Megadeth – Interview avec Shawn Drover ( batteur)

19 Oct 11 Megadeth – Interview avec Shawn Drover ( batteur)

La sortie du treizième album de Megadeth, Th1rt3en, était une trop belle occasion de pouvoir me repencher par téléphones interposés avec Shawn Drover, batteur du groupe depuis trois albums, sur le passé de Megadeth, sa prestation au dernier Sonisphère français et de prendre quelques nouvelles de Dave Mustaine, récemment sorti de l’hôpital.

 

 

ObsküreMag : Avant tout, peux-tu nous donner des nouvelles de Dave Mustaine, qui vient de subir une opération chirurgicale ?
Dave : L’opération s’est bien passée. Cela devenait urgent, voir vital. Il souffrait d’une sténose spinale qui le handicapait beaucoup et le faisait par moments souffrir énormément. L’album terminé ainsi que la précédente tournée, c’était le moment ou jamais durant la phase de promo et avant de repartir sur les routes, qu’il se fasse opérer. Tout s’est bien passé, il est rentré à la maison et passe tranquillement sa convalescence en famille. On en saura plus d’ici quelques semaines.

 

ObsküreMag : Je vous ai vu cet été à la première édition du Sonisphere français. Ce festival est-il un bon souvenir ?
Dave : Toutes les dates de ces festivals sont de bons souvenirs. Chaque endroit où l’on passe est différent et a sa propre particularité. On était en effet ravi d’être là, l’ambiance était fantastique et on a qu’une envie, remettre cela au plus vite ! On prévoit de faire une longue tournée l’an prochain pour promouvoir Th1rth3en et il est très probable que l’on passe à nouveau vous rendre visite.

 

C’est vrai, vous allez repasser par la France ?
Tout à fait, on fera une grande tournée européenne en 2012, il n’y a donc aucune raison pour qu’elle ne passe pas par la France (rires)… Par contre je ne sais encore pas si ce sera une vraie tournée de Megadeth ou une participation aux différents festivals estivaux, vous le saurez prochainement.

 

A Amnéville, je vous ai trouvé très en forme, pleins d’énergie… Est-ce que la foule immense de ce genre d’évènement vous galvanise ?
C’est vrai que cela motive, quand tu te retrouves devant des dizaines de milliers de personnes, tu te retrouves devant un autre monde où tu n’as d’autre choix que de te surpasser et donner cent dix pour cent de toi même. C’est bien sûr toujours sympa  de donner de petits concerts plus intimistes et plus proche des fans, mais d’un point de vue personnel, je dois bien admettre que je préfère les festivals et les foules immenses (rires) !

 

J’ai lu qu’avant de rejoindre Megadeth, tu étais un grand fan du groupe, cela doit être étrange de vivre maintenant cette situation de l’intérieur ?
Oui, tout à fait, c’était un rêve éveillé pendant une bonne période. Maintenant après sept ans, on s’y fait mais c’est toujours aussi excitant que de vivre et participer à cette aventure…

 

Jouer au sein du Big Four également, cela signifie-t-il que les querelles avec les trois autres groupes et surtout Metallica font maintenant partie du passé ?
Nos rapports ont beaucoup changé ces derniers temps et cette tournée a tiré en quelque sorte un trait sur la passé. L’entente est meilleure que jamais et c’est tant mieux pour nous et pour les fans de thrash qui peuvent voir les quatre groupes ensemble.

 

Parlons maintenant de votre nouvel album Th1rth3en… pourquoi ce nom, pour toute la symbolique qui se cache derrière ou tout simplement parce que c’est votre treizième album studio ?
Bien sûr, avant tout parce que c’est notre treizième album. Dave a tout de suite voulu le nommer comme cela, y compris pour toutes les interprétations au second degré que l’on peut lui donner mais il n’y a rien de spécial qui se cache derrière ce nom. On n’est pas superstitieux où quoi que ce soit, c’est avant tout le treizième album de Megadeth, point !

 

J’insiste mais ce n’est donc pas un album conceptuel autour du chiffre treize car il y a aussi treize titres (rires) ?
Non, d’ailleurs c’est amusant car tout le monde nous pose cette question. On a juste composé différentes chansons dans le but de faire un album mais sans penser à un lien entre les morceaux, ni au titre qu’on allait donner à l’album. C’est venu à la fin, une fois la composition terminée, quand Dave s’est rendu compte que c’était le treizième album de Megadeth tout simplement.

 

 

Personnellement j’ai retrouvé pas mal du passé musical de Megadeth dans cet album, comme une synthèse des différentes périodes du groupe en s’appuyant sur la période phare du groupe de Rust in Peace à Youthanasia ,est-ce aussi ton sentiment ?
Je ne souhaite pas comparer Thirteen à Rust in Peace ou a un autre classique du groupe. On a, je pense, des chansons vraiment fortes dans ce nouvel album. Il est vrai que l’on a tenu compte du goût des fans pour la composition en espérant leur proposer quelque chose qui leur convienne. Après des années de carrière, on commence à avoir un peu de recul et on souhaite avant tout faire plaisir aux fans. On ne peut pas non plus se répéter à chaque album. On n’allait pas faire un Endgame 2 ou un United Abomination 2… On essaye toujours de proposer quelque chose de différent tout en tenant compte du passé du groupe et du goût des fans. Ce n’est pas facile en soit et certains albums sont peut-être plus réussis que d’autres mais crois moi, on donne toujours ce que l’on a de meilleur, à un moment donné, au fond de nous pour proposer les meilleurs morceaux. Et cette fois si, je pense que c’est plutôt réussi.

