Melted Space : interview bonus Obsküre Magazine #8

13 mar 12 Melted Space : interview bonus Obsküre Magazine #8

Second volet d’une épopée initiée par l’esprit « génialement » fou de Pierre Le Pape, Melted Space nous ouvre ses portes pour un grand bon dans univers peuplé de divinités tourmentées. En complément de l’article paru dans Obsküre Magazine #8, voici l’entretien par lequel la lumière fût…

Obsküre Magazine : Ce concept ambitieux est né en 2007 avec There’s a Place un album instrumental. L’optique prise avec From the Past est totalement différentes puisque le concept est porté par de multiples voix. Est-ce une évolution logique du projet ou te sentais-tu simplement limité par l’absence de paroles pour donner une intensité supplémentaire à tes mélodies ?
Pierre le Pape : Eh bien un peu des deux : je peux dire que c’est une évolution logique car elle s’est faite en parallèle de mon parcours personnel, mais j’ajouterai qu’après There’s a Place… , Je ressentais aussi le besoin d’aller plus loin dans le concept de Melted Space et que c’est la voix qui m’a permis cette avancée. There’s a Place… a été composé en grande partie durant mes études, et malgré la participation de quelques musiciens classiques, je me suis cantonné à quelque chose que je faisais seul. Cela m’a beaucoup appris sur la production, l’enregistrement, tout en posant les bases de cet univers qui était en train de se créer dans mon esprit.

Tu définis toi-même From The Past comme un film sans images. Tu as d’ailleurs fait des études portant sur les musiques de films, est-ce que ça t’a aidé dans la conception de cet album ? La construction d’un opéra metal s’opère-t-elle de la même manière que la composition d’une musique de film ?
En effet, tu es bien renseignée! :) Et bien je mentirais en disant que ça ne m’a servi à rien… Au départ, je ne pensais composer qu’une chanson (« War for the World ») et cela a évolué pour ne pas dire complètement dérapé et je me suis retrouvé quatre ans plus tard avec presque une heure et trente minutes de musique. Entre-temps, la gestation a été assez longue et il y a eu beaucoup d’étapes différentes, les enregistrements ont été faits au fur et à mesure, donc la méthode a évolué tout au long de ces quatre années. Les points communs sont le fait d’écrire le plan sur un papier, de façon à garder un maximum de recul et de ne garder que les thèmes ou mélodies dont j’arrivais à me souvenir deux jours plus tard.

Du point de vue de l’histoire contée par Melted Space, quelle est la place de There’s a Place et celle de From the Past ?
Il n’y a pas de réelle chronologie, There’s a place présentait principalement des lieux, des ambiances et plantait le décors alors que From the Past se concentre sur les « habitants » de Melted Space. On retrouve néanmoins deux personnages dans les deux albums: Dante et St Michel. Tous les deux pour la même raison, à savoir que je suis fan de la Divine Comédie!

From the Past est divisé en trois livres, peux tu nous en dire plus sur ces trois « histoires » ?
Oui bien sûr, le premier est centré sur les dieux de l’Olympe qui se retrouvent dans le Melted Space sans savoir trop quoi faire. Certains sont relativement contents d’être là, libérés de toute obligation divine. D’autres regrettent leur faste perdu et certains, notamment un, y voient la chance de leur vie ! Il y a tout un tas d’interactions entre eux sur ces divers points de vue.
Le deuxième livre est une grande et belle histoire d’amour mais ce n’était pas du tout prévu comme ça au début – comme quoi, on a beau faire un plan… Au départ, je voulais uniquement faire un morceau sur la lune en réponse au morceau consacré au soleil dans There’s a Place… Ceci dit, c’était un peu mince comme base de travail. C’est après avoir lu la légende de Séléné et Endymion que les choses se sont décidées. Donc pour revenir à l’histoire, Séléné a endormi Endymion pour qu’il reste éternellement jeune et beau. Une étoile jalouse vient lui faire la morale tout en la prévenant qu’un dragon veut la dévorer…
Enfin, le troisième livre est un grand épisode sur Lucifer qui s’ennuie quelque peu dans le Melted Space et qui décide de reprendre les choses en main. Il fait appel a quelques compères tous aussi sympathiques les uns que les autres, mais ils vont découvrir que tout le monde ne l’entend pas de cette oreille!
J’ajouterai un petit mot sur le dernier morceau qui ne fait partie d’aucun de ces trois livres et qui est une sorte de générique de fin, dans lequel Dante lui-même vient faire une petite synthèse de ces trois livres. Il est le messager de toutes ces âmes perdues et clôture l’album par une prophétie.


