Anathema – show acoustique – Eglise Saint Eustache, Paris (05/11/2015) (reportage)

24 Nov 15 Anathema – show acoustique – Eglise Saint Eustache, Paris (05/11/2015) (reportage)

Les anathèmes de Liverpool sous les clefs de voûte de Saint-Eustache. L’église catholique apostolique et romaine n’est plus ce qu’elle était. Anathema non plus d’ailleurs, il est loin le combo doom metal.

Mais tout ça, on le savait déjà, ça fait juste un joli “chapeau”. Anathema n’en est au contraire pas à ses premières armes dans les lieux sacrés et “A Sort of Homecoming” qui vient de sortir est d’ailleurs ce que le groupe a produit de plus beau en live dans sa configuration acoustique.

Ce concert à Saint-Eustache n’était cependant pas une date en grandes pompes. Cette fois point d’orchestre classique, pas de synthés, pas de basse (Jamie était au son). Seuls Danny, Vincent et Lee se trouvaient sur scène.

Le set a commencé par The Lost Song (part 2) et la voix sublissime de Lee. Les jeux de lumières tapissaient la pierre froide et l’orgue de l’église, ses tremolos  ondoyaient de la nef au choeur et tournoyaient dans le déambulatoire pour nous revenir en pleine poitrine… Vincent, dont les cordes vocales ne faillissent plus jamais, emplissait de son timbre chaud la maison d’un dieu dont peu de spectateurs devaient croire au demeurant.

Dieu et son église. Le proprio et sa maison. Le décor de ce concert n’a pas été qu’anecdotique. On connait en effet Anathema comme très en demande de connexion avec son pulic. Mais il s’agissat d’un public français, parisien, et dans un lieu sacré de surcroît. On n’était pas en Pologne, en Bulgarie, en Turquie, en Angleterre où tout le public connait par coeur les paroles d’Anathema. Ce qui a le don d’agacer Danny comme jamais. Et malgré tous ses efforts, il n’aura jamais vraiment réussi à réchauffer une ambiance figée par une foule prise dans l’étau de l’attente (enver le groupe) et du respect (envers l’église).

Ce detail n’aurait rien ôté à la qualité du show si les boucles de Danny n’avaient pas été aussi approximatives. Son looper avait-il le tournis dans la reverberation totale des murs séculaires ? Rien de bien méchant ceci dit, jusqu’à la tentative de reprise d’un titre des Beatles survendu par le lead guitarist, Tomorrow Never Knows. Le looper a tellement fait des siennes que Danny a fini par abandonner son envie pourtant palpable de partager le morceau qu’il considère comme “la meilleure chanson de tous les temps”. C’est avec Another Brick In The Wall qu’il reprendra la main sur le flottement qui venait de s’installer dans la nef.

Mais cet autre detail, n’ôte encore rien, décidément, à la performance parfaite des deux chanteurs, Lee s’étant montrée sublime sur Glory Box de Portishead, Vincent tragique comme jamais, comme toujours, sur One Last Goodbye, Danny si sincère et touchant (son humeur parfois massacrante relevant de cette sincérité) en avouant avoir associé l’écriture de l’album Judgement à la ville de Paris (les titres de cet album n’avaient pas été joués la veille) ou lorsqu’il a entonné seul Are You There à la Nick Drake dont il est un fervent admirateur. Et meme si la reprise enchainée de running Up That Hill n’a pas fait l’unaninimité, meme si la fin du set s’est écroulée à cause de la technique donc et d’un choix de setlist moins relevé, Anathema a le mérite de ne jamais revenir deux fois dans une ville avec le même live.

Ca montre en soi l’estime totale que porte le groupe aux gens qui se déplacent pour les voir. Des gens qui n’ont ainsi même pas à se montrer exigeants envers leur groupe tant aimé. Il leur suffira désormais juste de répondre à l’exigence du groupe envers eux.

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