Dexy Corp_

22 Nov 10 Dexy Corp_

En complément de l’entrevue des indus-rockers français parue dans Obsküre Magazine #1, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné par le groupe à Emmanuël Hennequin à l’occasion de la sortie du nouvel album studio Uchronopolis, qui s’en laisse peu conter en matière de dynamique et de soin porté à la production.


Obskure Mag : L’enregistrement de l’album était terminé en juin 2010. À l’instar du précédent Fragmentation, votre musique fourmille de détails. Ca reste très fourni et dynamique. Le mixage vous a-t-il occupés depuis juin ? Avez-vous rencontré des difficultés techniques à rendre tout le relief souhaité ?

Liv_ : Finalement que ce soit dans l’écriture, l’enregistrement ou le mixage, Uchronopolis aura rencontré beaucoup moins de heurts que son prédécesseur. Nous avions déjà l’idée globale de cet album au moment où les premières ébauches de morceaux ont vu le jour, la composition a de ce fait été plus instinctive qu’auparavant. Mais ce n’est pas pour autant que notre musique s’est simplifiée, au contraire à mon sens : les structures qu’Ersatz a composées sont bien plus complexes que celles des titres de Fragmentation… Même chose lors du passage en studio, le fait de bosser avec le même ingé son depuis deux ans pour le live, nous a permis d’acquérir des automatismes et de travailler plus efficacement. L’enregistrement et le mixage se sont déroulés assez rapidement, entre les deux nous en avons profité pour retravailler des sons séquencés qui ne sonnaient pas encore comme on voulait.

La finalisation de Fragmentation avait impliqué des gens situés à Londres. Avez-vous poursuivi l’expérience à distance ou avez-vous opté pour une autre solution pour Uchronopolis ?

Liv_: Le fait que Fragmentation ait été mixé a Londres a découlé d’un concours de circonstances. Notre ancien ingé-son nous ayant lâché lors du mixage, il nous a fallu trouver une personne à laquelle nous étions sûrs de vouloir confier cette tâche. À l’époque, on avait pensé à Arco (Sonic Area) et a Mathieu (Lewsor) et c’est finalement lui qui a travaillé alors qu’il se trouvait à Londres. L’expérience a été plutôt cool car Lewsor a su apporter des arrangements et une dynamique assez rentre-dedans, qui correspondait bien a l’album. Il reste vrai que le ping-pong à coups de fichiers sur le réseau et de disques durs externes n’a pas été la solution la plus pratique, pour ce qui est de la rapidité (rires). Pour Uchronopolis nous avons tenté une nouvelle approche en enregistrant notamment des batteries acoustiques pour rendre le son un peu plus rock sur l’album, et tout le traitement a été fait au Studio RMS.

Vous dites avoir souhaité vous attaquer avec Uchronopolis aux « codes et modes de pensée des sociétés totalitaires pour [vous] interroger sur la place de l’individu dans notre monde moderne »…

Krank_ : L’Histoire est quelque chose qui me fascine. Même si je n’ai pas particulièrement le temps de prendre le sujet dans le fond, je suis toujours impressionné par le destin des hommes et des territoires: Comment de grandes nations peuvent elles basculer dans des régimes totalitaires par la volonté d’un seul homme ? Tu rajoutes là-dessus une culture cinématographique et littéraire avec des œuvres comme 1984, Brazil et V pour Vendetta, pour ne citer qu’eux, et tu obtiens une pensée du genre : « Eh, mais moi aussi j’aimerais créer un monde dystopique ! » (rires). Après avoir cristallisé une partie de mes craintes sur le sujet dans les textes de l’album, ma réflexion est aujourd’hui illusoirement apaisée jusqu’au jour où je vais retomber dans cette angoisse sur notre avenir commun.

Que représente symboliquement la créature Key dans votre scénario ? Est-elle la solution à la lutte qui se dessine entre le bas et le haut ?

Krank_ : Tu as visé juste ! (rires). Tu peux voir l’album de deux façons différentes : soit tu l’écoutes comme une forme de divertissement, soit tu rentres à fond dans le concept et alors tu découvriras qu’il a y une véritable trame avec une issue peu glorieuse pour l’ensemble des protagonistes… excepté pour Key, qui semble la plus humaine malgré sa condition d’androïde. De par son nom et son logo (la serrure prise entre deux foudres) Key laisse penser qu’elle peu être la clef qui déverrouillera la situation… à moins qu’elle ne déverrouille autre chose ! Quoiqu’il en soit, elle représente une réelle alternative aux problèmes de la cité étatique, mais ce sera aux auditeurs de le déterminer et de choisir un camp.

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