Joy

25 Nov 10 Joy

En complément de l’entrevue parue dans Obsküre Magazine #1 de ce groupe fondé par Marc Huygens (Venus) et basé en Belgique, www.obskuremag.net publie ces extraits inédits de l’entretien donné par Huygens à Emmanuël Hennequin à l’occasion de la sortie du premier album studio homonyme, un petit bijou de sensibilité et de sons boisés.

Obskure Mag : Lorsqu’il s’agit de construire un trio comme Joy, avec des personnes aussi alertes musicalement que Françoise Vidick ou Anja Naucler, il y a peut-être pour toi, Marc, une histoire de contrôle à perdre. Les ego se rencontrent, derrière, il y a aussi une histoire de chimie. Qu’est-ce qui fait que ça a pris ? Vos caractères respectifs ? Un background commun ? Depuis quand vous connaissez-vous, tous ?

Marc : Je connais Françoise depuis des années. Il n’y a donc pas eu de casting. C’est une histoire qui mélange goûts musicaux et amitié, et le groupe est né comme ça. Pour compléter le trio, nous hésitions entre une bassiste et une violoncelliste, jusqu’à ce que nous rencontrions fortuitement Anja, lors d’un concert de musique africaine. Nous avons joué une heure ensemble, et l’affaire était réglée. Elle a craqué sur « Endless Song », la dernière chanson de l’album, le morceau le plus long et le plus baroque que nous jouions. Et nous avons craqué sur sa capacité à ne jouer que deux notes quand un morceau n’en demande pas plus… Pour ce qui est de notre alchimie, elle tient en deux explications. La première, qui n’a rien d’original, est que nous avons tous les trois des caractères diamétralement opposés et très complémentaires. La seconde est que nous avons réduit nos ego à leur plus simple expression. Nous ne jouons chacun que ce que nous avons envie de jouer et personne n’impose rien à personne. Les bonnes idées sont logiquement suivies. Les mauvaises volent illico à la poubelle. Nous ne perdons plus de temps en discussions inutiles…

Un certain spleen, boisé, traverse tout l’album, vous évoquez aussi la question de l’espoir dans l’album (« Cold and Storm »). Y’a-t-il chez vous trois une inclination naturelle à la mélancolie, la nostalgie, ou l’album correspond-il dans sa tonalité à un moment de vie que ces sentiments imprègnent singulièrement ?

Marc : Je vis en Belgique, un pays du nord dont la plus grande richesse est la couleur du ciel. Les peintres flamands l’ont compris il y a des siècles. Ce ciel et la mélancolie qu’il inspire font partie de moi et c’est pour ça que je fais de la musique. Et pour moi la musique est l’art au travers duquel l’expression de la tristesse ou de la mélancolie atteint une vraie dimension cathartique.

JOY
Joy

Le Son du Maquis / Harmonia Mundi – 2010

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