Creux Lies – The Hearth

20 Août 18 Creux Lies – The Hearth

Né des cendres du projet NMBRSTTN (pour Number Station), Creux Lies, de Sacramento, comprend les personnes d’Ean Clevenger (chant), Barry Crider (guitare), David Wright (synthétiseurs, électronique), Topher Snyder (batterie), et Kyle Vorst (basse).

Le post-punk, étiquette dont il est parfois abusé en Europe comme outre-Atlantique pour pousser au-devant de la scène de vagues intentions pop à voix medium-grave (Ian Curtis, tu étais trop beau pour ne pas accoucher d’une armée de clones) est volontairement appliquée au cas présent par le groupe et le label eux-mêmes. Sympathie et méfiance tout de go, rançon. Sera-t-on payé en retour ? Oui, et encore oui. L’effet de sérieux et de culture du genre que nous renvoie ce son mélancolique et émotionnel est identique à ce que produisit en impression un certain Veil Veil Vanish, ou encore le premier opus des volontaires et ténébreux Soft Kill.
The Hearth, tout premier album de Creux Lies achevé courant 2017 aux studios Earthtone en compagnie de Patrick Hills, donna lieu à la sortie du premier single « Zone ». Il fut remarqué en son temps, notamment par nos confrères de post-punk.com. Il est à noter que le groupe n’abuse pas – extraordinaire, non ? – du sempiternel référentiel Joy Division (nous avons rangé nos a priori dès l’écoute du premier titre), préférant mettre en avant son amour pour des musiques cotonneuses et à l’acidité contenue (appel aux Grands Anciens : The Chamelons, The Cure). La tendance déclamatoire – maîtrisée lorsqu’elle s’exprime (cf. « Virginity ») – jouxtée à l’économie des guitares, parle en faveur d’un référentiel non usurpé. Un semblant du « Disintegration » de Smith & co. nimbe les suites d’« Eulogy ». Le chant trouve pour sa part un équilibre beau et charnel entre cette tendance à la déclamation et la recherche d’une percussion (« Tsavo »).

De fait, Creux Lies signe avec ce premier bloc aux pesanteurs linéaires typiques, bien écrit et produit avec goût, un premier jalon stylisé. Marqué par le savoir-faire, et s’offe le luxe de conclure par l’un des meilleurs morceaux de l’ensemble, « Simulacrum ». L’appétit demeure en fin de parcours, les mécaniques du groupe s’imposant avec un éclat certain au cœur d’une scène saturée de référentiels. Un ciselage authentique, à suivre de près.

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Note : 80%

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