Celluloide

22 Nov 10 Celluloide

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En complément de l’entrevue de la formation synthetic pop parue dans Obsküre Magazine #1, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné par Celluloide à Emmanuël Hennequin à l’occasion de la sortie du nouvel album studio Hexagonal, entièrement chanté en français. Un moment de pure fraîcheur et de mélodies qui mouchent.

Obskure Mag : Le recours au français est-il quelque chose qui, originellement voire encore, provoque le débat en interne, chez Celluloide ?

Member U-0176 : Naturellement, nous avons écrit nos premiers titres en anglais. Notre premier morceau en français c’était Synchronise sur $Words once said$, notre deuxième album, comme ça pour essayer… Petit à petit, il m’a semblé qu’il fallait continuer dans cette voie. Le débat s’est surtout porté sur l’écriture des textes en eux-mêmes, on est finalement beaucoup plus exigeant en français.

Darkleti : Et puis le fait d’écouter des groupes qui chantent dans leur propre langue, que ça soit en allemand, en suédois ou en espagnol, nous a encouragé à prendre cette décision. Mais c’est vrai que Synchronise a été le déclencheur.

Quelles reprises êtes-vous susceptibles de réaliser dans un avenir proche ?

Member U-0176 : Il se pourrait tout de même que sur le prochain single numérique il y ait quelque chose, je lorgne sur un titre d’Elli & Jacno depuis quelques temps… on ne sait jamais.

Darkleti : Pour être cohérent avec Hexagonal, il faudrait reprendre des morceaux en français. Nous avons rassemblé toutes nos précédentes covers sur Naphtaline, alors je ne sais pas si nous en ferons beaucoup d’autres encore… tout dépend de l’envie, du moment.

Vous avez aussi dévoilé des contenus en avant-première aux personnes ayant une carte de membre sur le site web de Celluloide. Un « teasing autogéré », en somme. Croyez-vous que le web offre à terme une plateforme pour l’autosuffisance, ou cela ne reste-t-il valable que pour les « très gros » groupes ?

U-0176 : Autosuffisance, je ne crois pas, même pour les très gros. Devenir un « très gros » demande à mon avis de toute façon en amont l’implication de gros moyens de promotion que seul un gros label pourra fournir…

De quelle manière s’est instauré votre rapport aux machines dans le temps ? Avez-vous toujours versé dans l’electro ou votre antériorité s’inscrit-elle dans autre chose : le rock, le classique ?

Member U-0176 : De mon côté, j’ai effectivement commencé avec l’électronique. J’ai eu beaucoup de mal avec les guitares pendant longtemps.

Patryck : Nous avons toujours fonctionné avec les machines. Même si, personnellement, je viens du rock et de la pop. L’electro est arrivée plus tard.

Les partisans du son organique en musique reprochent aux machines leur côté clinique, leur supposée « réduction d’énergie ». Le son de votre nouvel album, lui, est dans quelque chose de très élégant et retenu, ciselé, minimal, pop. Pour vous, les machines ont-elles pour rôle de canaliser ou de catalyser ? Que vous offrent-elles ?

Member U-0176 : Pour nous, la musique électronique ça vient naturellement… nous ne nous posons pas vraiment de question. Il arrive que pour composer des lignes de voix nous posions les harmonies à la guitare plutôt que de faire une démo avec des synthés, mais nous portons évidemment beaucoup d’attention aux constructions sonores définitives, et nous sommes recherchons un équilibre entre le coté lissé de la pop et l’énergie de l’EBM.

Darkleti : Et puis avec des machines, on a d’autres possibilités… on peut travailler les bruits, les sons, sans forcément que ça soit mélodique, ou bruyant. On peut aligner dix pistes de petites constructions sonores pour fabriquer un tout.

Sur le format single précédent se trouvaient une série de remixes par Page ou The Rorschach Garden, ainsi que « Faire du Bruit » remixé par Foretaste. Comment envisagez-vous la « relecture » ? Le remix, est-ce un échange de bons procédés avec d’autres, ou un travail de commande ?

Patryck : Il y a un peu de tout ça. C’est toujours très intéressant de voir ce que ça peut apporter d’inédit et de surprenant. Le remix de Foretaste pour « Faire du Bruit » donne une tout autre dimension au morceau, surtout lorsque ça fait deux ans ou plus qu’on connaît notre propre morceau et qu’on a l’impression d’en avoir fait le tour.

Member U-0176 : Oui, il n’y a pas la volonté d’aligner les remixes, ni de faire du name dropping… On demande à des groupes qu’on estime, et qui ont envie de s’amuser avec nos pistes. C’est très simple.

Le clip vidéo « Cœur-8bit » avait-il pour ambition de prolonger visuellement l’aspect lisse et numérique de l’album ? Dans quelle idée avez-vous agi ?

U-0176 : Oui forcément, le clip nous sert d’avant goût à l’album. Il devait en quelque sort le représenter. Mais le clip est basé avant tout sur les paroles du morceau, enfin, sur son titre plus exactement. Le choix de Coeur 8-bit comme premier single s’est fait dès le début, avant même d’avoir fini l’album. Ce morceau sonne un peu comme un manifeste de ce que nous voulions faire musicalement et avec les textes en français. Et puis « Coeur 8-bit » ça résume assez bien Celluloide finalement.

Des titres comme « Le Goût du Poison » semblent tout droit sortis d’une « culture des clubs ». Sortez-vous beaucoup ? Le dancefloor est-il votre domaine ?

Patryck : Très peu. Je suis sans doute celui de nous trois qui fréquente le plus le dancefloor. Et j’avoue aimer que nos morceaux soient dansants, qu’ils aient des ambiances club. Je n’aime pas les morceaux lents en règle générale. J’adore remixer des morceaux dans l’optique « club », également. Mais je ne pensais pas que « Le Goût du Poison » sonnait si « club » que ça. Attendez que j’en fasse un remix, vous verrez…

L’édition limitée de l’album sort avec un second CD de bonus. Qu’est-ce qui fait rejeter certains titres d’une tracklist, au bout du bout ?

Patryck : Rien en soi, ces morceaux là auraient pu s’intégrer parfaitement à l’album, mais nous ne voulions pas d’un album de quinze titres. C’est trop long à écouter, on perd de sa concentration à l’écoute d’un disque qui compte trop de choses. Mais avec ce CD bonus en édition limitée, ceux qui en veulent plus en auront plus, c’est au choix. Un choix délibéré. Car ces morceaux n’ont pas été écartés parce que nous les trouvions moins bons, mais parce que l’articulation des onze titres de l’album ne permettait pas de les placer au mieux.

Faire de l’électro aujourd’hui, c’est entrer dans une histoire musicale… par quoi l’innovation peut-elle passer ?

U-0176 : Nous n’avons pas de nostalgie par rapport aux débuts de l’électro. C’est vrai qu’on aime bien forcer le trait sur certains clichés de l’electro du tout début des eighties, comme le faisaient nos modèles des années quatre-vingt dix… mais on ne cherche pas à sonner vintage. Au contraire, on se sent beaucoup plus proche de groupes actuels comme Melotron ou And One, même si ces derniers nous ont piqué le terme « Bodypop ». Sans rancune (sourire).

www.celluloide.online.fr

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Hexagonal

BOREDOMProduct – 2010

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