Benjamin Fogel – Le renoncement de Howard Devoto

05 Mai 15 Benjamin Fogel – Le renoncement de Howard Devoto

Un livre sur Howard Devoto a de quoi enthousiasmer car ce personnage a joué un rôle majeur dans l’émergence du punk et du post-punk en Angleterre. Associé aux débuts des Buzzcocks et aussi à Magazine, il a continué à produire des œuvres très inspirées dans les années 1980, que ce soit au sein de Luxuria (deux albums seulement) ou à travers des collaborations alchimiques (on notera en particulier sa présence sur le fantastique Brute Reason de Bernard Szajner en 1983).
Benjamin Fogel a donc décidé de se pencher sur cette figure oubliée, tout en comblant les vides informationnels de cette biographie musicale par des dialogues fictionnels. La vie de Devoto, de son vrai nom Trafford, en elle même est assez banale. Né à Scunthorpe en 1952, il est issu d’un milieu plutôt privilégié. Comme beaucoup de jeunes, il s’ennuie et se réfugie dans la musique dont il parle avec ses quelques amis pendant des heures. Il monte son premier groupe au lycée et lit les auteurs français. Bref, rien de très palpitant. Puis il commence à envoyer des petites annonces dans la presse spécialisée et rencontre Peter McNeish (Pete Shelley), un passionné de musique électronique qui avait conçu son propre oscillateur. Mais c’est le 18 février 1976 qu’il aura une révélation en lisant un article du NME sur les Sex Pistols. Il veut les voir à tout prix et décide de partir à Londres sans savoir si le groupe va se produire sur scène. Par chance, il apprend au magasin Sex de Malcolm McLaren qu’ils jouent au High Wycombe College. Fasciné, il décide de les faire venir à Manchester en juin et crée avec Pete les Buzzcocks dans la foulée. Dans le public se trouvent des membres de The Fall, Joy Division ou des Smiths. L’ascension des Buzzcocks sera rapide et leur premier EP Spiral Scratch obtient un succès énorme. La tâche accomplie, Devoto sera le premier à quitter le navire punk. Même si on peut y voir un auto-sabotage de son propre envol, la remise en question de l’artiste va l’amener à créer Magazine avec le guitariste John McGeoch, un des premiers combos post-punk. Quatre albums paraîtront entre 1978 et 1981, puis un disque de reformation en 2011. Benjamin Fogel se focalise essentiellement sur cette période d’hyperactivité, avec pas mal d’anecdotes ou d’épisodes déplaisants (la performance ratée à Top Of The Pops, la tournée avec Patti Smith, odieuse). La suite est traitée plus rapidement, mais on y sent émerger une personnalité intègre, qui a toujours un peu fui le succès. Par la suite, Devoto obtiendra un emploi au sein d’une agence de presse en tant que responsable des archives photographiques et mènera une vie bien tranquille. Au final, il demeure une énigme totale, devenu un personnage-clé du rock anglais peut-être juste par hasard. Le style est maîtrisé et le livre se lit en une bouchée. On regrettera juste l’absence d’une discographie complète en fin d’ouvrage et une bibliographie.

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Note : 80%

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