 

Le retour de Dave Effelson est peut-être également pour quelque chose dans la tonalité de ce nouvel opus ?
C’est bien sûr extra que David soit de retour. C’est le bassiste originel et historique de Megadeth. Une bonne partie de l’histoire du groupe s’est construite avec lui. Dave et David ont composé et partagé tellement de choses au cours des années dans Megadeth, c’est un plaisir que de l’avoir dans le groupe même si le lien ne me parait pas évident entre son retour et la force des nouveaux morceaux.

 

D’un point de vue personnel, te sens-tu aussi à l’aise en studio que sur scène?
Oui, ce n’est pas si différent, je joue toujours en essayant d’être au meilleur, quelque soit la situation. Les chansons sont plutôt complexes et j’essaie toujours d’être le plus fidèle à la structure originelle des morceaux sur scène. Pas trop le droit à la fantaisie où l’improvisation.

 

ObsküreMag : La dernière chanson qui donne son nom à l’album Th1rt3en est elle autobiographique ?
Non, je ne pense pas que Dave y raconte son passé. On essaie simplement d’écrire sur des sujets différents et là l’occasion se prêtait au sujet mais je ne pense pas qu’il y ait de lien direct avec la vie de Dave.

 

On retrouve « Never dead » sur ce nouvel album, écrite au départ pour un jeu vidéo. Compose- t -on différemment pour ce type de média  et est-ce qu’il y a davantage de pression quand il s’agit d’une « commande » ?
Avant de composer « Never Dead », on avait déjà écrit « Sudden Death » également pour un jeu vidéo, un titre lui aussi présent sur Th1rt3en. Sur « Sudden Death » les solos de guitares sont très longs, c’était un peu un impératif du concept du jeu Guitar Hero, il faut que les joueurs se prennent pour de grands musiciens et en mettent plein la vue à leurs copains. On a donc composé volontairement de très longs solo et qui plus est, très techniques. On en aurait pas fait autant si le titre n’avait pas été destiné à un jeu vidéo, mais quoi qu’il en soit, même si les solos avaient pu être plus courts, cela reste avant tout du heavy metal et du bon Megadeth. Et si pression il y avait, c’était de la bonne pression, positive pour l’album.

 

En plus de ces deux titres composés pour des jeux vidéos, on retrouve également de vieilles compositions jamais parues comme « New World Order » et « Millelium of the Blind » composées à l’époque de Youthanasia. Pourquoi les ressortir maintenant ?
Dave (Mustaine) a écrit ces chansons il y a de nombreuses années et était resté au stade de démos, car pas assez abouties. Dave a senti qu’il été temps de ressortir ces idées du placard en les faisant avancer. Il faut parfois du temps pour que  la bonne inspiration vienne (rires) et fasse pencher une bonne idée de départ du bon côté. Je pense que c’est une très bonne chose car ces morceaux retravaillés ont maintenant une tout autre allure et méritent pleinement de figurer sur cet album. Cela aurait même été bigrement dommage de ne pas les sortir vu la transformation et le degré de qualité atteint aujourd’hui.

 

Cet album marque le grand retour de votre célèbre mascotte Vic Rattlehead, absente depuis de nombreux albums, est-ce une volonté de plus de renouer avec votre passé ?
Je ne sais pas. Tu sais, Vic était toujours présent sur scène. Il aurait très bien pu être présent, à l’époque, sur le visuel de « United Abominations », en tout cas, il semble avoir manqué à beaucoup de monde et c’est finalement très bien qu’il soit de retour.

 

Depuis deux albums, Chris Broderick tient solidement le manche de la seconde guitare, comment prends-tu le fait de ne plus jouer avec ton frère Glen ?
Dave : Oui c’était un peu étrange au départ, après toutes ces années à jouer avec lui dans Megadeth et avant au sein d’Eidolon. Mais Glen à lui même recommandé Chris à Dave pour le remplacer. Glen a choisi de quitter le groupe, c’est son choix. Chris est un excellent guitariste et ce n’est rien de le dire. C’est, en plus, un excellent copain de Glen et de moi même. Il n’y a donc aucun souci.

 

A ce propos et pour conclure, vous reverra t-on un jour, Glen et toi, au sein d’Eidolon, un groupe que j’appréciais vraiment ?
Je ne pense pas. On a composé sept albums et je pense qu’on a fait le tour de nos idées. Glen a un nouveau projet solo qui lui tient à cœur et moi, je suis très satisfait de tenir la batterie au sein de Megadeth, c’est donc très peu probable. Mais merci quand même pour le compliment (rires)

 

 

 

 

 

 

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