Petter Carlsen (Pil&Bue) – Interview bonus Obsküre Magazine #19

04 Fév 14 Petter Carlsen (Pil&Bue) – Interview bonus Obsküre Magazine #19

Petter Carlsen. Sa voix éthérée, son charisme diaphane. Sa sublime sensibilité. Obsküre a déjà fait l’éloge de ce rocker boréal en solo. Le voici venir avec un projet, un duo rock, brut, vrai, immédiat, urgent, dans la transcendance horizontale de la nature revêche de des décors scandinaves et la douceur adulescente qui  définit clairement son caractère.

Obsküre Magazine : Tout d’abord, dis-nous un peu ce qu’est Pil & Bue exactement. Un side project, une expérimentation ponctuelle, un groupe créé pour durer ?
 Au début, on s’est juste fait un jam en studio. Ça a duré une nuit, et on a très vite vu qu’il y avait un avenir là-dedans. C’est un projet inscrit dans la durée, très sain pour moi, autant musicalement que personnellement.

On te connait bien à Obsküre maintenant, mais peux-tu nous présenter Aleksander ?
C’est un batteur incroyablement talentueux, avec une vraie personnalité propre dans sa façon de jouer et dans sa compréhension de la musique. On dirait qu’il danse quand il joue, il a une présence charismatique, très captivante et pleine d’énergie. C’est vraiment sympa de faire et de jouer de la musique avec lui.
Il est toujours ouvert à la nouveauté, et est très créatif quand il s’agit d’inventer des schémas de batterie. Au-delà de ça, il est très gentil, et c’est quelqu’un de bien. Et c’est d’autant plus important qu’on va passer pas mal de temps ensemble prochainement.
Je vante beaucoup ses talents mais c’est la vérité, et je suis très heureux de l’avoir rencontré. Toutes ses qualités l’ont amené à jouer avec beaucoup de groupes et d’artistes norvégiens.

Première question « classique » : quel a été le processus de création de l’album ? Depuis la composition jusqu’à l’enregistrement ? Comment cela s’est-il passé pour vous deux ?
De façon très spontanée, et très différente de ce que j’avais fait auparavant. On a fondé le groupe en février 2013, et on a tout de suite commencé à faire des chansons ensemble dans le studio. On enregistrait nos sessions de jam, on les écoutait, et on trouvait des idées pour la session suivante. Le principe était de ne pas s’attarder trop longtemps sur les idées, mais au contraire de les exploiter à fond dans l’instant, dans une atmosphère d’immédiateté. Très inspirant.
Nous avons passé deux jours à Ocean Sound Recordings, un studio fantastique sur la côte ouest de la Norvège. On a enregistré 95% de l’album live. Au début, ça devait être un EP, mais nous avons achevé deux de nos idées en studio, et d’un coup c’est devenu un album. Il n’y a pas d’overdubs dessus. C’est très honnête, c’est notre son. L’idée était de le faire brut et organique, sans artifice, et je pense qu’on y est parvenu.

Et à propos des paroles ? Qui les a écrites ?
C’est à propos de l’enfance, principalement. De l’importance de l’imagination. De l’importance d’avoir des parents aimants et attentionnés. Elles parlent d’un chien qui était mon meilleur ami quand j’étais petit, et qui me manque. Elles parlent de jeux videos (Nitendo 8-bit). Nelson Mandela a inspiré « Your Smile is your Gun ».
J’ai quasiment tout écrit. Ma petite amie a co-écrit « You Win Again » avec moi.

Deuxième question classique : allez-vous tourner avec Pil & Bue ?
Oui ! Principalement en Norvège, cette fois. Nous y avons un agent dédié. On va également ouvrir pour Anneke van Giersbergen pour quelques concerts aux Pays-Bas. Et bien sûr, on adorerait venir jouer en France un de ces jours.