Le premier livre se divise en chapitres alors que le troisième en actes… pourquoi ?
Parce qu’ils ne sont pas pensés du même point de vue : le troisième livre est véritablement construit comme un mini opéra à lui tout seul, dans lequel on suit l’action entre les différents personnages. De plus, le style est assez cohérent du début à la fin (ou presque). La division en actes était naturelle alors que le livre I est une succession de personnages et de style différents, ce qui correspondait davantage à des chapitres pour moi (chapitre V : le heavy, chapitre VIII : le black…)

Les mythes et la mythologie semblent être un moteur d’inspiration important pour toi, je me trompe ?
Je suis démasqué ! En effet ce sont des inspirations assez fortes chez moi. Comme je l’ai déjà dit, je suis un grand fan de La Divine Comédie de Dante, qui est remplie de tous ces mythes et légendes. Ajoute à cela que j’ai grandi à grands renforts de Chevaliers du Zodiaque ou de Cités d’Or et tu comprendras facilement ce qui ne tourne pas rond chez moi…

 A part la mythologie, qu’est-ce qui alimente au quotidien ton inspiration ?
Tout un tas de choses en fait, j’ai toujours été admiratif des gens capables de créer un univers complet et cohérent, au point d’essayer de faire le mien. Je m’immerge donc facilement dans tout ce que je trouve : je suis un gamer invétéré, un cinéphile assidu (malgré le prix de la place de cinéma), un rôliste simplement occasionnel (N.D.L.R. : « à son grand regret », nous dit-il), j’essaie de suivre plusieurs séries en même temps… donc je dirais que tout ce qui peut me faire voyager alimente mon inspiration, même un documentaire sur les dauphins!

Le concept est assez sombre avec un très beau travail sur les voix, très expressives. As-tu pu répéter en « direct » avec toutes les intervenants sur ce projet ?
Malheureusement non, dans la mesure où tous sont éparpillés aux  quatre coins de la France voire à l’étranger, il m’a été impossible de répéter avec tous les intervenants. Donc on a beaucoup discuté par mail, téléphone… et puis je leur ai fait confiance et je n’ai jamais été déçu!

D’ailleurs, avoir autant de participants a du être un beau casse tête, notamment lors des enregistrements ? Comment t’es tu organisé, j’ai vu qu’il y avait de multiples studios pour les prises de sons…
Oui en effet cela a été un vrai casse tête mais avec un peu d’organisation on y est arrivé! :)
En fait il a fallu trouver la meilleure solution pour chaque personne, ce qui variait en fonction du rôle de chacun, de ses disponibilités, de ses contraintes familiales, de mon budget, des studios disponibles… Certains ont enregistré vers chez eux car ils avaient leurs habitudes dans un endroit, qu’ils connaissaient l’ingé-son, donc qu’ils pouvaient éventuellement faire des retouches sans payer une journée de studio en plus ; certains sont venus enregistrer chez moi ou pas loin, car géographiquement cela était possible ou que leur défraiement était moins cher qu’une journée de studio… Cela a vraiment été géré au cas par cas, je suis même allé à Lyon avec mon matériel pour enregistrer Virginie, la chanteuse de Kells, qui était entre deux tournées et qui ne disposait que d’une matinée pour enregistrer.


Comment as tu réussi à réunir vingt six personnes pour participer à Melted Space ? Les as-tu invitées car tu les connaissais ou aimais leur travail… ou alors par casting, rencontres, coups de cœur ? Dis moi tout…

Un peu de tout ça à la fois, sauf le casting ! Au départ, ça ne partait pas pour être un double album donc j’ai appelé les copains en premir puis j’ai contacté Adrien, d’Hacride, et Mick de Destinity dont j’avais fait la première partie avec Embryonic Cells. Puis au fil du temps et de la composition, il a fallu que je trouve les voix correspondant à ce que je cherchais pour les rôles que j’avais écrit. J’ai cherché, écouté puis contacté les différents chanteurs et musiciens, pour certains, j’y suis allé au culot en me disant qu’ils ne répondraient jamais et… ils ont répondu! J’ai finalement eu peu de réponses négatives et c’était souvent en raison d’emplois du temps incompatibles avec mes délais… même si j’ai quand même eu mon lot de refus catégorique car trop symphonique, trop ceci, pas assez cela…

