Lycia – In Flickers

31 Oct 18 Lycia – In Flickers

Enregistré à cheval sur 2017 et 2018, In Flickers présente un contenu relativement versatile, fruit du travail d’un line-up renforcé. John Fair est là (programmation, rythmes) aux côtés de David Galas (basse, synthétiseurs, programmation), l’indispensable Tara Vanflower au chant, et bien sûr Mike VanPortfleet (chant, guitares, programmations). Dirk VanPortfleet prête aussi main forte (gong).
En somme, tous ceux qui sont un jour intervenus dans l’histoire de Lycia (trente années d’activisme atmosphérique fêtées en 2018) se retrouvent aujourd’hui en cour, ce qui donne à voir en ce disque une somme des intentions.
Somme tout court ?

Stylistiquement, In Flickers est certainement le disque le plus intéressant et complet (ouvert) des Américains. Et pour le détail : il sort sur Projekt, hébergeur historique de Lycia. De quoi raviver de vieux souvenirs.

La fabrication du cru 2018 a démarré à partir d’un morceau resté inachevé à l’issue des sessions d’A Line That Connects (2015). Pour sûr, le son de Lycia a bien évolué depuis les cristaux ambiants et givrés des premiers opus (comment oublier Cold ou A Day In The Stark Corner ?) – mais ceux qui, au hasard, seraient restés sur cette image d’Epinal seront forcément surpris par certaines des tonalités déployées sur In Flickers.

Tout au long de ce qu’il décrit comme une série de « méditations sur des chemins oubliés, espoirs corrompus et quelques souvenirs de beauté », le collectif réuni par Mike n’hésite plus à déployer une rythmique invitant éventuellement à la danse (n’allons toutefois pas jusqu’à parler de musique dancefloor, une certaine retenue reste de mise – cf. « Mist »).
Ce phénomène traduit chez Lycia le désir d’ouvrir la palette, déjà perceptible sur des fractions d’enregistrements précédents (voir du côté d’A Line That Connects). Si l’on retrouve sur ce nouvel opus, assurément, les cristaux mélancoliques et déprimés qui font la patte (« The Path », acidifié par d’économes guitares, est très beau, au même titre que le final « Autumn into Winter »), le quatuor construit de vraies chansons, et plus simplement ces paysages abstraits et infinis qu’enfantait la pulsion originelle. Une tonalité à la fois dark folk et délicatement psyché surgit dans les guitares et la forme posée de l’ensemble (« She »). Le psychédélisme est aussi dans l’ADN, meut et se noircit au charbon pour incorporer des tourneries coldwave (« Rewrite », fascinant).
L’injection d’éther est de mise, forcément – et l’esprit des voix de Tara et Mike, retenues comme jamais, vont dans le sens de sa mystérieuse esthétique. C’est le cas, et d’autant plus, lorsque Lycia investit des épaisseurs plus mortuaires (« 25 Years » peut plaire autant à un fan d’un Cure première période pour sa rythmique qu’à un adepte de Christian Death pour l’esprit des guitares).

In fine, Lycia réalise un potentiel atmosphérique par le recours à des moyens de forme étendus. Ce faisant, il renouvelle l’intérêt que nous portions éventuellement à ses premières manifestations sonores. C’est une entité évolutive, une entité vivante.

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Noise Beneath The Snow

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Note : 80%

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