants, des idées : l’incursion de cuivres sur la boucle serpentine de « Play The Goddamned part » est sans doute ce que nous garderons le plus en esprit de l’EP, avec la tournure bowienne du breakbeat de l’hypnotique « God break down the Door » (où réapparaissent les cuivres, et où la vibration psychotique de Reznor fait son petit effet). Sans doute notre morceau préféré du disque.

Mais sur la longueur de Bad Witch, pour l’essentiel, Nine Inch Nails donne plus l’impression de sculpter un son en se répétant – c’est un univers après tout – que de proposer de vraies (bonnes ?) chansons. En fait, ce ne sont pas des chansons, davantage des couleurs, des climats, un flow. Parmi eux, « I’m not from this World » : du N.I.N. tout craché mais longuet – nous ne sommes peut-être pas d’humeur abstraite, aujourd’hui, et aurions presque tendance à considérer qu’Atticus Ross et Reznor remplissent un brin. Les longueurs, malheureusement, rejailliront sur l’encore bowiesque et final « Over and out ». Pas vilain pour autant. Mi-figue mi-raisin, en résumé.

Demeure quelque fantaisie. À l’occasion, les proches participent (Ian Astbury du Cult et Mariqueen, épouse de Trent, sur l’ouvreur « Shit Mirror »). Mais cela suffit-il ?
Il y aura deux camps sans doute : ceux qui considèrent, sans avoir forcément tort, que Trent Reznor (et ses acolytes successifs, en tête desquels et depuis quelques années maintenant Ross, compère principal du maître de cérémonie, jusque dans la confection des musiques de films) fait ce qu’il veut, jusqu’à produire des albums entièrement improvisés. Ceux-là ont pu se réfugier dans les formats longs les plus abstraits de N.I.N. (cf. Ghosts I-IV [2008]).
Et puis les autres, qui espéraient d’un nouveau format mini-album plus de concentration sur les mélodies, une puissance d’impact – et qui, en lieu et place, trouveront en Bad Witch un collage electro-bruitiste certes typé, mais sans la saveur particulière qu’ont pu avoir des disques d’importance historique pour N.I.N. dans ce même format (cf. Broken, évidemment). Comme quoi l’on peut avancer dans l’âge en rassemblant en concert (N.I.N. y demeure phénoménal), tout en divisant sur disque.

Nous resterons, sur ce coup, dans le camp des sceptiques.
Un design sonore peut perdurer sans pour autant réveiller les passions.

> N.I.N. ONLINE
Site officiel

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 60%

Site du groupe / MySpace :
Be Sociable, Share!