Peux- tu brièvement nous présenter tes musiciens et chanteurs ?
Oui bien sûr! Alors tout d’abord les musiciens : Adrien Grousset, guitariste du groupe Hacride. Un excellent guitariste qu’on ne présente plus, musicien hors pair, bref : il a fait un énorme boulot de son et a apporté pas mal à l’identité de l’album.
Ensuite à la basse, on trouve Brice Guillon que j’ai rencontré en jouant avec lui dans un groupe de prog. C’est un vrai virtuose! C’est assez rare de trouver un bassiste de ce niveau…
A la batterie : Gaël Barthélémy, qui a un palmarès de groupes impressionnant puisqu’il a joué dans Balrog, Svart Crown, Drowning… également un super musicien et très très bon batteur.
Ensuite, pour ceux qu’on ne trouve que sur un titre, il y a Pierre Touzanne, bassiste du groupe A Quiet Day For Mellow Dreams, qui est aussi mon ancien bassiste, ancien colloc et accessoirement un très bon ami !
Matthias Bouyssou, excellent guitariste de Wildpath. Il fait le solo de la chanson « Listen to your King »
Et enfin Michael Saccoman, du groupe Kronos, batteur exceptionnel avec qui j’ai également joué dans le groupe de prog que je mentionnais plus haut.
Ce qui est pratique avec tous ces musiciens c’est que quand tu composes, tu sais qu’il n’y a presque aucunes limites donc tu peux laisser entièrement libre court à tes envies créatrices!
Ensuite la longue liste des chanteuses et chanteurs:
Liesbeth Cordia, fantastique chanteuse hollandaise du groupe Eve’s Fall. Elle interprète la déesse Artémis.
Talena Smith, chanteuse anglaise du groupe Gone Til Winter. Elle fait une Athéna très rock’n'roll
Crystina Maez, qui est une chanteuse originaire des Canaries et qui n’est pas du tout une chanteuse metal. Elle évolue dans un milieu plutôt pop/world. Elle nous donne une version très féérique d’Ahprodite.
Virginie Goncalves, du groupe Kells. On ne la présente plus non plus! Elle interprète la déesse Héra. Je voulais vraiment une chanteuse qui soit elle-même maman pour ce rôle là et ça lui va à merveille!
Emilie Plaquin, qui elle non plus n’est pas issue de la scène métal mais rock et qu’un copain m’avait vivement recommandé après l’avoir vue sur scène. Elle interprète Séléné.
Vanessa Lauriola chanteuse du groupe Sylae. Elle interprète Star, qui vient faire la morale à Séléné. Sa voix a été une superbe découverte. Au passage elle est également corsetière professionnelle et crée de très belles choses!
Lucie Blatrier, chanteuse du groupe A Quiet Day For Mellow Dreams. C’est également celle qui me supporte dans la vie. Elle a suivi l’évolution de tout le projet et je suis arrivé au bout de tout ça en partie grâce à elle. Elle interprète St Michel.
Anaé du groupe Adrana, qui interprète St Gabriel, l’ange le plus proche de Dieu! Une voix lyrique véritablement hors du commun. Elle a réussi a chanter l’inchantable je crois…
Amélie Jeannès qui est une jeune chanteuse sans groupe, et c’est bien dommage, que j’avais découverte par le biais de vidéos sur internet. Elle interprète St Raphaël.
Au niveau des chanteurs, nous trouvons Manuel Munoz, l’ancien chanteur de The Old Dead Tree, il campe un Apollon très émouvant.
Guillaume Martinot, l’ancien chanteur de Gorod. Il fait Arès, le dieu de la guerre.
Pierre Leone, chanteur de The Oath, qui fait Poséidon.
Jesus « The Butcher », du groupe Offending. Il donne la réplique à Poséidon en interprétant Héphaistos.
Maxime Galatry, de feu-Om Mani. Il donne également la réplique aux deux précédents et interprète Hermès.
Pierrick Valence, qui chantait dans Phazm, Scarve et qui joue actuellement dans Agressor. Il fait un Hadès pas content du tout!
Stephan May, qui officiait dans Ethersens. Il est la raison du mécontentement d’Hadès car il interprète Zeus. Il m’a fait me rendre compte que Zeus était un dieu qui groove!
Dagoth, chanteur du groupe Otargos. Il fait le méchant Dragon qui veut dévorer Séléné.
Mick Rignanese de Destinity, qui fait un Lucifer très puissant et très coloré en émotions. Il tiens une place particulière dans le projet car il m’a beaucoup conseillé, encouragé et il était dans les premiers à répondre présent, ce dont je le remercie encore.
Sire Cédric, l’écrivain qui prend également le micro de temps en temps. Il interprète Belial.
Bruno « Bastich » du groupe Fleshdoll, lui aussi acolyte de Lucifer, il interprète Emma-O.
Maxime Beaulieu, chanteur de mon groupe Embryonic Cells, il fait Fenrir.
Cédric Julien, troyen lui aussi. Chanteur du groupe Hysteresy, qui interprète Tezcatlipoca (N.D.L.R. : « faut pas essayer de le dire dix fois d’affilée », plaisante Pierre), un démon aztèque.
Arnaud Strobl, qui officiait dans Carnival in Coal et qui fait un superbe Dante, très épique.