Clairement, tu créés ta musique avec ton cœur et avec des gens avec lesquels tu as des connections particulières. Peux-tu expliquer à nos lecteurs comment tu as rencontré les frères Cavanagh par exemple ? Et aussi comment tu as rencontré Aleksander bien sûr ! (Tu peux aussi révéler des amitiés que nous ne te connaissons pas encore).
J’ai d’abord rencontré Danny Cavanagh. Il aime beaucoup la Norvège. Il donnait un concert solo à Oslo en 2008 (il me semble), et un ami commun nous a présentés. J’avais mon EP avec moi, et évidemment je lui en ai donné un exemplaire. Il m’a écrit un mois plus tard, me disant qu’il l’avait vraiment aimé, surtout une chanson en particulier (« Pull the Brakes » ntd.).
Ce fut le début d’une amitié avec tout le groupe. J’ai invité Danny à venir voir les aurores boréales à Alta, ma ville natale, tout au nord de la Norvège. On a fait une petite tournée en Norvège tous les deux, et quelques mois plus tard, j’étais leur invité spécial pour toute leur tournée européenne. Je pense que c’est une amitié à long terme. Je suis proche des trois frères. Ce sont des gens extraordinaires. Et j’apprécie tout ce qu’ils ont fait pour ma carrière. Très généreux de leur part.
J’ai rencontré Aleksander fin 2012, je cherchais désespérément un batteur ponctuel pour deux ou trois concerts. On m’a parlé de lui après une longue recherche. Il a immédiatement dit oui quand je lui ai demandé. Tout s’est très bien passé, et le dernier soir de notre petite tournée, on s’est mis à parler du passé. De comment on a tous les deux commencé à faire du rock. C’était notre échappatoire pour tous les deux. Il jouait dans un groupe hardcore appelé Sinnsyk Ugle = Chouette Folle. Je jouais dans un groupe appelé Enthralled. Et le tout premier groupe dans lequel j’ai joué s’appelait Burger Heads (!!!) (rires). Horrible nom de groupe, tellement nul que ça en est presque bon. Chouettes souvenirs.
Bref, on a décidé de simplement jouer ensemble, et de jouer puissamment. Et c’est devenu plus sérieux que ce à quoi on s’attendait – on a formé le groupe dès le premier jam.

On aimerait bien te connaître un peu plus. Comment es-tu devenu musicien ?
Je suis devenu musicien parce que deux de mes amis s’étaient acheté une guitare électrique. Ils m’ont aussi fait découvrir Metallica. La première fois que j’ai entendu Fade To Black, j’ai immédiatement accroché. J’ai beaucoup insisté auprès de ma mère pour qu’elle m’achète une guitare, et elle a fini par le faire. Donc c’est sans doute grâce à elle et à mes amis.
A partir de là, j’ai pu construire une identité plus prégnante, et c’est très positif pour quelqu’un qui manque de confiance en soi. On a créé des groupes et écrit des chansons. Et j’ai continué à faire ça plus ou moins depuis ce moment.

Question importante : d’où vient ta sensibilité ?
Hmm… Je ne sais pas. J’ai toujours aimé la musique et la façon dont elle nous atteint. J’adore la belle musique mélancolique, elle me rend heureux, dans un sens. J’aime ma vie, mais parfois c’est difficile. La musique est un très bon moyen de m’approprier et d’enregistrer ce qu’il m’arrive dans la vie, les choses qui me rendent triste ou heureux. C’est un langage universel, une force puissante.

D’une façon plus générale, à quoi ressemble la vie de Petter Carlsen ? Comment se sentirait-on dans ta peau ?
Je pense que c’est une existence changeante, avec ses hauts et ses bas, sans temps-morts.

Que peut-on te souhaiter pour 2014 ?
Ça va sans doute être une année chargée, avec 4 sorties de disque. On a prévu de sortir un autre album pour Pil & Bue en 2014, et je vais également sortir un EP en Avril, et un album en Septembre.

Dernière question, mais non la moindre : y a-t-il une chance pour qu’on puisse vous voir live en France ?
Oui, sans doute. On a prévu de faire un concert ou deux avec Lisa Cuthbert au printemps. Et j’espère revenir très bientôt pour une tournée plus longue. Je n’ai pas (encore) d’agent en France, ce qui rend les concerts un peu plus compliqués à organiser du coup. Mais je compte en trouver un, car je sens que la France est un bon pays pour moi , et ça ne dérangerait pas Pil & Bue de venir aussi !

Obsküre remercie mille fois CyCy pour sa traduction avisée de l’interview.

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