Rémy Pelleschi

07 Nov 10 Rémy Pelleschi

En complément de la vision de Rémy Pelleschi sur le metier d’ingénieur du son (Obskure Magazine #1) :

Au niveau materiel, Rémy a profondément remis en cause son « setup » : exit les Digidesign ProTools et les claviers analogiques ! Il travaille aujourdui avec du materiel et une plateforme audio-numérique Metric Halo et uniquement des synthétiseurs logiciels.
Rémy Pelleschi : « Pour toutes les musiques à caractère acoustique (rock, pop etc), la qualité intrinsèque est celle de l’enregistrement brut, hors de tout traitement. Tu peux au mieux maquiller au mixage ou avec des plug-ins(*) mais pas récupérer. Comme en cuisine, les épices ne remplacent pas de bons ingrédients ! La prise de son est l’essence du métier d’ingénieur du son qui requiert un materiel onéreux. Je ne me separerai donc jamais des micros et preamplis que j’ai pu accumuler jusqu’ici. C’est le materiel de base de tout ingé son. J’utilise quelques très bons plug-ins pour leur qualité, notamment ceux de la marque Universal Audio combinés à la carte UAD2-Quad. Il faudrait un budget de 200000€ pour avoir l’équivalent en materiel. Je me suis par exemple monté une configuration avec 32 Channel Strip de la SSL4000 et c’est presque effrayant de puissance ! Tu peux faire pareil avec le Nieve 88RS. C’est là la vraie puissance de ces logiciels, c’est juste innabordable dans la vraie vie !

Les plug-ins se rapprochent maintenant tellement des « vrais » instruments… Des gens comme Spectrasonics font un travail vraiment remarquable ou Arturia avec sa très bonne émulation MiniMoog. A ce point qu’à mon avis, avoir le vrai ne se justifie plus. Et je n’ai à aucun moment le sentiment de faire moins bon, d’autant plus que pour avoir eu les versions hardware je peux comparer. Ca ne sonne pas tout à faire pareil, mais pour générer une ligne de basse qui va être traitée pour un album d’electro experimentale, c’est très largement suffisant ! Cet univers de la synthése à lui aussi beaucoup évolué.
Mais je ne cache pas que ca a été une grand dileme interieur de savoir si je conservais ou pas mon materiel…Est-ce que je n’allais pas perdre quelque chose ? Au final pas du tout, même si ca m’a pris du temps car il faut acquérir de nouveau automatismes, revoir ses méthodes de travail.
En tant qu’ingénieur du son, la question de la finalité du son (album, promo etc) est cruciale pour qualifier la production et en ce sens, nous avons l’obligation de nous adapter aux supports, notamment si l’on tend vers le tout-numérique. De manière évidente, le CD est mort. Tous les musiciens que je vois diffusent maintenant en mp3 et ne parlent plus de pressage dans 90% des cas. Par exemple BandCamp permet à tous les groupes de diffuser et vendre gratuitement sa musique sous n’importe quel format de qualité. Ca n’existait pas il y a 3 ans, ca modifie en profondeur le sujet ! »

Pour aller plus loin / Pour découvrir :

Discographie sélective :

High Tension (CD) (1999)

Fe2O3 (2CD) (2001)

Oxydes (2CD) (2002) : Chronique Obskure.com

Dioxydes (DVD) (2005) : Chronique Obskure.com


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Nikö Pingnelain

Co-Fondateur Obskure.com et ObskureMag Webmaster

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