J’ajouterai un petit mot sur les gens de l’ombres qui ont passé un hiver 2010/2011 démoniaque à cause de moi : les trois ingé-sons qui se sont partagés le mixage et le mastering : Jean-Christophe Banazsak, mon ancien prof d’électro-acoustique au Conservatoire, qui s’est occupé de mixer toutes les parties orchestrales, Axel Wursthorn, le compère d’Arnaud dans Carnival In Coal qui a fait le grand mélange entre parties métal, orchestre et chants. Franck Hueso que l’on connait pour son travail avec Hacride ou Klone et qui a masterisé l’album. Tous les trois ont fait un travail titanesque donc un grand bravo à eux!
Enfin un dernier mot pour présenter Régis « Nornagest » Lant, chanteur du groupe belge Enthroned et qui est le talentueux graphiste auteur de la pochette, ainsi que son confrère Olivier Lomer qui a finalisé le double digipack.
Voilà, je crois que je n’ai oublié personne…

 

Quelle est la plus belle rencontre que tu aies faite grâce à ce concept ?
Mon ordinateur, avec qui je vis une grande histoire d’amour depuis le début de cette grande épopée! Blague à part, je ne pourrais pas dire une rencontre en particulier dans la mesure où chacune a été très bonne. Ça m’a permis de rencontrer de gens super pros qui m’ont appris beaucoup de choses, qui m’ont énormément fait évoluer sur divers plans. J’ai eu la chance de me faire quelques copains au passage, c’est vraiment une réussite sur toute la ligne sur le plan humain.


Musicalement, From the Past est également très varié : il emprunte au metal, à la musique symphonique ou même ethnique… mais également à d’autres styles ?

Non, les influences principales sont celles que tu cites même si on peut trouver une touche ou deux de choses plus électroniques. Je voulais quand même explorer de nouveaux horizons avec cet album alors dans la mesure où j’avais pas mal fait d’électronique dans There’s a Place , j’ai un peu laissé les machines de côté cette fois.

Le point commun de la majorité des morceaux est tout de même relativement sombre ? Même si je n’aime pas coller une étiquette sur les choses, comment définirais tu From the Past ?
Je définirais From the past comme un opéra métal. On peut le considérer comme un album de métal symphonique mais je trouve cela un peu réducteur dans la mesure où il y a une volonté d’unité et de cohérence que l’on trouve dans les opéras classiques, modernes et même métal puisqu’il ne faut pas oublier les grands maîtres du genre comme Arjen Lucassen avec Ayreon ou Tobias Sammet avec Avantasia qui arrivent à raconter des histoires dignes des plus grands opéras classiques.

La structure de l’album est complexe, tu y mêles passages symphoniques traditionnels et moments plus synthétiques, modernes. Comment as- tu travaillé pour que les deux servent autant la cause poétique et tragique de ton, enfin plutôt, de tes « histoires » ?
Comme je le disais dans une question précédente, j’ai écrit un plan à chaque fois pour avoir un recul suffisant quand à la trame générale et l’organisation ds grandes idées. En fonction de ça, j’ai pu réfléchir au style le plus adapté suivant l’image que je voulais donner de chaque personnage. En amont, il y a aussi pas mal de lectures, de recherches sur les petites histoires de chacun d’entre eux. Je me suis fait conseiller par des gens très  compétents, je pense notamment à Sire Cédric qui m’a recommandé une ou deux très bonnes lectures qui ont posé les bases de « The Bringer of Light ».
Après avoir les infos nécessaires, le plan détaillé, un petit « scénario » , il m’a juste fallu composer mais je savais où aller, ce qui m’a évité de partir dans tous les sens.

Le concept se prête à une mise en images, est-elle prévue ?
Et bien c’est déjà fait en partie puisqu’un clip a été tourné en septembre. J’ai la chance d’avoir dans mes amis un « jeune » réalisateur qui fait des images magnifiques et qui a de très bonnes idées. Il a pu faire quelque chose de super en un rien de temps. Nous devrions renouveler l’expérience durant l’année. J’étudie également des pistes du coté de la photo. Malheureusement l’idée de quelque chose de plus élaboré comme un film ou même moyen métrage m’est encore interdite pour des raisons budgétaires. J’envie Nightwish qui sort un film pour illustrer son dernier album… Qui sait, peut-être un jour?

Par contre, un concert pourrait être difficile à mettre en œuvre. Défendrez vous cet album sur scène ?
Alors ça c’est la question du moment ! Je suis en train d’y réfléchir assidûment car j’aimerais vraiment aller sur scène pour présenter Melted Space d’une façon plus vivante. Mais les agendas de chacun sont très difficiles à combiner. Un concert avec tout le monde est malheureusement exclu pour des raisons logistiques, économiques… Mais une formule « light » façon Therion est tout à fait réalisable et certains participants m’ont fait savoir qu’ils seraient partants ! On devrait être fixé assez vite et on vous tiendra bien sûr au courant !

Tu es originaire de Troyes. Est-il facile de trouver un écho auprès du public et de se forger musicalement loin des scènes plus vivantes de Paris notamment ? N’y vois rien de péjoratif, je viens moi aussi de Champagne Ardenne… ?
Question difficile, je dois dire. Je trouve justement que la Champagne Ardenne se défend plutôt pas mal, il y a des rendez-vous réguliers tout au long de l’année : Delirium Fest, Convention de Fismes, les concerts organisés à la Cartonnerie, divers petits festivals… Sur un plan plus local, les choses ne sont pas très évidentes en effet, car nous ne disposons pas encore d’un endroit dédié aux musiques actuelles. Je dis « pas encore » car il est en construction, nous verrons donc comment les choses évoluent et si nous pourrons faire venir jouer nos groupes préférés en terre troyenne!
Plus personnellement, j’ai quand même eu la chance tout au long de mes pérégrinations de travailler avec des gens qui se bougeaient énormément, notamment dans Embryonic Cells ou plus récemment Wormfood, ce qui m’a donné régulièrement l’occasion de jouer hors des frontières de ma région, voire même du pays. Je n’ai donc vraiment pas à me plaindre. De plus, maintenant, une bonne connexion internet peut permettre de télétravailler avec n’importe qui, ce que je fais actuellement avec Destinity, puisque j’orchestre leur prochain album.

 

 

Parlons en puisque tu abordes le sujet, tu officies également au sein de Embryonic Cells et Wormfood, deux autres facettes musicales de ta personnalité un peu éloignée d’ailleurs de Melted Space, quoique ?
Oui et non, en fait Melted Space est ma facette compositeur alors que Wormfood et Embryonic Cells sont ma facette pianiste/clavier. Dans ces deux groupes je m’éclate avec mes copains, on part en concert, on tripe sur des ères d’autoroute en rentrant à quatre heures du matin, on dort dans le camion… C’est tout un aspect qui n’est pas (encore) possible avec Melted Space.
De plus musicalement, je fais des choses que je ne ferais vraisemblablement pas tout seul puisque dans les deux cas, ce sont les influences de tous les membres du groupe qui font la musique que l’ont fait. Ça me permet de renouveler mes idées, voir et faire autre chose que du Melted Space toute la journée et ça me fait un bien fou de pouvoir me reposer un peu sur les autres.
J’ai trouvé un équilibre qui me satisfait assez entre mes groupes, où même si je suis acteur, je suis le mouvement. dans Melted Space, c’est moi qui décide de l’orientation même si je prends toujours conseil à droite, à gauche. Dans les groupes avec lesquels je travaille en studio, on me donne les pistes à suivre.

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